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Pages Coordonnées par Maria Daïf
Subvention. Soutien à la musique, enfin
Le Conseil du gouvernement et le ministère de la Culture ont annoncé loctroi prochain dune aide à la production musicale marocaine. Il était temps.
La ministre de la Culture Touria Jebrane entend laisser des traces. Après avoir revu à la hausse les subventions allouées aux troupes de théâtre (au profit de 27 troupes pour lannée 2007/2008 contre 15 en 2005/2006), elle a décidé de satteler à une autre tâche : donner un coup de pouce à la production musicale. Une mini-révolution en fin de |
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| compte, la musique étant restée jusque-là lenfant pauvre de la culture, ne bénéficiant daucun soutien financier. Le 8 janvier dernier, le Conseil du gouvernement, en partenariat avec le ministère de la Culture, a annoncé une aide denviron 4 millions de dirhams, confie Abdelouahed Ouzri, chef de cabinet de Touria Jabrane (et époux). Mais le texte est encore général, on ne sait pas encore comment cette subvention va être distribuée. Annoncée également, la création dun comité qui va plancher sur la question. Quant à lapplication, il faudra encore attendre environ un an, poursuit Abdelouahed Ouzri. Lessentiel des questions reste donc en suspens : si lon sait déjà que laide, qui semble prometteuse, concerne compositeurs, chanteurs, paroliers, musiciens et distributeurs, on ne sait toujours pas quelle chanson marocaine le ministère entend accompagner
La vieille école ou la nouvelle ? S.T. |
A lire. Success story
Fulgurant : ainsi peut-on qualifier le décès du Suédois Stieg Larsson, journaliste dinvestigation terrassé en 2004 par un infarctus après avoir remis trois manuscrits à son éditeur. Fulgurant, aussi, le succès de ces manuscrits qui donneront Millénium (Actes Sud), trilogie déjà culte, vendue à 9 millions dexemplaires dans le monde. Au fil des tomes, évoluent Mickael Blomkvist, journaliste vedette dun mensuel de gauche, forcené et séducteur, et Lisbeth Salander, justicière gothique, bisexuelle et sous tutelle de lEtat. Entre trafic de femmes, piraterie informatique, perversion sexuelle, boxe et dérives capitalistiques, la complexité de lhistoire na dégal que la fluidité du récit. Les lecteurs marocains en raffolent aussi et les trois tomes caracolent en tête des ventes de lannée 2008 du Carrefour des Livres à Casablanca, véritable thermomètre des habitudes de lecture locales. C.M. |
Ailleurs. Oudaden au bout du monde
Oudaden est probablement le groupe de musique amazigh le plus écouté par les communautés berbérophones (soussies essentiellement), quelles soient au Maroc ou installées à létranger. Véritables icônes, les Oudaden, avec quelque trente ans de carrière et une panoplie de tubes (dont Diff allah), ont écumé cérémonies de mariage, fêtes nationales, mais aussi festivals locaux (dont Timitar à Agadir en 2005 et 2008). En Belgique, en France, ou aux Iles Canaries, on sarrache le groupe mythique qui, à chacun de ses passages, fait un tabac. Pionniers de la musique pop amazighe (les Izenzaren sont plus rock), les voilà qui senvolent bientôt pour lautre bout de lAfrique, à Zanzibar plus exactement, où ils se produiront lors du festival Sauti za Busara (du 12 au 17 février), auprès dune kyrielle dartistes africains. M.D. |
Musique. Mayara on verra
Le groupe de fusion Mayara Band fait son petit bonhomme de chemin : après avoir remporté en 2007 le prix du festival rbati génération Mawazine et celui de meilleur artiste fusion lors de la dixième édition de l'Boulevard, en 2008, les sept joyeux lurons de la fusion sortent enfin leur premier single. Haly Gnawi, qui tourne déjà sur les ondes, est un cocktail bien dosé de funk, de reggae, et de gnawi, bien sûr. Entre guembri, guitare, basse et un timbre de voix déjà reconnaissable (celle de Farid Ghannam), les Mayara Band se préparent à faire vibrer le public de Dakhla lors du festival Mer et Désert (du 28 février au 1er mars), et celui de Lalla Takerkoust, pour la deuxième édition du Moonfest. A suivre de très près. A.M. |
Cinéma. Trois garçons dans le vent
Le jury du 2ème festival Cinéma jeunes talents, abrité du 14 au 18 janvier par la Cinémathèque de Tanger sur les hauteurs du Grand Socco, autour du thème Chergui, a soufflé son verdict. Plus si jeune mais talentueux, le 1er prix s'appelle Ahmed Saïd Kadiri, artiste tangérois de 40 ans, dont le film The Star and the wind (13min), mêlant animation et images d'archives, raconte la légende d'une étoile. C'est un autre enfant de la ville du détroit, Omar Mahfoudi, 27 ans, qui obtient le 2ème prix avec Navegantes (10min), petit documentaire sur le quotidien d'un café et ses habitués dans la vieille médina de Tanger. 3ème lauréat 2009, Khalid El Ghared, Kénitri de 35 ans, auteur de la courte fiction Larbi (14min), anti-héros dont la femme menace de le quitter s'il n'a pas ramené assez d'argent le soir. Intéressant. C.M. |
Interview Express. El Fad se met à chanter !
Lhumoriste Hassan El Fad sest offert un kiff : un duo musical avec le jeune chanteur Si Mehdi. Le titre Koulchi fi Casa, tourne en boucle sur les ondes
Et ça plaît.
Alors comme ça, vous poussez la chansonnette ?
ça fait un moment que ça me titillait et je lai même fait dans mon premier one man show. Je pensais à plusieurs groupes de musique pour un duo, dont Hoba Hoba Spirit et H-Kayne. Quand jai rencontré Si Mehdi dont je connaissais deux titres, je le lui ai proposé. Il ne ma plus lâché.
Le titre, Koulchi fi Casa, est un dialogue entre vous deux, dans lequel vous comparez vos deux époques respectives
Cest fait avec beaucoup dhumour. Le dialogue est une sorte de confrontation de deux générations. Je raconte mes années 70, lui son quotidien et celui des jeunes Marocains daujourdhui. ça a marché. Le texte, nous lavons travaillé tous les deux, la musique, cest essentiellement lui.
Et vous êtes vraiment nostalgique des années 70 ?
Et comment que je le suis ! Jaime la musique, létat desprit et le bouillonnement de cette époque. Avec Mehdi, nous avons voulu régler le conflit de générations en musique et avec humour.
Vous en ferez dautres des duos ?
Celui-ci était un kiff avant tout. Cela dit, jai dautres textes sous le coude que jaimerai voir en musique. M.D.
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Spectacle. Shaolin Show
Une troupe venue droit du monastère de Shaolin s'apprête à franchir les portes du Théâtre national Mohammed V (Rabat) et du complexe sportif du même nom (Casablanca). Les moines Shaolin viennent offrir un spectacle haut en rythmes, chorégraphies et figures acrobatiques. Au menu, des tableaux proposés par messieurs les moines : combats à mains nues et maniements d'armes, avec sabres, épées, bâtons, lances et hallebardes
Le bataillon impérial, qui a délaissé le combat pour le divertissement, a déjà fait frissonner les plus grands publics européens. En combinant le spirituel, le mental et le physique dans un même spectacle, les artistes aux crânes rasés et aux yeux bridés promettent du grand show. A.M.
Le 13 février au Complexe sportif Mohammed V, Casa
Le 14 et 15 février au Théâtre national Mohammed V, Rabat
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Théâtre. Mars vs Vénus
Vous faites partie des 30 millions de personnes dans le monde qui ont lu Les hommes viennent de Mars, et les femmes de Vénus, le célèbre best-seller de lAméricain John Gray ? Vous allez donc sans doute apprécier le one man show du Belge Paul Dewandre, qui investit les planches du Mégarama de Casablanca. Cet ancien collaborateur de Gray, qui a notamment participé à la traduction du livre en français, revient avec humour sur ce qui fait la différence entre les femmes et les hommes. Pendant deux heures, il met en scène avec humour plusieurs situations de la vie quotidienne dun couple. Une véritable thérapie et de grandes théories (dixit les aficionados du livre), mais aussi un regard décalé et pertinent sur tout ce qui fait que les deux sexes ont parfois du mal à se comprendre (doù le titre du livre, pour les non initiés). M.S.
Au Mégarama à Casablanca, le 3 février. Prix des tickets,
en vente sur place, entre 250 et 650 DH.
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Humeur.
Boys Band
Lannée 2009 avait à peine 20 jours et sentait déjà le moisi. Abbas El Fassi avait été reconduit à la tête de lIstiqlal. Et, elle, dévêtue sous les draps, était toujours en pamoison devant les hommes du PJD. Elle avait quitté ses fringues à la mode, ces bouts de chiffon quon aime vous vendre comme le Maroc qui bouge. Elle était nue à linstar de ses idées. Rebbah a le sourire de Denzel Washington, susurre-t-elle du bout des lèvres, en caressant du bout des doigts la joue du type allongé à côté delle. La tendresse est une manière de faire passer la pilule. Il a saisi le message. Cétait lui en elle, mais un autre dans sa tête. Comme en 2008, il allait devoir vivre un ménage à trois. Il rit pour masquer son malaise. Un rire jaune, un rire dhomme face à des concurrents contre lesquels on ne fait pas le poids. Tu comprends, ils sont rassurants et fiables. Tu peux compter sur eux, ajoute-t-elle. Elle lachève. Quil utilise Gillette blue II ou pas, il ne pouvait rien face à la perfection au masculin des boys du PJD. Lui, se rasait au petit bonheur la chance, laissait traîner ses chaussettes sous le lit, oubliait de payer Lydec. La main de la fille délaisse sa joue, elle a le regard dans le vague. Cétait décidé, il voterait pour lIstiqlal aux prochaines communales. La jalousie, ça fait faire nimporte quoi
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