N° 358
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“Je pourrais baiser la main de Si Abbas”

Hamid Chabat, Maire de Fès,
parlementaire, candidat au poste
de secrétaire général de l’UGTM.
(AIC PRESS)

Antécédents

1953. Naissance à Taza
1974. Intègre l’UGTM (Union générale des travailleurs du Maroc)
1975. Intègre la chabiba du parti de l’Istiqlal
1990. Est recherché pendant 6 mois pour atteinte à l’ordre public
2000. Crée son journal Gharbal al karawiyin
2003. Elu maire de Fès
2007. Décroche un siège de parlementaire de la ville de Fès
2009. Candidat au poste de secrétaire général de l’UGTM, décroche un siège dans le comité exécutif de l’Istiqlal.

Le PV

Attablé dans un petit café situé à quelques encablures de la gare de Rabat-ville, non loin du Parlement où il a ses habitudes, Hamid Chabat nous “reçoit”. Costume coupe italienne, pull col roulé, ongles manucurés… Si ce n’était sa moustache bolchevique, Monsieur le maire (de Fès) n’a rien du syndicaliste moyen. La star du congrès de l’Istiqlal, tenu début 2009, la vraie, c’est lui. Lui qui, pour la 1ère fois, a gagné un des 24 précieux sièges du comité exécutif du parti de Si Abbas. A l’heure où nous mettons sous presse, Chabat n’a pas encore été (officiellement) élu patron de l’UGTM, mais ce n’est qu’une formalité, faute de rivaux : Mohamed Benjelloun Andaloussi, avec qui Chabat s’était allié pour éjecter l’ancien numéro 1 de la centrale, Abderrazak Afilal, a lui-même été déposé à quelques semaines du congrès de l’UGTM. En gros, Chabat plutôt bien pour Hamid…


Smyet bak ?
Ahmed Chabat

Un lien de parenté avec Alain Chabat ?
Non, non, par contre, il y a une zaouiya de Chabat en Libye.

Smyet mok ?
Tamou bent Hamou

Nimirou d’la carte ?
C1188008

Alors Si Hamid, comment Chabat ?
Ach kat goul ? Mouchkila hadi…

Vous avez du mal avec les jeux de mots ?
Ahhh, j’ai compris, Chabat hamdoullah (rires).

Alors comme ça, vous allez rafler la mise au congrès de l’UGTM, ce week-end ?
Oui, il y a des chances.

En même temps, vous êtes le seul candidat…
C’est vrai, mais c’est toujours mieux que de proposer des candidats qui font de la figuration !

Et donc, vous allez envoyer un petit télégramme de remerciement à Tonton Abbas (El Fassi), patron de la maison-mère de l’UGTM ?
Pourquoi ça ?

Vous n’allez pas nous faire croire qu’il ne vous a pas donné un petit coup de pouce…
Ah non, à ma connaissance, le syndicat a une gestion interne indépendante du parti.

Vous venez de décrocher un siège au sein du comité exécutif de l’Istiqlal, un parti de “fils de” et de “frère de”… Vous en êtes, vous aussi ?
Non, moi, je suis juste content que les “fils de” et les “frères de” rallient les rangs du parti de l’Istiqlal, c’est mieux qu’ils soient avec nous que contre nous.

Vous seriez prêt à faire le baisemain à Abbas El Fassi, tout comme lui-même avait embrassé la main de M’hamed Boucetta en 1998 au moment de la passation de pouvoir à la tête du parti ?
Juste ce détail : à l’époque, Boucetta venait de se retirer élégamment de la course, l’Istiqlal était en proie à des tensions internes. Durant l’élection du congrès, les chaises volaient… Tout ça pour vous dire qu’il y avait un contexte bien précis.

Et donc, vous seriez prêt à faire bisou bisou à la paluche de Si Abbas ?
L’occasion ne s’est jamais présentée, mais vous savez, l’Istiqlal est un parti paternaliste, et je respecte ça. Donc, ça ne me poserait pas de problèmes.

La moustache, c’est votre côté Lech Walesa ?
Il doit y avoir un peu de ça, en plus, je l’ai fait pousser à la fin des années 1980, juste avant que Lech Walesa ne soit élu président de la Pologne.

Pourquoi les patrons de syndicats ont toujours une image de chef de gang ?
Je ne sais pas, peut-être parce qu’ils traînent cette réputation depuis les années 1960. Il a fallu faire des grèves, pour décrocher un peu de pouvoir, il y avait des tensions palpables, des luttes de pouvoir.

Avec votre emploi du temps chargé de directeur de publication, député et maire, vous avez eu le temps d’apprécier la nouvelle coupe de Gronaldo pendant le match de gala organisé à Fès en novembre 2008 ?
Oui bien sûr… Mais Ronaldo a grossi, meskine. Du coup, il est très lent.

Vous avez reçu Cécilia Sarkozy et le publiciste Richard Attias en février 2008. Il paraît que vous avez flashé sur l’ex-première dame de France…
(Rires) Vous voyez, on balance des trucs comme ça, pour rigoler, et après, on est pris au sérieux…

Elle est plutôt pas mal pour son âge, non ?
Oui, mais bon, c’est difficile de concurrencer Richard Attias, qui, soit dit en passant, est originaire de Fès.

Il paraît que vous voulez installer des caméras un peu partout dans Fès. C’est votre côté voyeur ?
Non, c’est pour lutter contre l’insécurité. J’ai eu cette idée en visitant plusieurs villes européennes. La caméra, c’est super-efficace pour les flagrants délits et c’est rassurant pour le citoyen.

Concrètement, vous faites comment pour mettre en place vos caméras cachées ?
Dans quelques jours, inchallah, nous allons installer un PC dans la wilaya et 5 autres PC dans les six arrondissements de la ville. Des agents seront chargés de visionner les bandes en direct, et d’intervenir au besoin…

Dites-nous, vous êtes fassi ba3da ?
Evidemment, un vrai de vrai…

Et le “gha”, ce n’est pas une figure imposée ?
Ha houwa a Sidi : ghaaaaaaaa.

Il y a quoi à faire à Fès, à part compter les mouches… et les Fassis ?
Beaucoup de choses, ça bouge beaucoup ces derniers temps.

Vous êtes sérieux ?
Si si, je vous assure, on a construit 12 chabibas et deux maisons des citoyens, chacune avec 120 ordinateurs et une connexion Internet, et nous allons ouvrir un conservatoire, une académie des Beaux-Arts, un opéra, deux bibliothèques...

Oui, il n’est jamais trop tard pour bien faire…
Disons qu’on est dans une phase de remise à niveau. Ah oui, autre chose, nous planchons sur un projet de plage à Fès.

Vous voulez dire une piscine olympique, non ?
Non, non, une plage, avec une petite marina, vous savez… Oued El Jawahir qui traverse Fès était le deuxième port du Maroc il y a quelques décennies de cela.

C’est feu Driss Basri qui vous a soufflé cette idée, lui qui a réussi à offrir une plage à Settat en annexant la commune de Sidi Rahal ?
Non, du tout. Basri, à l’époque, avait d’autres chats à fouetter, sans mauvais jeux de mots…

Quel est le dernier livre que vous avez lu ?
L’autocritique, de Allal El Fassi, Ila nab3 safi, toujours de Allal El Fassi.

Et à part Allal El Fassi ?
Rien. A vrai dire, je l’ai beaucoup lu, parce qu’à la veille des congrès, je le cite fréquemment pendant mes discours.

Vous et Lahcen Daoudi, député du Parti de la justice et du développement (PJD) de Fès, vous êtes amis ?
Pendant les élections, c’est chacun pour soi. Mais en temps “normal”, on se voit souvent, on discute beaucoup, c’est un bon copain…

Vous vous retrouvez autour d’un verre de thé ?
ça dépend des occasions (rires).

Vous êtes plutôt musique spirituelle, comme un certain festival, ou plutôt chaâbi ?
Les deux à vrai dire. Et j’aime aussi le rap marocain.

Comme qui ?
Comme Fnaïre.

On parlait de rap Si Chabat…
Eh bien quoi, ils sont rappeurs aux dernières nouvelles??

Si vous voulez… Vous avez assisté à la circoncision du prince en 2003 ?
Et comment, je m’en souviens comme si c’était hier.

Pourquoi, vous en avez profité pour faire une petite “retouche” ?
Non non, c’est juste que 3000 personnes ont été circoncises ce jour là. Et depuis, nous faisons des campagnes de circoncisions annuelles pour les nécessiteux.

 
 
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