N° 357
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Ayla Mrabet

“Je suis patriote tal mout”

Kamal Lahlou, patron de presse
(AIC PRESS)

Antécédents

1945. Naissance à Casablanca
1967. Devient professeur d'éducation physique et chroniqueur sportif à la radio
1973. Rejoint la TVM
1983. Lance ses premiers panneaux d'affichage sur les terrains de football
1984. Naissance de sa boîte, New Publicity
1997. Crée l'hebdomadaire La Gazette du Maroc
2005. Prend la direction de Casa FM
2008. Dépose un projet de chaîne télévisée à la HACA

Le PV
Non, Kamal Lahlou n'est pas le père de la fille de Rachida Dati. ça a été écrit dans un de ses journaux, sans que personne ne lui demande son avis. Il nous l’a confirmé, avec sa voix gutturale, qui l’a rendu célèbre du temps où il faisait les commentaires sportifs sur la TVM. Le patron d'un des groupes de presse les plus prospères du pays attend l'octroi imminent d'une licence télé. Le patriote/patriarche est dans les bonnes grâces du Makhzen. Il côtoie princesses et ministres, et répète à qui veut l'entendre que la monarchie, c'est le bien. Conservateur progressiste, homme d'affaires populaire, Kamal Lahlou est à l'image des valeurs audiovisuelles qu'il défend. Un nanti au comportement de Would Chaâb, n'en déplaise à certains.

Smyet bak ?
Abbès Mohamed Lahlou

Smyet mok ?
Zoubida El Harouchi. Comme l'ancien ministre.

Nimirou d’la carte ?
B 33 77 10

Alors comme ça, vous n’êtes pas le papa de la petite Dati… C’est quoi ces histoires ?
Dans le cercle journalistique parisien, certains ragots évoquaient mon nom… Tout ça parce que j’avais souvent Rachida Dati au téléphone lorsqu'elle était encore conseillère de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur.

Un article de La Gazette vous dit “désireux de tirer l’affaire au clair, et surtout de laver votre honneur”… Yak Labass ?
Les histoires d'honneur, de dignité, tout ça, ce n'est pas de moi, mais du journaliste qui a écrit l'article. Jamais je n'ai voulu laver mon honneur. Madame Dati est une femme sympathique et intelligente. Mon journaliste m'a demandé de ne pas le censurer, et comme je suis un homme de parole…

Mmm… Au fait, comment va votre ami Laânigri ?
Ami ? Vous plaisantez ? Hamidou Laânigri n'est pas un proche. Je le connais et je l’apprécie, mais ça s'arrête là. On se voit de temps en temps, on prend un pot, on dîne ensemble. Mais ce n'est ni un ami ni un confident. Et puis, ça fait quelques mois que je n'ai pas eu de ses nouvelles.

Bon, et El Himma, c'est votre pote, non ?
Oui, oui. Je connais Fouad depuis 1978. Ce n'est pas pour rien qu'il m'a accordé sa première interview, en exclusivité…

Et il va comment, Si Fouad ?
Il va très bien. Il vient de présider, lundi dernier, la réunion préparatoire du congrès du PAM. Je ne comprends pas pourquoi on dit qu'il est fini !

Vous en êtes où de vos querelles avec Majidi, à propos de vos panneaux publicitaires concurrents ?
C'est du passé, tout ça. Aujourd'hui, je peux vous dire que Mounir Majidi est quelqu'un que je respecte.

Parce que vous ne le respectiez pas, hier ?
Je ne respecte que ceux qui me respectent. Aujourd'hui, je le considère comme un grand opérateur et notre conflit est oublié. Je ne suis pas rancunier. Et comme je suis sportif à la base, j'ai appris à être très fair-play.

Vous êtes de quel bord, monsieur Lahlou ?
Je suis un gars qui vient du monde du sport. J'ai des amis dans tous les partis : Istiqlal, PPS, USFP et même PJD. Je suis avec tous ceux qui veulent le bien du Maroc. Et qui respectent la devise Allah, Al Watan, Al Malik.

Royaliste tal mout, donc ?
Patriote tal mout, plutôt. Je suis un serviteur du Maroc. Et de la monarchie, bien sûr. C'est le ciment, le symbole de notre unité.

Ça ne vous arrive jamais d'en avoir marre du Maroc, de vouloir changer d'horizons ?
Partir du Maroc ? Pourquoi donc ? Ailleurs, je ferais partie des anonymes. Je préfère rester ici et contribuer à la construction d'un Maroc moderne, à mon échelle.

Et vous faites quoi de tout votre argent ?
J'investis tout ce que je gagne dans l'audiovisuel.

La télé, c'est votre dernier caprice ?
Après la presse et la radio, je rêve effectivement d'avoir ma propre télé. Je suis un pur produit de la télévision. Je dois tout au petit écran.

Et la radio, vous la mettez en jachère ?
Jamais de la vie. Vous savez qu’à Casa FM, les auditeurs prient pour moi…

Allah yata9abal… Et donc les auditeurs prient pour vous, la classe quoi…
Oui, la classe. C'est parce que j'ai prouvé qu'on pouvait faire du direct, que les gens sont responsables. Une auditrice avait dit à l'antenne : “Avant, on écoutait. Maintenant, on écoute et on parle”. J'ai réussi à créer la première radio de proximité. C'est ce que je veux initier à la télé.

Donc si vous obtenez votre licence, vous arrosez ça ?
Evidemment que ça s'arrose. J'attends ça depuis tellement longtemps !

Au thé ou au champagne ?
(Rires) Les deux ! Il y en aura pour tous les goûts, je suis quelqu'un de généreux et de tolérant.

Vous avez fait de la darija votre dada personnel… C'est un choix commercial ?
Avant d'être un choix commercial, c'est surtout le meilleur moyen de communiquer. 50% des gens ne comprennent pas le JT, ce n'est pas normal.

Et quand vous voulez dire je t'aime, vous le faites en darija ?
Euh… ça dépend. Dans ce cas bien précis, ce n'est pas la langue qui compte. C'est le geste, le ton, la manière de transmettre le message.

C'est vrai que vous débarquez de temps en temps en peignoir, lors des conférences de rédaction de La Gazette ?

Qu'est-ce que c'est que ces histoires ? Dites que j'ai 80 ans et que je viens en pantoufles, aussi, pendant que vous y êtes !

Et c'est aussi un mythe que vous n'écrivez pas vos éditos ?
Non, ça, c'est vrai. Et ce n'est pas une honte. Il n'y a aucune gêne à avoir. Je donne mes idées et je laisse faire.

Vous commandez vos éditos, donc…
Absolument. Et quand ça ne va pas, je les fais refaire.

Vous vous targuiez, il y a quelques années, d'avoir réuni la dream team des journalistes marocains. Vous persistez et signez : vous avez le must du must ?
Euh… J'avais dit ça à l'époque où nous avions de grands noms du journalisme marocain. La Gazette d'aujourd'hui est un magazine qui roule bien.

On dit que vous rêvez d’avoir d'un hôtel de luxe rien que pour vous. Pourquoi pas une avenue qui porterait votre nom ?
(Rires) Sérieusement, je ne vois pas ce que je ferais avec un hôtel. J'ai les moyens de me payer un hôtel cinq étoiles et un billet en business class à chaque fois que je voyage.

Lah lah. Monsieur aime le confort…
Qui n'aime pas le confort ? J'aime bien manger, bien vivre, être à l'aise. Depuis que je ne suis plus fonctionnaire, je me fais plaisir et j'assume.

Vos enfants roulent dans des voitures sosies, en Porsche Carrera. C'est vous qui leur avez fait le même cadeau, histoire de ne pas faire de jaloux ?
Non. Mes enfants sont grands, majeurs et vaccinés. Ils ont leurs propres voitures.

… Et leurs propres magazines ?
Ah non, les magazines appartiennent à mon groupe.

Vous avez toujours le dernier mot, alors ?
Bien sûr. Je reste le pater familias.

 
 
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