N° 359
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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SYNDICAT. Hamid Chabat, la force fait l’union
POLITIQUE. Les camarades en campagne
L'ACTU MAROC



Par Mouaad Rhandi

Politique. Les camarades en campagne

Qui, à la place d’Ismaïl Alaoui (d.),
prendra place à côté des partenaires
historiques de la Koutla ? (AFP)

Des communales à préparer, un congrès à tenir et, surtout… un nouveau leader à trouver. C’est l’heure des choix au PPS.


Les paris sont ouverts ! Un an avant le 8ème congrès du Parti du progrès et du socialisme (PPS), la succession d’Ismaïl Alaoui, se pose avec acuité. Ce dernier a déjà annoncé sa retraite politique. “Je ne serai pas candidat à ma propre succession, même si le congrès aura le dernier mot”, avait déclaré le secrétaire général de la formation communiste. Geste rarissime de la part d’un zaïm politique à
l’ancienne… Moulay Ismail, comme l’appellent ses partisans, donne l’impression d’avoir été toujours là, ce qui n’est évidemment pas le cas. C’est en 1997 qu’il a succédé au père spirituel de la formation, feu Ali Yata. Et sous la conduite de cet homme proche du palais, les communistes ont réalisé une bonne percée électorale : de 5 députés en 1997, ils passent à 9 en 2002 avant de décrocher une douzaine de sièges lors des législatives de 2007. Scores risibles, à première vue, mais suffisants pour peser dans la balance. Surtout quand on peut compter sur de bons vieux alliés de la Koutla, et non des moindres, l’USFP et l’Istiqlal. Sous la nouvelle ère, les camarades ont pu s’assurer une présence dans tous les gouvernements : de Youssoufi à El Fassi en passant par l’équipe technocrate de Jettou, le PPS a toujours pu “gratter” un à deux portefeuilles ministériels. Suffisant pour continuer d’exister politiquement.

De bons alliés
Son idéologie étant désuète, le parti a su gérer sa mutation en épaulant ses alliés de la Koutla et en servant de tampon avec des hizbicules de gauche. Le PPS avait formé, en 2002, un groupe parlementaire en s’appuyant sur le PSD (Parti socialiste démocratique, qui a fini par être absorbé par l’USFP). Rebelote en 2007 où les camarades du PPS ont pu rassembler la vingtaine de parlementaires –nécessaires pour composer un groupe dans l’hémicycle- en optant pour le FFD (Front des forces démocratiques). Et, parfois, le PPS ne manque pas d’ambitions. Exemple : l’invitation lancée, l’année dernière, à l’USFP, au parti travailliste et au FFD pour lancer une plate-forme commune afin d’étudier la possibilité d’un regroupement autour d’un pôle de gauche. Rien que ça...

En attendant, le camarade joue au centriste pragmatique. “La gauche seule ne peut pas gouverner, affirme-t-il. En analysant les résultats des législatives de 2007, il est évident que les partis de gauche n’ont pas la majorité au niveau des sièges et des voix. Notre allié objectif n’est autre que l’Istiqlal, un parti du centre qui ne renie pas la fibre sociale.” C’est donc sur les deux tableaux que le PPS compte jouer les alliances pour les prochaines communales. “Nous ne pouvons pas nous présenter dans toutes les circonscriptions. Dans les régions où nous ne sommes pas présents, nous soutiendrons les candidats de la gauche et ceux de l’Istiqlal. Le but est de gagner et gérer des communes et des villes avec nos partenaires”, explique Ismaïl Alaoui. Lors des élections partielles de 2008, le PPS n’a d’ailleurs présenté qu’un seul candidat à Tiznit et soutenu ceux de l’Istiqlal et l’USFP à Marrakech, Mohammedia, Safi et Tanger.

Autre chantier en 2009 pour le PPS : la refonte de son aile syndicale. Le parti compte réorganiser ses troupes, affiliées à l’Union marocaine des travailleurs (UMT). “2009 est une année électorale. Il est dans l’intérêt du parti de soutenir les revendications des travailleurs, sachant que nous avons la mainmise sur quelques secteurs, notamment l’enseignement, les phosphates et surtout la poste, signale un haut cadre du parti. C’est dans cette perspective que le parti dénonce par exemple le projet de privatisation de Poste Maroc.”

Souhaïl en lice !
Bien que son positionnement politique soit prévisible, le changement de direction du parti intrigue les militants. L’année prochaine, ils seront 3000 congressistes à se rassembler pour élire les 450 membres du comité central, les 30 responsables du bureau politique et, évidemment, le secrétaire général. Jusqu’à récemment, deux candidats étaient en lice pour reprendre le flambeau de Ismaïl Alaoui : Nabil Benabdellah et M’hamed Grine, pour ne pas les nommer. Mais la donne a quelque peu changé?: Benabdellah est, depuis novembre dernier, ambassadeur du royaume à Rome, un poste qu’il lui serait difficile de quitter, un an après sa désignation.

Quant à Grine, toujours déçu par la non-élection de son grand frère lors du dernier congrès, il boude les réunions du bureau politique du parti et préfère se contenter de chapeauter la commission des Affaires étrangères. Dès lors, une nouvelle star parmi les communistes est entrée en lice. Abdelwahed Souhaïl, jusque-là discret sur ses ambitions politiques, sort de l’ombre. Il y a quelques jours, l’ex-patron du CIH a été nommé par le bureau politique à la tête des organes de presse du parti. Sans doute la meilleure manière de prendre de court ses deux concurrents éventuels et d’accompagner Ismaïl Alaoui jusqu’à la sortie.

Mais les jeux ne sont pas encore faits et des luttes intestines se préparent. Souhaïl doit réussir son premier test à la tête du conseil d’administration de la société éditrice d’Al Bayane et Bayane Al Yaoum. Pour mener à bien sa mission, le choix de l’équipe dirigeante sera déterminant. Selon la volonté de Souhail, Allal Maleh serait pressenti à la tête d’Al Bayane, Mahtat Rakas à Bayane Al Youm et Mohamed Kawati obtiendrait le poste de directeur général. Le trio a présenté un business plan et attend les nominations officielles. Souhaïl doit, dès lors, manœuvrer pour éviter l’encombrant parachutage à ses côtés d’un cacique du parti, un certain Ahmed Salem Latifi. Ce membre du bureau politique et du CORCAS aurait demandé à prendre en charge les titres de presse. Affaire à suivre…

 
 
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