N° 359
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

COMMUNES. Accusés, levez-vous !
SYNDICAT. Hamid Chabat, la force fait l’union
POLITIQUE. Les camarades en campagne
L'ACTU MAROC



Intempéries. De l’eau et des morts

Sidi Slimane, une des nombreuses
villes noyées sous les flots. (DR)

Le mauvais temps continue de faire des dégâts et la liste (officielle) des victimes s’allonge. En cause, les préciptations et l’habitat insalubre.


Selon un dernier bilan du ministère de l’Intérieur arrêté jeudi, 16 personnes ont trouvé la mort suite à des effondrements de maisons dus aux fortes précipitations ou à des chutes de neige. Les dernières victimes, 6 enfants d’une même famille, ont péri sous les décombres de leur demeure, construite en pisé. Le drame a eu lieu dans une
commune de la région d’Azilal, fortement enneigée. A Al Hoceïma, les autorités font état de 4 morts et autant de blessés suite à l’écroulement d’une habitation. Deux victimes ont également été signalées dans les régions de Marrakech et de Taroudant. Toutes ces pertes sont survenues suite à des effondrements d’habitations. Ce qui remet sur le tapis l’épineux sujet des constructions illégales ou non conformes aux normes de sécurité en vigueur, surtout en zone rurale. A ce jour, aucune enquête n’a été ouverte par les autorités, préférant attribuer ces pertes humaines à la mauvaise humeur de la nature. Outre les dégâts humains, des dizaines de milliers d’hectares ont été inondés dans la région du Gharb. Mais à en croire Mohamed Belaouchi, de la direction de la météorologie, ces fortes précipitations ont eu également des retombées positives. “Toutes les régions sont excédentaires en termes de pluviométrie, c’est du jamais vu”, souligne Belaouchi, tout en précisant que le Maroc n’a pas connu un temps pareil depuis les années 60. Monsieur Météo prédit un retour au calme dès samedi 7 février. A.B.A.


Sahara. La mise au point

Les députés européens se doutaient que leur visite du 27 janvier à Laâyoune, consacrée aux droits humains dans le Sud, était susceptible de déclencher certaines polémiques, mais ils ne s’attendaient pas à déchaîner autant de passions. L'organisateur de la délégation parlementaire, joint cette semaine au téléphone, nous a confié avoir été surpris de la surenchère médiatique, notamment sur les sites pro-sahraouis européens et algériens qui ont, selon lui, exagéré le filtrage des associations par les autorités. “Certes, il y a eu des incidents entre séparatistes et unionistes, vu les grandes attentes projetées de part et d'autre sur la visite de la délégation, explique le député. Il est possible également que certaines personnes n’aient pas pu accéder à la délégation. Mais il faut savoir qu’elle a été littéralement submergée, recevant les associations de 16h à minuit sans interruption”. Les représentants européens n’ont cessé de rappeler qu’ils n’étaient pas là pour trancher sur le statut du Sahara, mais pour s’enquérir de la situation des droits humains dans la région. Leur rapport devrait paraître dans deux semaines Z.D.


Nador. Ça chauffe à la frontière

Après l’accalmie qui avait suivi le décès de Safia Azizi, écrasée par la foule en novembre 2008, les incidents se multiplient autour du flux quotidien de Marocains vivant du commerce informel entre Melilia et Nador. Cette fois, ce sont des membres de la société civile qui ont mis le feu aux poudres, samedi 31 janvier, en filmant la police espagnole “en train de faire avancer les Marocains revenant de Melilia à coups de gourdin, comme si c’était un troupeau de bêtes” - selon les mots de l’un d’eux, Saïd Chramti. Un policier qui frappe leur caméra, des jeunes Marocains qui réagissent violemment et des Espagnols qui ripostent en tirant. Dans ce contexte, le nouveau “Syndicat des professionnels du commerce libre de la frontière de Melilia” aura fort à faire. Ce tout premier syndicat d’une profession non reconnue veut défendre les droits des 10 000 “porteurs” qui traversent la frontière chaque jour, soumis au bon vouloir des fonctionnaires frontaliers. “Notre priorité sera de leur enseigner leurs droits et leurs obligations”, nous a déclaré son secrétaire général Lahcen Mejjati. Z.D.


Lyautey. Crise au lycée

Depuis que certains professeurs ont pris la décision de ne pas organiser d’épreuves du baccalauréat blanc cette année, l’atmosphère est plus que tendue entre les élèves et l’administration du lycée Lyautey à Casablanca, et les grèves se succèdent des deux côtés. Les motivations de la décision d’annuler l’épreuve du bac blanc ? La volonté de faire pression sur l’Agence d’enseignement du français à l’étranger (AEFE), qui envisage de transformer le statut de 8 professeurs expatriés en professeurs résidents, alors que leur contrat n’est pas encore arrivé à terme. Ces changements entrent dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, réforme instaurée par le gouvernement Fillon qui touche particulièrement le secteur de l’éducation nationale. Ce qui n’est pas pour rassurer les parents d’élèves, qui n’ont d’ailleurs pas encore digéré l’annonce de l’augmentation des frais de scolarité pour l’année 2009 de 10 à 12%. M.S.


Patrimoine. La chute du Lincoln

“L’angle nord-ouest de la façade de l’immeuble Bessoneau, dit hôtel Lincoln, s’est effondré hier”. Grave comme un avis de décès, le communiqué de Casa Mémoire déplorait, lundi 2 février, les dégâts causés par les fortes pluies sur cet édifice de 1917. Sa façade néo-mauresque était devenue, au fil du temps, le symbole de la lutte pour la préservation du legs architectural de Casa : évacué en 1990 après un premier effondrement, l’hôtel Lincoln est, dix ans plus tard, le premier immeuble casablancais du 20ème siècle à être inscrit au patrimoine de la ville. Mais les indispensables travaux ne sont pas menés par le propriétaire, qui laisse le lieu se dégrader, 15 ans durant. En 2008, l’Agence urbaine aurait déboursé 30 millions de dirhams pour l’exproprier, mais faute d’argent pour sa restauration, le Lincoln reste à l’abandon, caché derrière une bâche Coca-Cola. Témoin du passé protégé mais devenu aujourd’hui danger public, peut-il être réhabilité ou doit-il être détruit ? Une question encore ouverte. C.M.


Constitution. La réforme en marche
Le parti de la rose affûte son projet de réforme constitutionnelle et appelle à un débat national sur le sujet.

“Nous étions prêts dès 2007, nous avons préféré attendre les législatives, ensuite le congrès du parti, avant de lancer la machine”, nous explique cette source proche de la direction de l’USFP. La réforme de la Constitution imaginée par les socialistes prévoit, dans ses grandes lignes, une plus grande “responsabilisation” de la fonction de Premier ministre. Ce dernier, qui doit nécessairement être issu du parti vainqueur des élections, peut, entre autres, révoquer un ministre de son gouvernement, présider un Conseil des ministres par délégation et valider les nominations des hauts commis de l’Etat. Une série de réformes techniques destinées, de toute évidence, à renforcer le rôle de la primature, appelée à grignoter sur les prérogatives royales. Les socialistes, qui ont invité même la Jamaâ d’Al Adl Wal Ihsane à participer à la “réflexion” (sur la réforme), hésitent toutefois sur la version officielle du document : faut-il le présenter au seul nom de l’USFP, ou l’inclure dans le cadre de la Koutla (avec Istiqlal et PPS) ? Faut-il le soumettre directement au cabinet royal ou attendre un consensus général engageant l’ensemble de la classe politique ? Les avis seraient partagés entre les “offensifs”(clan de Driss Lachgar) et les “attentistes” (clan de Abdelouahed Radi). La même hésitation entoure aussi le timing exact de la réforme, sachant, comme nous l’ont indiqué certaines sources usfpéistes, que “Mohammed VI serait d’accord sur le principe et les grandes lignes de la réforme”. M.R.


Corruption. Peut mieux faire
Le Maroc se classe 59ème sur 85 pays dans la nouvelle enquête Open budget international (OBI) réalisée en partenariat avec Transparency Maroc.

Transparency Maroc (TM) a tenu, samedi 31 janvier, sa 13ème assemblée générale. L’occasion d’un grand déballage de données chiffrées, tirées à la fois du rapport annuel de l’association et de l’enquête OBI. Concernant la situation du Maroc en matière de corruption, Rachid Filali Meknassi, secrétaire général de TM, note “des signaux positifs mais insuffisants”. A mettre à l’actif du plus beau pays du monde : la mise en route de l’Instance centrale de prévention de la corruption (ICPC) et la publication de textes de loi sur la déclaration du patrimoine. TM pointe cependant “une impunité entretenue par les pouvoirs publics” qui se traduit par la stagnation de l’Indice de perception de la corruption (IPC), bloqué à 3,5 (sur 10) depuis 2007. Quant aux données de l’enquête OBI, elles placent le Maroc au 59ème rang sur 85 pays, avec un score de 27 sur 100. L’ONG “Partenariat budgétaire international”, qui a réalisé cette enquête avec TM, s’est attelée à analyser la transparence des Etats sur leurs finances publiques. Pour le Maroc, le résultat est plutôt encourageant : la précédente enquête, réalisée en 2006, classait le royaume en 53ème position sur 59, avec un score de 19 points. En tout état de cause, Filali Meknassi se félicite de la fiabilité des deux rapports, “qui convergent à plus de 85% et s’appuient sur des méthodes internationales éprouvées”. S.B.


Sports. Hooligans, go out !

Nawal El Moutawakkil devait être la star du Conseil de gouvernement du jeudi 5 février avec un projet de loi contre le hooliganisme. Vandalisme, coups et blessures et insultes racistes relèveront du Code pénal. Le projet de loi sanctionne les délits commis par les supporters même en dehors des stades : transports en commun, gares ONCF, etc. Pour les plus irréductibles, le tribunal pourra même décider une interdiction des stades, voire une assignation à domicile. Lancer un fumigène ou une pierre est passible de 3 mois à 1 an de prison ou d’une amende allant jusqu’à 20 000 DH. La justice aura d’ailleurs le droit de dissoudre des personnes morales (clubs ou associations) qui ne se conforment pas aux nouvelles normes lors de l’organisation de compétitions sportives. S’époumoner à hurler un “Wa Larbit Wa M’skhout L’walidine” peut, théoriquement, s’avérer lourd de conséquences… Clubs et associations de supporters, y compris des poids lourds du football marocain, se plaignent toutefois de ne pas avoir été associés à la préparation du projet. R.H.


Al Adl-Etat. Au chat et à la souris

La Jamaâ de Cheikh Yassine n’est pas restée les bras croisés suite à la censure qui a visé ses quatre principaux sites Internet depuis le 17 janvier, soit la veille de l’imposante marche de Casablanca, organisée en solidarité avec les Palestiniens de Gaza. Les islamistes ont trouvé la parade, juste pour quelques jour. Puis plus rien. Pas fair-play du tout, les autorités auraient vu d’un mauvais œil le suivi fait par ses sites de l’évolution de l’offensive israélienne contre Gaza. Mais surtout des échos, sur les mêmes sites, des centaines de manifestations et autres sit-in entrepris par les disciples de Abdeslam Yassine. Hassan Bennajeh, bras droit du porte-parole Fathallah Arsalane, parle d’une “politique systématique de l’Etat contre toute voix discordante et disposant d’une assise populaire”. Il accuse les compagnies de télécommunications, qui ne seraient à ses yeux “que des outils entre les mains liberticides du régime”. R.H.
 
 
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