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Le temps des marionnettes
Je voudrais revenir sur le cas de Abdelouahed Radi (TelQuel n°355). Entendons-nous bien : n'est avili qui, par intérêt et/ou par lâcheté, le veut bien. Pour sa part, le roi fait ce qu'il pense devoir faire, pour l'intérêt de la nation, qui peut se confondre avec le sien. Et sans que cela soit forcément antidémocratique. Alors voilà : que chacune de nos marionnettes qui font de la politique en fasse autant et commence, déjà, par redresser un peu l'échine en faisant passer l'intérêt général avant son intérêt propre, dans un semblant de dignité. Bien des choses iront pour le mieux. Je suis persuadé que le roi, homme esseulé au milieu d'un troupeau de limaces, serait le premier à en être ravi !
Mohamed El Baghdadi, Casablanca.
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Marre de la propagande
Linterdiction faite aux journalistes occidentaux daccéder à Gaza a laissé le champ libre aux chaînes arabes pour informer lopinion mondiale, et surtout arabe, du drame et du massacre que subissaient les civils palestiniens. Si le professionnalisme dune chaîne comme Al Jazeera (avec laquelle peut ne pas être daccord) nest plus à démontrer, la majorité des chaînes arabes, en ce qui les concerne, sont restées au stade primitif dans leur façon de traiter linformation.
Medi1sat, chaîne privée bilingue, est en cela lexemple type : le journal arabe du soir commence avec un titre martial (Du blocus à la destruction) suivi dun clip de quelques minutes qui fait appel aux ficelles les plus grossières du montage. On y voit à côté des images de civils morts, des images de foules en colère qui se terminent par le plan dun petit enfant brandissant le V de la victoire, suivi en contre-champ par le plan dun soldat israélien qui met un genou à terre, vise avec son arme et tire, puis limage se fige. Deux plans qui nont rien avoir ensemble mais qui, grâce au montage, font sens. Vieux procédé acculé du montage. Quel est donc lintérêt de ce genre de procédé ?
Cette démarche discrédite linformation, aussi juste et pertinente quelle puisse être. Les enfants, les femmes et les hommes de Gaza pris sous les bombes ont besoin de plus de respect de leur dignité, que dun tel montage qui discrédite leur cause. On aurait voulu le faire exprès quon ne sy serait pas pris autrement. Face à un certain partipris des médias occidentaux, les médias arabes se devaient dêtre irréprochables, pour dénoncer la guerre faite aux Palestiniens et la barbarie de lagression. Le rôle dun journal télévisé est de donner linformation, danalyser, de livrer des clés de lecture au téléspectateur. En un seul mot : informer. On en est loin.
Linformation sur le drame de Gaza se suffisait à elle-même pour émouvoir et susciter la révolte et la condamnation. Elle na pas besoin dêtre précédée dun montage grossier de propagande (parce que cest une forme de propagande) pour provoquer lémotion chez le téléspectateur arabe, comme si ce dernier nétait quun émotif et quil ne pouvait réagir quà lémotion. Quel est lintérêt de ces cadavres de civils (surtout des enfants) montrés en boucle ? Je ne dis pas quil ne faut pas les montrer. Tant que ça reste de linformation oui, il faut montrer lhorreur dans ce quelle a dabject.
Mais quel est lintérêt, après, den faire un montage, une sélection, une sorte de best of de lhorreur et de le passer en boucle ? Sinon dexacerber la haine, de catalyser une violence mal orientée, mal ciblée, qui fabrique au final des hommes et des femmes qui appartiennent à la famille du ressentiment. Ce genre de procédé participe dans la création de limage dun monde arabe qui ne sait pas argumenter, qui ne peut être que dans la vocifération, dans la réaction instinctive et affective. Et cest révélateur dun manque de respect pour la dignité de ces victimes et leurs familles. Jai envie, pour finir, de citer cette phrase de Mahmoud Darwich parlant de son grand-père : Il mapprit à être digne avant dapprendre à lire dans les livres. Ayons lélégance de Darwish et restons digne même dans nos malheurs.
Hassan Legzouli, cinéaste (Tinja).
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Femmes arabes, où êtes-vous ?
Tout en regardant avec beaucoup dintérêt ce qui se passe au Proche-Orient, je minterroge sur un fait bien bizarre : labsence totale de la femme arabe sur la scène politique. Tout ce quon voit à la télévision, cest des hommes, des hommes, et encore des hommes
Ou alors des femmes musulmanes dans la rue, abattues, en train de pleurer, de taper des mains sur leurs cuisses, dimplorer laide de Dieu. Entre-temps, il y a la ministre des Affaires étrangères israélienne Livni et lAméricaine Condolezza Rice signant des accords, confiantes, sûres delles-mêmes, le tout sous des tonnerres dapplaudissements. Je vois toutes ces images défiler devant moi et je comprends alors que ces gens-là sont en train, hélas, de nous donner des leçons sur légalité des chances et des droits entre les deux sexes. Chose que malheureusement les pays arabes ne font pas car, pour eux, la femme a simplement le droit (le rôle) de crier, pleurer. Et de procréer, bien sûr. Un vrai coffre à grossesse comme a dit Driss Chraïbi dans son livre autobiographique Le passé simple.
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