|
Par Mehdi Sekkouri Alaoui
Football. La seconde vie du FUS
|
Mounir Majidi, secrétaire
particulier du roi, et
président du FUS. (TNIOUNI)
|
Le Fath de Rabat reprend des couleurs depuis larrivée de Majidi à sa tête. Les raisons dune résurrection.
Dimanche 1er février. Le Fath de Rabat reçoit la Renaissance sportive de Settat pour le compte de la 20ème journée du championnat de deuxième division. Et le résultat est sans appel : cinq à zéro. Les supporters rbatis présents au complexe Moulay Abdellah exultent. Avec cette nouvelle victoire, leur équipe préférée affiche 46 points au compteur et caracole en tête de la D2, reléguant son dauphin, le Stade |
|
marocain, à dix longueurs. Les Fussistes peuvent même se targuer dêtre le seul club invaincu depuis le début de la saison, toutes divisions confondues. Un parcours sans faute qui en fait le plus sérieux prétendant pour la remontée parmi lélite de la Botola.
La main du roi
Une chose est sûre, la lune de miel que connaît le FUS nest pas le fruit du hasard, mais dun travail de fond opéré par le comité directeur du club depuis larrivée à sa tête, le 18 décembre 2007, de Mohamed Mounir Majidi. La mission du secrétaire particulier du roi : faire renaître de ses cendres la grande équipe des années 50, 60 et 70, qui a vu défiler Larbi Ben Barek, Hassan Akesbi ou Khalid Labied. Mais aussi, et surtout, en faire un exemple pour les autres clubs marocains. Sensible à la crise que traverse le football national, Mohammed VI nest pas étranger à cette décision, croit savoir ce proche de lentourage royal. En revanche, Majidi, même sil est officiellement président du FUS, ne met pas lui-même la main à la pâte. Très pris par ses fonctions officielles avec le roi, il ne simplique pas dans le quotidien du club.
Il nassiste pas aux entraînements, ni aux matchs, comme le font en temps normal les présidents de club, nous apprend ce journaliste sportif qui suit de près lévolution du FUS. Alors, pour atteindre les objectifs fixés, Majidi délègue. Et pas à nimporte qui. Il parvient sans trop de mal à convaincre des cadors du monde des affaires, des médias et de ladministration, de rejoindre le comité directeur. Parmi eux, Moâtassim Belghazi, PDG de lONA, Mustapha Bakkoury, directeur général de la CDG, Moncef Belkhayat, président du directoire dAtcom, Fayçal Laraïchi, patron de la SNRT, Ali Fassi Fihri, directeur de lONE, Mohamed Boussaïd, ministre du Tourisme. Que du beau monde à laffiche. Jai été contacté une semaine avant lélection du nouveau président. Jai tout de suite dit oui, explique pour sa part Moncef Belkhayat, responsable de la commission marketing, communication et relations institutionnelles du club rbati. Bâtir une véritable locomotive pour le football marocain et doter Rabat, la capitale du Maroc, dune grande équipe digne de ce nom, cest un challenge qui ne se refuse pas, ajoute-t-il.
Que le match commence
Pour tâter le terrain, la dream team de Majidi a commandé un audit du FUS. Les conclusions finales savèrent désastreuses : Nous avons trouvé que le b.a.-ba, en matière de gestion, nétait pas appliqué dans le quotidien du club, explique Moncef Belkhayat. Sans oublier que les installations étaient dans un état de délabrement très avancé, indigne dun club, même de 2ème division. Les dirigeants du FUS sattèlent donc à la remise à niveau des infrastructures du club rbati et, depuis fin 2007, les terrains du FUS, les vestiaires et les locaux administratifs ont été entièrement rénovés. Les joueurs ne sont pas en reste : un car flambant neuf a été acquis pour leurs déplacements et un deuxième devrait bientôt être livré. Pour que léquipe tourne bien, la moindre des choses cest de mettre à sa disposition des conditions de travail de qualité, argumente Moncef Belkhayat.
La nouvelle équipe dirigeante du FUS a aussi mis la main à la poche pour le recrutement. Elle sest même montrée innovante en engageant, à linstar de ce qui se fait dans les clubs professionnels du monde entier, un manager général, Hassan Moumen. Les Rbatis ont également réussi à faire signer lancien keeper des Lions de lAtlas, Khalid Fouhami, qui, malgré le poids de lâge (36 ans), reste à lheure actuelle lun des meilleurs gardiens de buts marocains. Plus récemment, le FUS à jeté son dévolu sur deux jeunes joueurs prometteurs : les deux meilleurs buteurs du championnat junior. Quest-ce qui a convaincu ce beau de monde de signer au FUS ? Nous avons simplement opté pour le club le mieux structuré du pays, répond Khalid Fouhami. Avant de préciser : Daprès mon expérience dans des clubs étrangers, au FUS tout est fait dans les règles de lart pour que les joueurs soient à 100% de leur capacité les jours de match. Lancien portier du Dynamo Bucarest et du Standard de Liège poursuit : Le FUS est lun des rares clubs marocains à rémunérer ses joueurs en temps voulu, avec des salaires souvent supérieurs à ce qui est pratiqué même en 1ère division. Cest très important pour un footballeur, ça le tranquillise et le garde concentré sur son rendement sur le terrain.
Riche et impopulaire
Si le Fath de Rabat se permet autant de folies, cest quil en a les moyens. Et depuis larrivée de Majidi à sa tête, encore plus. En un an, le budget du club a augmenté de 25%, passant de 17,8 millions de dirhams pour la saison 2007/2008 à 22,2 millions de dirhams pour 2008/2009. Cette somme non négligeable fait du FUS lun des clubs les plus riches du royaume. Majidi et son équipe nont pas eu de mal à convaincre de solides sponsors de mettre la main à la poche. Nous nallons pas nous reposer éternellement sur lapport des sponsors, il nous faut diversifier nos sources de revenus, se défend Moncef Belkhayat.
Avant de poursuivre : Par exemple, nous allons développer la vente de produits dérivés, attirer de plus en plus de socios et, de temps à autre, céder des joueurs au prix fort, comme nous venons de vendre un de nos attaquants à un club émirati pour plusieurs millions de dirhams. Si les moyens ne manquent pas au FUS, le public, lui, se fait par contre très discret. Lécrasante majorité des matchs de léquipe rbatie se jouent devant quelques centaines de spectateurs seulement. Nous sommes conscients de cette faiblesse, reconnaît Moncef Belkhayat. Mais nous sommes en train de plancher sérieusement sur cette question pour attirer davantage de spectateurs dans les stades, ajoute-t-il. Comment le FUS compte-t-il sy prendre ? En proposant de meilleures conditions daccueil au public. Un projet de construction dun stade ultramoderne de 30 000 places est à létude.
Et ce nest pas tout : Nous comptons lancer une grosse opération de communication et de merchandising autour du club, qui ne va pas laisser insensibles les Rbatis. Déjà, nous avons conçu une nouvelle identité visuelle du club et créé son site web officiel, annonce Moncef Belkhayat. Cela suffira-t-il ?
|
 |
Omnisport. Les fonds et la forme
Faire de léquipe de football du FUS lune des meilleures du pays nest pas lunique objectif de Mohamed Mounir Majidi. Le secrétaire particulier de Mohammed VI se veut plus ambitieux. Nous souhaitons que le FUS devienne le premier club omnisport marocain, explique Moncef Belkhayat. Et dajouter : Pour y arriver, le comité directeur a établi des contrats dobjectifs avec les différentes sections du club. Ce qui est en soi une première au Maroc. Concrètement, quest-ce que cela veut dire ? Les sections doivent non seulement atteindre leurs objectifs sportifs, mais aussi faire preuve de rigueur et de transparence : Elles sont obligées par exemple de tenir dans les temps leurs assemblées générales. En contrepartie, nous nous engageons à leur fournir tout ce dont elles ont besoin, répond Moncef Belkhayat. Et des moyens, les 18 sections du FUS en ont davantage depuis larrivée de Majidi au FUS. Le volley-ball, le basket-ball et le handball ont eu droit à un relifting total de leur salle couverte, la gymnastique, des équipements flambant neuf, la natation, un nouveau bassin. Même la section échecs a eu droit à un tête-à-tête avec un ancien champion du monde de la discipline, Anatuoly Karpov
|
|
|