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Par Fédoua Tounassi
Entreprise. Ciel mon événement !
Congrès, conventions dentreprise, communication
Le secteur de lévénementiel prend ses marques et tente de se structurer.
Samedi 24 janvier, Foire de Casablanca. Couleurs criardes, stands grandioses, décorations cosmopolites allant du baroque, très tendance en ce moment, au high-tech : bienvenue à Dom & Event, le premier salon de lévénementiel au Maroc, qui sest déroulé du 22 au 24 janvier. Communication, médias, tourisme d'affaires, culture et art
nombreuses sont les activités à graviter autour de lévénementiel. Mais |
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où commence et où finit le secteur ? Difficile de le dire tant les frontières fluctuent en fonction des attentes des entreprises et des événements créés. Du conseil en communication à lorganisation d'événements d'entreprises, en passant par les services réceptifs, le secteur recèle beaucoup de potentialités.
Un marché en peine croissance
Cela a commencé en 1994 avec lorganisation du sommet du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) à Marrakech, se rappelle ce patron dune grande boîte de la place. Depuis, le marché connaît une progression constante alors que les experts craignaient un ralentissement de cette tendance après le boum de la dernière décennie. D'autant que, selon une étude espagnole, le Maroc a été classé 3ème destination événementielle dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, après l'Egypte et Dubaï. Selon les estimations de certains professionnels, le chiffre daffaire du secteur a été multiplié par quatre ces trois dernières années. Le marché au Maroc est en pleine croissance, indique Adil Lazrak, patron de Capital Events et président de lAssociation marocaine des agences conseil en communication événementielle (AMAE).
Le secteur est sur une bonne lancée, les entreprises ont pris conscience du fait que ce mode de communication est devenu nécessaire. Une marque aujourdhui se doit dêtre proche de ses consommateurs et une institution proche de ses citoyens. La communication événementielle le permet, explique Adil Lazrak. Les supports médias habituels sont presque saturés. La publicité est nécessaire mais ne suffit plus. Pour qu'un produit se vende, il faut descendre dans la rue pour le mettre au contact du client. Les grandes manifestations de ce type sont les plus courts et plus sûrs moyens de toucher directement la cible visée, renchérit un opérateur du secteur.
Un manque de représentativité
Une flopée dagences de conseil en communication a donc fleurit. Actuellement, on en dénombre une bonne vingtaine. Mais seules une dizaine peuvent se targuer dêtre vraiment professionnelles, souligne notre source. Le marché, encore embryonnaire, souffre dune image pas toujours reluisante. Manque de sérieux et de professionnalisme, coups bas, privilèges
les critiques ne manquent pas. Les passe-droits existent partout dans le monde. Ils sont souvent le reflet dune profession en manque de structuration et de prises de parole, riposte Adil Lazrak. Cela a poussé les plus professionnels à se rassembler au sein de lAMAE, avec comme objectif de mettre fin aux pratiques malsaines qui gangrènent un métier en pleine évolution. Certes, les clients commencent à réclamer du professionnalisme, mais la majorité ignorent les contours du métier de la communication événementielle, son mode de fonctionnement et ses acteurs.
Il y a urgence à représenter et valoriser le secteur par un organisme professionnel, poursuit lintéressé. Lévénementiel au Maroc a mis un certain temps à être reconnu comme profession à part entière, alors que depuis des décennies les annonceurs faisaient appel à cette technique de communication pour toucher leur auditoire. Hier, toute entité en lien avec lorganisation dévénements pouvait revendiquer sa maîtrise (agences publicitaires, traiteurs, sociétés de location de matériel technique, etc.) Résultat : un flou total pour les annonceurs et de lamateurisme en termes daccompagnement, réplique Lazrak. Amina Hilmi, responsable au sein dune boîte de la place, a un avis plus tranché : Lévénementiel est comparable à Derb Ghallef.
On y trouve beaucoup damateurs. Pour elle, entreprises et agences sont responsables de cette situation avec un manque de sérieux de part et dautre. Conscients de la nécessité de sattaquer durgence à certains chantiers tels que la réglementation, la formation, la labellisation, lélaboration dun code de déontologie, les opérateurs retroussent leurs manches. Il en va de la crédibilité et de lavenir de leur métier. Dans le cadre de la restructuration de la profession, des actions de lobbying auprès des organismes institutionnels ou publics, ainsi que la mise en place de règles de fonctionnement avec les clients (code d'appel d'offres, critères pour choisir son agence, citoyenneté
) sont envisagées. |
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Zoom. La crise, un non-événement
Les ambitions du secteur risquent dêtre freinées par la conjoncture actuelle. Cest connu, en temps de crise, les entreprises se serrent la ceinture et le budget publicité et communication est le premier à passer à la trappe. Mais la perspective ne fait pas peur aux opérateurs nationaux qui, a contrario, veulent profiter de cette conjoncture pour renforcer leur positionnement au niveau national. Certaines multinationales, qui faisaient automatiquement appel à des boîtes étrangères pour organiser leurs meetings vont se tourner vers nous, espère Amina Hilmi, chef de produit au sein dune agence de la place. Nous sommes convaincus que plus les mouvements de cette crise seront amenés à diviser, plus il serait vital de se rassembler, et la communication événementielle, dans ce cas précis, constitue un des vecteurs reconnus de la communication, tant à légard des cibles internes quexternes, rappelle pour sa part Adil Lazrak. |
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