|
Par Meryem Saadi
Arts plastiques. Appâter la galerie
|
Vernissage de Mahi Binebine en
octobre 2008, avec un people
nommé Laânigri. (Mohamed Reda)
|
Depuis son ouverture en grandes pompes à Casablanca en octobre dernier, lAtelier 21 est lune des galeries les plus courues.
Mardi 13 janvier, 19 heures. LAtelier 21, située au numéro 21 dune rue chic du quartier Racine, est pleine à craquer. Artistes, journalistes, hommes daffaires et amateurs darts plastiques sont venus en nombre au vernissage de lexposition du peintre marocain Tibari Kantour. La plupart se connaissent et discutent tranquillement, verre (de vin) à la |
|
main. De temps en temps, ils jettent des coups dil aux toiles de Kantour, qui discute dans un coin avec lécrivain Edmond Amran El Maleh. Aïcha Ammor et Aziz Daki, les deux fondateurs de la galerie, adressent sourires et salutations à leurs invités. Je suis toujours content de voir que notre galerie est un véritable espace de rencontres, qui brasse des personnes venant de divers horizons, affirme Aziz Daki. Le fait quil ny ait que 5 % dacheteurs en ce moment ne me dérange pas du tout, poursuit-il.
Histoire de connaisseurs
Le point fort de lAtelier 21 est dêtre dirigée par deux personnes qui maîtrisent parfaitement lart et travaillent dans ce milieu depuis plusieurs années, explique le critique dart Farid Zahi. Après sêtre occupé pendant 20 ans de la collection institutionnelle de la Société Générale, Aïcha Ammor décide, lan dernier, douvrir sa propre galerie et pense, tout naturellement, à Aziz Daki comme associé. Lhomme est reconnu depuis plusieurs années dans le milieu des arts plastiques pour ses livres et ses textes dans le domaine. Pendant six mois, ils travaillent sur la conception de la galerie, qui a été réalisée par larchitecte Rachid Andaloussi. Rien nest laissé au hasard. Surtout pas léclairage, qui fonctionne comme celui des grands musées du monde, notamment le Louvre. Mais laventure commence véritablement le 21 octobre 2008, jour de linauguration de lAtelier 21 et du vernissage de lexposition de Mahi Binebine, lhomme à la sculpture qui valait 1,5 million de dirhams. Une brochette de people se déplace pour lévénement, même ceux qui ne sintéressent pas dhabitude aux arts plastiques. Ce nest pas tous les jours que la danseuse Noor et lancien boss de la DST, Hamidou Laânigri, se retrouvent au même endroit, à manger des canapés au saumon. Le buzz est créé.
Le juste équilibre
Depuis quelle a ouvert ses portes, la galerie a fait le choix de miser sur des artistes de talent, qui nont plus rien à prouver. Après Mahi Binebine, ce sont les tableaux de Mustapha Boujemaoui, puis ceux dAhmed Amrani et enfin de Tibari Kantour qui ont été accrochés sur les murs. Et bientôt ce sera au tour de Safae Errouas, Jamila Amrani et Mohamed El Baz. Nous croyons réellement en lart contemporain marocain, et notre travail ne se limite pas à exposer et vendre des tableaux, explique Aicha Ammor. La galerie communique sur les artistes quelle expose, en publiant des catalogues qui ont tout pour devenir de véritables collectors à lavenir. Les deux associés veulent également faire connaître ces artistes à létranger, en étant présents lors des plus grandes foires, et donner leurs chances aux nouveaux talents. En juin et novembre prochains, nous comptons accueillir les uvres de jeunes peintres qui nont jamais exposé jusqu'à présent, rassure Aziz Daki. La galerie dénichera t-elle les grands noms de lavenir ? Peut-être bien, avec lexpérience et le flair des deux associés.
|
|