N° 357
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

CINEMA. Nouveaux films du Vieux continent
PORTRAIT. Le cinéma dans la peau
ARTS PLASTIQUES. Appâter la galerie
LE MAG CULTURE



Pages Coordonnées par Maria Daïf

Subvention. Soutien à la musique, enfin

(TNIOUNI)

Le Conseil du gouvernement et le ministère de la Culture ont annoncé l’octroi prochain d’une aide à la production musicale marocaine. Il était temps.


La ministre de la Culture Touria Jebrane entend laisser des traces. Après avoir revu à la hausse les subventions allouées aux troupes de théâtre (au profit de 27 troupes pour l’année 2007/2008 contre 15 en 2005/2006), elle a décidé de s’atteler à une autre tâche : donner un coup de pouce à la production musicale. Une mini-révolution en fin de
compte, la musique étant restée jusque-là l’enfant pauvre de la culture, ne bénéficiant d’aucun soutien financier. Le 8 janvier dernier, le Conseil du gouvernement, en partenariat avec le ministère de la Culture, a annoncé une aide d’environ “4 millions de dirhams”, confie Abdelouahed Ouzri, chef de cabinet de Touria Jabrane (et époux). “Mais le texte est encore général, on ne sait pas encore comment cette subvention va être distribuée”. Annoncée également, la création d’un comité qui va plancher sur la question. Quant à l’application, il faudra encore attendre “environ un an”, poursuit Abdelouahed Ouzri. L’essentiel des questions reste donc en suspens : si l’on sait déjà que l’aide, qui semble prometteuse, concerne compositeurs, chanteurs, paroliers, musiciens et distributeurs, on ne sait toujours pas quelle “chanson marocaine” le ministère entend accompagner… La vieille école ou la nouvelle ? S.T.


A lire. Success story

Fulgurant : ainsi peut-on qualifier le décès du Suédois Stieg Larsson, journaliste d’investigation terrassé en 2004 par un infarctus après avoir remis trois manuscrits à son éditeur. Fulgurant, aussi, le succès de ces manuscrits qui donneront Millénium (Actes Sud), trilogie déjà culte, vendue à 9 millions d’exemplaires dans le monde. Au fil des tomes, évoluent Mickael Blomkvist, journaliste vedette d’un mensuel de gauche, forcené et séducteur, et Lisbeth Salander, justicière gothique, bisexuelle et sous tutelle de l’Etat. Entre trafic de femmes, piraterie informatique, perversion sexuelle, boxe et dérives capitalistiques, la complexité de l’histoire n’a d’égal que la fluidité du récit. Les lecteurs marocains en raffolent aussi et les trois tomes caracolent en tête des ventes de l’année 2008 du Carrefour des Livres à Casablanca, véritable thermomètre des habitudes de lecture locales. C.M.


Ailleurs. Oudaden au bout du monde

Oudaden est probablement le groupe de musique amazigh le plus écouté par les communautés berbérophones (soussies essentiellement), qu’elles soient au Maroc ou installées à l’étranger. Véritables icônes, les Oudaden, avec quelque trente ans de carrière et une panoplie de tubes (dont Diff allah), ont écumé cérémonies de mariage, fêtes nationales, mais aussi festivals locaux (dont Timitar à Agadir en 2005 et 2008). En Belgique, en France, ou aux Iles Canaries, on s’arrache le groupe mythique qui, à chacun de ses passages, fait un tabac. Pionniers de la musique pop amazighe (les Izenzaren sont plus rock), les voilà qui s’envolent bientôt pour l’autre bout de l’Afrique, à Zanzibar plus exactement, où ils se produiront lors du festival Sauti za Busara (du 12 au 17 février), auprès d’une kyrielle d’artistes africains. M.D.


Musique. Mayara on verra

Le groupe de fusion Mayara Band fait son petit bonhomme de chemin : après avoir remporté en 2007 le prix du festival rbati génération Mawazine et celui de meilleur artiste fusion lors de la dixième édition de l'Boulevard, en 2008, les sept joyeux lurons de la fusion sortent enfin leur premier single. Haly Gnawi, qui tourne déjà sur les ondes, est un cocktail bien dosé de funk, de reggae, et de gnawi, bien sûr. Entre guembri, guitare, basse et un timbre de voix déjà reconnaissable (celle de Farid Ghannam), les Mayara Band se préparent à faire vibrer le public de Dakhla lors du festival Mer et Désert (du 28 février au 1er mars), et celui de Lalla Takerkoust, pour la deuxième édition du Moonfest. A suivre de très près. A.M.


Cinéma. Trois garçons dans le vent

Le jury du 2ème festival Cinéma jeunes talents, abrité du 14 au 18 janvier par la Cinémathèque de Tanger sur les hauteurs du Grand Socco, autour du thème “Chergui”, a soufflé son verdict. Plus si jeune mais talentueux, le 1er prix s'appelle Ahmed Saïd Kadiri, artiste tangérois de 40 ans, dont le film The Star and the wind (13min), mêlant animation et images d'archives, raconte la légende d'une étoile. C'est un autre enfant de la ville du détroit, Omar Mahfoudi, 27 ans, qui obtient le 2ème prix avec Navegantes (10min), petit documentaire sur le quotidien d'un café et ses habitués dans la vieille médina de Tanger. 3ème lauréat 2009, Khalid El Ghared, Kénitri de 35 ans, auteur de la courte fiction Larbi (14min), anti-héros dont la femme menace de le quitter s'il n'a pas ramené assez d'argent le soir. Intéressant. C.M.


Interview Express. El Fad se met à chanter !
L’humoriste Hassan El Fad s’est offert un “kiff” : un duo musical avec le jeune chanteur Si Mehdi. Le titre “Koulchi fi Casa”, tourne en boucle sur les ondes… Et ça plaît.


Alors comme ça, vous poussez la chansonnette ?
ça fait un moment que ça me titillait et je l’ai même fait dans mon premier one man show. Je pensais à plusieurs groupes de musique pour un duo, dont Hoba Hoba Spirit et H-Kayne. Quand j’ai rencontré Si Mehdi dont je connaissais deux titres, je le lui ai proposé. Il ne m’a plus lâché.


Le titre, Koulchi fi Casa, est un dialogue entre vous deux, dans lequel vous comparez vos deux époques respectives…
C’est fait avec beaucoup d’humour. Le dialogue est une sorte de confrontation de deux générations. Je raconte mes années 70, lui son quotidien et celui des jeunes Marocains d’aujourd’hui. ça a marché. Le texte, nous l’avons travaillé tous les deux, la musique, c’est essentiellement lui.


Et vous êtes vraiment nostalgique des années 70 ?
Et comment que je le suis ! J’aime la musique, l’état d’esprit et le bouillonnement de cette époque. Avec Mehdi, nous avons voulu régler le conflit de générations en musique et avec humour.


Vous en ferez d’autres des duos ?
Celui-ci était un “kiff” avant tout. Cela dit, j’ai d’autres textes sous le coude que j’aimerai voir en musique. M.D.



Spectacle. Shaolin Show

Une troupe venue droit du monastère de Shaolin s'apprête à franchir les portes du Théâtre national Mohammed V (Rabat) et du complexe sportif du même nom (Casablanca). Les moines Shaolin viennent offrir un spectacle haut en rythmes, chorégraphies et figures acrobatiques. Au menu, des tableaux proposés par messieurs les moines : combats à mains nues et maniements d'armes, avec sabres, épées, bâtons, lances et hallebardes… Le bataillon impérial, qui a délaissé le combat pour le divertissement, a déjà fait frissonner les plus grands publics européens. En combinant le spirituel, le mental et le physique dans un même spectacle, les artistes aux crânes rasés et aux yeux bridés promettent du grand show. A.M.

Le 13 février au Complexe sportif Mohammed V, Casa
Le 14 et 15 février au Théâtre national Mohammed V, Rabat



Théâtre. Mars vs Vénus

Vous faites partie des 30 millions de personnes dans le monde qui ont lu Les hommes viennent de Mars, et les femmes de Vénus, le célèbre best-seller de l’Américain John Gray ? Vous allez donc sans doute apprécier le one man show du Belge Paul Dewandre, qui investit les planches du Mégarama de Casablanca. Cet ancien collaborateur de Gray, qui a notamment participé à la traduction du livre en français, revient avec humour sur ce qui fait la différence entre les femmes et les hommes. Pendant deux heures, il met en scène avec humour plusieurs situations de la vie quotidienne d’un couple. Une véritable thérapie et de grandes théories (dixit les aficionados du livre), mais aussi un regard décalé et pertinent sur tout ce qui fait que les deux sexes ont parfois du mal à se comprendre (d’où le titre du livre, pour les non initiés). M.S.

Au Mégarama à Casablanca, le 3 février. Prix des tickets,
en vente sur place, entre 250 et 650 DH.




Humeur.
Boys’ Band

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

L’année 2009 avait à peine 20 jours et sentait déjà le moisi. Abbas El Fassi avait été reconduit à la tête de l’Istiqlal. Et, elle, dévêtue sous les draps, était toujours en pamoison devant les hommes du PJD. Elle avait quitté ses fringues à la mode, ces bouts de chiffon qu’on aime vous vendre comme le “Maroc qui bouge”. Elle était nue à l’instar de ses idées. “Rebbah a le sourire de Denzel Washington”, susurre-t-elle du bout des lèvres, en caressant du bout des doigts la joue du type allongé à côté d’elle. La tendresse est une manière de faire passer la pilule. Il a saisi le message. C’était lui en elle, mais un autre dans sa tête. Comme en 2008, il allait devoir vivre un ménage à trois. Il rit pour masquer son malaise. Un rire jaune, un rire d’homme face à des concurrents contre lesquels on ne fait pas le poids. “Tu comprends, ils sont rassurants et fiables. Tu peux compter sur eux”, ajoute-t-elle. Elle l’achève. Qu’il utilise Gillette blue II ou pas, il ne pouvait rien face à la perfection au masculin des boys du PJD. Lui, se rasait au petit bonheur la chance, laissait traîner ses chaussettes sous le lit, oubliait de payer Lydec. La main de la fille délaisse sa joue, elle a le regard dans le vague. C’était décidé, il voterait pour l’Istiqlal aux prochaines communales. La jalousie, ça fait faire n’importe quoi…

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés