N° 357
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ARTS PLASTIQUES. Appâter la galerie
LE MAG CULTURE



Par Meryem Saadi

Arts plastiques. Appâter la galerie

Vernissage de Mahi Binebine en
octobre 2008, avec un “people”
nommé Laânigri. (Mohamed Reda)

Depuis son ouverture en grandes pompes à Casablanca en octobre dernier, l’Atelier 21 est l’une des galeries les plus courues.


Mardi 13 janvier, 19 heures. L’Atelier 21, située au numéro 21 d’une rue chic du quartier Racine, est pleine à craquer. Artistes, journalistes, hommes d’affaires et amateurs d’arts plastiques sont venus en nombre au vernissage de l’exposition du peintre marocain Tibari Kantour. La plupart se connaissent et discutent tranquillement, verre (de vin) à la
main. De temps en temps, ils jettent des coups d’œil aux toiles de Kantour, qui discute dans un coin avec l’écrivain Edmond Amran El Maleh. Aïcha Ammor et Aziz Daki, les deux fondateurs de la galerie, adressent sourires et salutations à leurs invités. “Je suis toujours content de voir que notre galerie est un véritable espace de rencontres, qui brasse des personnes venant de divers horizons”, affirme Aziz Daki. “Le fait qu’il n’y ait que 5 % d’acheteurs en ce moment ne me dérange pas du tout”, poursuit-il.

Histoire de connaisseurs
“Le point fort de l’Atelier 21 est d’être dirigée par deux personnes qui maîtrisent parfaitement l’art et travaillent dans ce milieu depuis plusieurs années”, explique le critique d’art Farid Zahi. Après s’être occupé pendant 20 ans de la collection institutionnelle de la Société Générale, Aïcha Ammor décide, l’an dernier, d’ouvrir sa propre galerie et pense, tout naturellement, à Aziz Daki comme associé. L’homme est reconnu depuis plusieurs années dans le milieu des arts plastiques pour ses livres et ses textes dans le domaine. Pendant six mois, ils travaillent sur la conception de la galerie, qui a été réalisée par l’architecte Rachid Andaloussi. Rien n’est laissé au hasard. Surtout pas l’éclairage, qui fonctionne comme celui des grands musées du monde, notamment le Louvre. Mais l’aventure commence véritablement le 21 octobre 2008, jour de l’inauguration de l’Atelier 21 et du vernissage de l’exposition de Mahi Binebine, l’homme à la sculpture qui valait 1,5 million de dirhams. Une brochette de people se déplace pour l’événement, même ceux qui ne s’intéressent pas d’habitude aux arts plastiques. Ce n’est pas tous les jours que la danseuse Noor et l’ancien boss de la DST, Hamidou Laânigri, se retrouvent au même endroit, à manger des canapés au saumon. Le buzz est créé.

Le juste équilibre
Depuis qu’elle a ouvert ses portes, la galerie a fait le choix de miser sur des artistes de talent, qui n’ont plus rien à prouver. Après Mahi Binebine, ce sont les tableaux de Mustapha Boujemaoui, puis ceux d’Ahmed Amrani et enfin de Tibari Kantour qui ont été accrochés sur les murs. Et bientôt ce sera au tour de Safae Errouas, Jamila Amrani et Mohamed El Baz. “Nous croyons réellement en l’art contemporain marocain, et notre travail ne se limite pas à exposer et vendre des tableaux”, explique Aicha Ammor. La galerie communique sur les artistes qu’elle expose, en publiant des catalogues qui ont tout pour devenir de véritables collectors à l’avenir. Les deux associés veulent également faire connaître ces artistes à l’étranger, en étant présents lors des plus grandes foires, et donner leurs chances aux nouveaux talents. “En juin et novembre prochains, nous comptons accueillir les œuvres de jeunes peintres qui n’ont jamais exposé jusqu'à présent”, rassure Aziz Daki. La galerie dénichera t-elle les grands noms de l’avenir ? Peut-être bien, avec l’expérience et le flair des deux associés.

 
 
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