Ecrivez-nous ! Faites-nous part de vos commentaires, critiques ou encouragements.
E-mail : (courrier@telquel.info). Fax (022 22 05 63). Lettres (28, avenue des FAR, Casablanca). |
Musulmans, réveillez-vous
J'ai été particulièrement intéressé par votre dernier dossier (Le Coran : est-il vraiment applicable en tout temps et en tout lieu ?, TelQuel n°358). Il rejoint la longue liste de sujets audacieux, et même courageux, abordés par le magazine : Les Marocains et le sexe, Les Marocains et la laïcité, La servilité, Les années de plomb, L'homosexualité, etc. Mais c'est la première fois, je pense, que vous abordez, sous la plume de Abdellah Tourabi, le véritable enjeu et sujet nodal dont découlent tous les autres.
Dans un monde en plein chaos, à la fois économique, financier, social et sociétal, les sociétés musulmanes (je ne crois pas à la Communauté musulmane, qui n'existe pas) continuent à refuser de s'éveiller au monde du troisième millénaire. Ce ne seront ni les armes atomiques du Pakistan ou bientôt de l'Iran, ni la manne pétrolière des Pays arabes, ni les gratte-ciel mégalomaniaques d'Abou Dabi ou du Bahreïn, qui les sortiront de leurs déchirements séculiers et de leurs contradictions profondes et douloureuses. Non. Il n'y a que l'éducation, la recherche, l'innovation, la maîtrise des nouvelles technologies de l'information, l'insertion sans complexe dans le concert des nations, qui pourront les sauver de leur décadence actuelle, et leur éviter de verser dans la barbarie. L'excellent ouvrage de Charles Rizk, Les Arabes ou l'Histoire à contresens, se conclut ainsi : Au tournant du millénaire, les arabes sont plus divisés, plus dépendants, qu'ils ne le furent jamais dans leur histoire. Une bonne dose de schizophrénie et de refoulement collectif érigé en mode de vie, quelques ingrédients d'agressivité teintée d'intolérance, une paranoïa maladive et la messe est dite. Nous détenons la Vérité, que dis-je, nous sommes la Vérité. C'est du moins ce que nous croyons.
Ce manichéisme nous empêche de nous regarder tels que nous sommes, et nous dispense d'une remise en cause de notre style de vie et de notre rapport à l'autre ! Le Maroc n'échappe pas à cette tourmente, bien que toute chose étant égale par ailleurs, les prémices d'une ouverture réelle, acceptée et voulue par le roi, reste à transformer par une pédagogie active, une éducation et une implication volontaire et massive de tous.
Noureddine Dakraoui, Casablanca.
|
Nos chères communes
La zone industrielle de Aïn Sebaâ, à Casablanca, offre un spectacle ahurissant : trottoirs défoncés, terrains vagues transformés en décharges publiques, trous parsemant les chaussées, etc. Elle fait pourtant partie de lune des communes les plus riches de la ville, pour ne pas dire du royaume. Question : à quoi sert alors le (gros) budget alloué à la commune ? Nous nous affranchissons de nos taxes et impôts, mais nous navons aucun droit de regard sur la gestion des budgets de nos chères communes, à Aïn Sebaâ mais aussi ailleurs. Vous trouvez cela normal ?
Salma Kadouri, Casablanca.
|
La mémoire des mouroirs
Les conditions dans lesquelles vivent plusieurs anciens disparus expliquent pourquoi sest posée et se pose toujours la problématique de la disparition forcée. Le Mouroirs, livre/témoignagede Mohamed Rahoui, un des membres du groupe Banouhachem, qui vient dêtre édité, en est une parfaite illustration. Il est venu jeter une lumière crue sur le sort des personnes disparues dans plusieurs mouroirs : du Complexe (centre de détention dans lAgdal), aux bagnes du sud (Agdz, Kelaât MGouna, Skoura).
Lintérêt du passé, cest déclairer le présent. Mohamed Rahoui, enfant de Massoussa (son village natal, situé dans les montagnes du Moyen Atlas) enlevé et disparu à 24 ans, supplicié pendant neuf longues années, retrace dans Mouroirs la dictature du passé qui orchestrait une disparition forcée, illégale, hors de tout contrôle, sauf celui des geôliers qui donnent libre cours à leur sadisme, à leur haine et à leur brutalité, comme témoignait déjà son compagnon Naceur Banouhachem. Le livre est un dialogue entre événements et faits passés, il est source didentité collective, car le passé individuel de Mohamed Rahoui se rapproche du passé collectif de nous tous.
Le livre de Mohamed Rahoui est aussi une histoire de lhistoire, il plaide pour une forme de militantisme de la mémoire et propose des pistes pour une relecture de lhistoire contemporaine de la gauche progressiste. Il demande aussi aux autorités marocaines de dissiper l'atmosphère de secret et de silence qui a permis à la pratique de la disparition forcée de se développer. Tout cela est intéressant à considérer dans un pays qui tente de renouer avec une concorde civile. Car linstallation dun régime démocratique ne consiste pas seulement à prévenir tout risque de retour aux affaires des tenants de lancien régime. Le travail qui incombe aux militants démocrates et progressistes est dinstaurer les mécanismes propres à la démocratie et à lEtat de droit.
Mustapha Merizak, enseignant
chercheur, ancien exilé politique, Meknès.
|
Gasoil maudit
Je vous écris au sujet de la cherté de la vie et particulièrement le cas des nouveaux gasoils. Les sociétés de distribution nous prennent vraiment pour des assistés, des enfants, ils ont raison puisque nous n'avons aucune association de protection des consommateurs qui nous unis et veille sur nos intérêts. Alors voilà, je rappelle que la consommation du nouveau gasoil 50 ppm est pratiquement le double par rapport au 350, dans les mêmes conditions de conduite et de déplacements. Je l'ai bien vérifié pendant deux bonnes semaines, et je demande à chacun de le vérifier à son tour. à bon entendeur...
|
|