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Par Mouaad Rhandi
Politique. Les camarades en campagne
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Qui, à la place dIsmaïl Alaoui (d.),
prendra place à côté des partenaires
historiques de la Koutla ? (AFP)
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Des communales à préparer, un congrès à tenir et, surtout
un nouveau leader à trouver. Cest lheure des choix au PPS.
Les paris sont ouverts ! Un an avant le 8ème congrès du Parti du progrès et du socialisme (PPS), la succession dIsmaïl Alaoui, se pose avec acuité. Ce dernier a déjà annoncé sa retraite politique. Je ne serai pas candidat à ma propre succession, même si le congrès aura le dernier mot, avait déclaré le secrétaire général de la formation communiste. Geste rarissime de la part dun zaïm politique à |
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lancienne
Moulay Ismail, comme lappellent ses partisans, donne limpression davoir été toujours là, ce qui nest évidemment pas le cas. Cest en 1997 quil a succédé au père spirituel de la formation, feu Ali Yata. Et sous la conduite de cet homme proche du palais, les communistes ont réalisé une bonne percée électorale : de 5 députés en 1997, ils passent à 9 en 2002 avant de décrocher une douzaine de sièges lors des législatives de 2007. Scores risibles, à première vue, mais suffisants pour peser dans la balance. Surtout quand on peut compter sur de bons vieux alliés de la Koutla, et non des moindres, lUSFP et lIstiqlal. Sous la nouvelle ère, les camarades ont pu sassurer une présence dans tous les gouvernements : de Youssoufi à El Fassi en passant par léquipe technocrate de Jettou, le PPS a toujours pu gratter un à deux portefeuilles ministériels. Suffisant pour continuer dexister politiquement.
De bons alliés
Son idéologie étant désuète, le parti a su gérer sa mutation en épaulant ses alliés de la Koutla et en servant de tampon avec des hizbicules de gauche. Le PPS avait formé, en 2002, un groupe parlementaire en sappuyant sur le PSD (Parti socialiste démocratique, qui a fini par être absorbé par lUSFP). Rebelote en 2007 où les camarades du PPS ont pu rassembler la vingtaine de parlementaires nécessaires pour composer un groupe dans lhémicycle- en optant pour le FFD (Front des forces démocratiques). Et, parfois, le PPS ne manque pas dambitions. Exemple : linvitation lancée, lannée dernière, à lUSFP, au parti travailliste et au FFD pour lancer une plate-forme commune afin détudier la possibilité dun regroupement autour dun pôle de gauche. Rien que ça...
En attendant, le camarade joue au centriste pragmatique. La gauche seule ne peut pas gouverner, affirme-t-il. En analysant les résultats des législatives de 2007, il est évident que les partis de gauche nont pas la majorité au niveau des sièges et des voix. Notre allié objectif nest autre que lIstiqlal, un parti du centre qui ne renie pas la fibre sociale. Cest donc sur les deux tableaux que le PPS compte jouer les alliances pour les prochaines communales. Nous ne pouvons pas nous présenter dans toutes les circonscriptions. Dans les régions où nous ne sommes pas présents, nous soutiendrons les candidats de la gauche et ceux de lIstiqlal. Le but est de gagner et gérer des communes et des villes avec nos partenaires, explique Ismaïl Alaoui. Lors des élections partielles de 2008, le PPS na dailleurs présenté quun seul candidat à Tiznit et soutenu ceux de lIstiqlal et lUSFP à Marrakech, Mohammedia, Safi et Tanger.
Autre chantier en 2009 pour le PPS : la refonte de son aile syndicale. Le parti compte réorganiser ses troupes, affiliées à lUnion marocaine des travailleurs (UMT). 2009 est une année électorale. Il est dans lintérêt du parti de soutenir les revendications des travailleurs, sachant que nous avons la mainmise sur quelques secteurs, notamment lenseignement, les phosphates et surtout la poste, signale un haut cadre du parti. Cest dans cette perspective que le parti dénonce par exemple le projet de privatisation de Poste Maroc.
Souhaïl en lice !
Bien que son positionnement politique soit prévisible, le changement de direction du parti intrigue les militants. Lannée prochaine, ils seront 3000 congressistes à se rassembler pour élire les 450 membres du comité central, les 30 responsables du bureau politique et, évidemment, le secrétaire général. Jusquà récemment, deux candidats étaient en lice pour reprendre le flambeau de Ismaïl Alaoui : Nabil Benabdellah et Mhamed Grine, pour ne pas les nommer. Mais la donne a quelque peu changé?: Benabdellah est, depuis novembre dernier, ambassadeur du royaume à Rome, un poste quil lui serait difficile de quitter, un an après sa désignation.
Quant à Grine, toujours déçu par la non-élection de son grand frère lors du dernier congrès, il boude les réunions du bureau politique du parti et préfère se contenter de chapeauter la commission des Affaires étrangères. Dès lors, une nouvelle star parmi les communistes est entrée en lice. Abdelwahed Souhaïl, jusque-là discret sur ses ambitions politiques, sort de lombre. Il y a quelques jours, lex-patron du CIH a été nommé par le bureau politique à la tête des organes de presse du parti. Sans doute la meilleure manière de prendre de court ses deux concurrents éventuels et daccompagner Ismaïl Alaoui jusquà la sortie.
Mais les jeux ne sont pas encore faits et des luttes intestines se préparent. Souhaïl doit réussir son premier test à la tête du conseil dadministration de la société éditrice dAl Bayane et Bayane Al Yaoum. Pour mener à bien sa mission, le choix de léquipe dirigeante sera déterminant. Selon la volonté de Souhail, Allal Maleh serait pressenti à la tête dAl Bayane, Mahtat Rakas à Bayane Al Youm et Mohamed Kawati obtiendrait le poste de directeur général. Le trio a présenté un business plan et attend les nominations officielles. Souhaïl doit, dès lors, manuvrer pour éviter lencombrant parachutage à ses côtés dun cacique du parti, un certain Ahmed Salem Latifi. Ce membre du bureau politique et du CORCAS aurait demandé à prendre en charge les titres de presse. Affaire à suivre
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