N° 357
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

CINEMA. Nouveaux films du Vieux continent
PORTRAIT. Le cinéma dans la peau
ARTS PLASTIQUES. Appâter la galerie
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Par Meryem Saadi

Portrait. Le cinéma dans la peau

(DR)

Acteur, scénariste et réalisateur, Youssef Britel a des projets plein la tête. Gros plan sur le parcours de cet homme-orchestre, valeur sûre du cinéma marocain de demain.


Attablé dans un café de Rabat, Youssef Britel est méconnaissable avec ses cheveux et sa barbe plus longs que d’habitude. Très peu de personnes se rendent compte qu’il s’agit d’un des deux présentateurs de “100% Chabab” l’émission pour jeunes d’Al Aoula, qu’il a animé pendant presque quatre ans. En cet après-midi pluvieux, le jeune
acteur fait encore moins penser à Farouk, son personnage dans le film Les Jardins de Samira de Latif Lahlou, qui lui a d’ailleurs permis de rafler le prix du meilleur second rôle masculin au Festival de Tanger en 2007. Son new look particulier, c’est pour Chama, le premier film de Mohamed Nesrat - une love story sur fond de fantasia- dont le tournage reprendra très bientôt dans le sud du pays. Pour la première fois dans sa carrière, Britel incarne le personnage principal d’un long-métrage marocain. Une belle reconnaissance pour cet artiste de 32 ans, qui a déjà un joli parcours derrière lui.

Passion précoce
“Grâce à mon père, qui est un véritable cinéphile, j’ai commencé à faire du théâtre et à regarder des films dès l’âge de 4 ans”, se rappelle l’intéressé. Adolescent, il devient un habitué des cinéclubs, et se découvre une véritable passion pour les westerns, les films d’Alfred Hitchcock … et le théâtre. Cette passion le pousse des années plus tard à quitter sa ville natale de Meknès pour aller faire des études d’art dramatique à Rabat. Pour financer ses études, le jeune acteur n’hésite pas à devenir livreur de pizzas. Mais heureusement pour lui, sa carrière débute plutôt rapidement. En 2002, encore étudiant, il joue dans L’Adieu, un téléfilm de la chaîne France 2, et obtient ensuite plusieurs rôles principaux dans d’autres films étrangers. Résultat : il commence à se faire remarquer par les réalisateurs marocains, et fait des apparitions remarquées dans Ici et là de Mohamed Ismail, et Les anges de Satan d’Ahmed Boulane.

Derrière la caméra
En parallèle, le jeune acteur s’intéresse à la réalisation. En 2005, il sort son premier court-métrage intitulé Sellam. Il récidive en 2006 avec Flou, puis en fin 2008 avec Courmétragique. Les critiques sont plutôt bonnes, les deux premières œuvres sont diffusées dans le cadre des éditions du Festival national du film. “J’essaie de faire du cinéma engagé, où je traite de sujets qui me touchent réellement”, affirme t-il. Son thème de prédilection ? La société marocaine dans tous ses états. “J’ai également trois scénarios de longs-métrages qui sont quasiment prêts, mais je préfère ne pas me précipiter”, poursuit-il. Pour le moment, le jeune acteur les peaufine tout en donnant des cours de théâtre et de cinéma à Rabat. Loin du petit écran. “J’ai décidé d’arrêter l’aventure 100 % Chabab”, explique Britel. “C’est vrai que la télévision est un moyen de bien gagner sa vie, mais ça bouffe trop de temps et d’énergie”, conclut-il. Et de l’énergie, il en aura besoin pour concrétiser tous ses projets. Bonne chance à lui !

 
 
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