N° 358
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

PROCHE-ORIENT. Le cessez-le-feu et après ?
L'ACTU MONDE



Par Selma Mestiri, (avec AFP)
correspondante au Moyen-Orient

Proche-Orient. Le cessez-le-feu et après ?

(AFP)

Alors qu’Israël et le Hamas revendiquent chacun la victoire, pour les habitants de Gaza l’heure est à la reconstruction, avec, pour condition, la réconciliation Fatah-Hamas.


C’est comme si la bande de Gaza avait été frappée par “un tremblement de terre”. Ce constat est fait par l’ONU, quelques jours après l’annonce de la fin de la guerre le 18 janvier. Nombreux sont les bâtiments officiels, maisons et locaux des Nations Unies à avoir été détruits pendant les 22 jours de l’opération israélienne qui a fait plus de 1300
morts palestiniens. Selon une estimation provisoire du Bureau palestinien des statistiques, les pertes s'élèvent à 1,9 milliard de dollars. Les promesses de dons ont beau se multiplier (le roi Abdallah d'Arabie a annoncé l'octroi d'un milliard de dollars), la reconstruction reste entravée par les sanctions internationales contre le Hamas et le blocus imposé par l’Etat hébreu à la bande de Gaza. Israël n’autorise que l’aide humanitaire, et n’est pas prêt à rouvrir les points de passage tant que le Hamas est au pouvoir, craignant que le mouvement n’en retire de la “légitimité”.

Trêve durable ?
Le cessez-le-feu a peut-être mis fin aux derniers combats en date, mais n’a certainement pas résolu le problème de fond entre Israël et le Hamas. Selon la sortie de crise dessinée par l’Egypte, une trêve “permanente” entrerait en vigueur début février et conduirait à l’ouverture des points de passage. Ensuite, le lancement d’un “dialogue national” palestinien visant à réconcilier le Hamas et le Fatah, à couteaux tirés depuis que le premier a délogé le second de Gaza par la force en juin 2007. Enfin, l’organisation d’une conférence internationale des donateurs en Egypte fin février, pour la reconstruction de Gaza. Mais la division des Palestiniens reste un obstacle majeur à cette réunion. L’Autorité palestinienne veut que la reconstruction se fasse uniquement sous sa houlette, ce que refuse le Hamas.

Et plusieurs donateurs, comme l’Union Européenne, ont annoncé qu’ils ne traiteraient pas avec le Hamas, classé comme organisation terroriste par les Etats-Unis et l’UE. La réconciliation Fatah-Hamas semble donc être une condition sine qua non de la reconstruction. Mais pendant le conflit, les Palestiniens sont apparus plus divisés que jamais. L’Egypte avait bien tenté de réconcilier les rivaux en novembre dernier, mais en vain. Le Hamas avait décidé de boycotter le dialogue prévu au Caire pour dénoncer les “détentions politiques” de ses membres par les forces de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie.

Cette affaire compromet toujours, selon le Hamas, les discussions sur une réconciliation. Sans compter la question de la réouverture des points de passage de la bande de Gaza : le Hamas demande la levée du blocus israélien et l'ouverture des terminaux avant de lancer tout processus de réconciliation, tandis que le Fatah veut d’abord un gouvernement d'union nationale. Des représentants du Fatah et du Hamas se sont toutefois rencontrés pour la première fois depuis mars 2008 cette semaine au Caire. Azzam Al Ahmad, le chef du groupe du Fatah au Parlement palestinien, a annoncé avoir tenu avec Jamal Abou Hachem, du Hamas, un “entretien consultatif pour briser la glace et avancer vers la réconciliation”. Et de préciser : “Nous nous sommes accordés sur une suite à cet entretien”.

 
 
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