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Par Karim Boukhari
Palme dor
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Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info
(DR)
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| Un seul regret pour la Semaine du film européen, qui illumine quatre villes du royaume : labsence du cinéma turc, lun des meilleurs à lheure actuelle. Peut-être aussi celle du cinéma israélien (pour peu que lon considère, comme en foot, quIsraël est un pays européen). Sinon, comment résister au plaisir de vous entretenir dun film, petit, petit, tout Palme dor cannoise quil est. Entre les murs de Laurent Cantet. Cest lhistoire dune classe de collégiens dans un quartier chaud à Paris. Un prof, des élèves. Et un proviseur, dautres profs, les conseils de discipline, quelques parents délèves, la cour du collège. On aurait tort de baîller devant ce qui ressemble théoriquement à un pesant |
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reportage télé, à ingurgiter seulement si vous êtes un insomniaque chronique. Le film appartient à ce quon peut appeler la réalité fictionnalisée, cest un genre difficile, compliqué, dans lequel les gens réels jouent leur propre rôle. Entre les murs est une vraie fiction (le scénario est adapté dun roman) avec la charge dun vrai documentaire.
Et elle est réussie. En une heure et demie, le réalisateur brosse finement le tableau dune société, dune époque, il nous prend la main pour nous parler, humblement, de démocratie, de violence, de racisme, et de mille et une choses de notre époque. Je dis bien notre époque. Le réalisateur filme ses personnages (des gens réels, donc) comme sils représentaient le centre du monde. Le gentil prof mal compris devient un héros shakespearien, plus fort que Bush et Ban Ki Moon réunis, les midinettes sont des vamps comme le vieux cinéma américain en crache depuis le cinéma muet, tout devient plus grand, plus beau. Et plus universel. Cest le miracle du cinéma, cette aptitude à toucher tout le monde en parlant de soi-même, saisir le sens des grandes choses en zoomant juste sur les petites histoires personnelles. Entre les murs, on vous le recommande, cinéastes, lecteurs, consommateurs de la vie quotidienne.
Tendance, tendance
Alors on saime, on se marie, on fait des enfants, on se dispute, on se bouffe, on se sépare. Et on fait la fête. Cest surtout ça. Dans un pays où lon se marie plus vieux pour divorcer plus jeune, la fête devient un bon ami, un peu comme un chien, fidèle compagnon de tous les jours. Et tant pis si cela embarrasse au plus haut point maman et papa, plus vertueux, plus encaisseurs, capables dendurer le calvaire dune longue vie de couple en pensant tous les jours au mot divorce.
Question dépoque. Aujourdhui, on divorce peut-être pour les mêmes raisons que lon se marie : on aime la vie. Forcément, ça sarrose. Ambiance : les femmes, cest delles quil sagit, peuvent soffrir un sex toy pour enterrer leur vie de jeune fille, ou la déterrer après un long sommeil, en se mariant ou en divorçant. Pour le fun, only. Un homme peut arroser lanniversaire de sa naissance ou le souvenir dun infarctus. La nouvelle tendance na pas de quoi réveiller un poète mort, ce nest pas plus intelligent que romantique. Les Marocains au-dessus du seuil de pauvreté aiment la fête, ils arrosent tout, même leurs divorces.
Coucou, les islamistes
Soyons sérieux : le PJD est un parti comme les autres. Avec un secrétaire général aux abois, une star qui jette léponge, et ce côté risible, hystérique, qui affecte tant la classe politique marocaine. Il a suffi dune petite semaine pour nous le rappeler. A Meknès, Aboubakr Belkora, maire PJD de Meknès, a été licencié (cest le mot) par le ministère de lIntérieur, officiellement pour irrégularités dans la gestion de sa commune. Il est trop tôt pour en savoir plus, mais le coup est dur, dur, pour la star des maires, seul représentant islamiste dans une grande ville marocaine, déjà pointé par le passé pour un supposé voyage en Israël
On arrive au deuxième couac : la guéguerre entre Abdelilah Benkirane, numéro 1 du parti, et Abbas El Fassi, Premier ministre. Les deux hommes sétripent depuis une semaine au sujet dun compte ouvert par le roi pour venir en aide aux victimes de Gaza. Lidée (dun compte bancaire) nous appartient, a plus ou moins signifié Benkirane. Lidée appartient au roi et à personne dautre, a plus ou moins répondu Si Abbas, dans un communiqué vaguement menaçant.
Et Benkirane de se rétracter, craignant sans doute les foudres royales. Cest un malentendu, Benkirane navait nullement lintention de récupérer le bénéfice dune action entreprise par le souverain, se défendent aujourdhui, tétanisés, paniqués, les amis de Si Abdelilah. Le PJD, qui a cru bon de convoquer son état-major pour tenir une conférence de presse aujourdhui même à Rabat, peut crier au complot destiné à le casser auprès de son électorat (cas Belkora), ou à brouiller son rapport à la monarchie (cas Benkirane), à quelques mois des communales. Et
Stop, on ne vous embêtera pas plus longtemps avec toutes ces futilités dignes dun parti redevenu comme les autres, au moins depuis que les bons docteurs Khatib et El Othmani ont passé la main.
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