N° 359
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

FOOTBALL. La seconde vie du FUS
TENDANCE. Obsèques joyeuses



Par Mehdi Sekkouri Alaoui

Football. La seconde vie du FUS

Mounir Majidi, secrétaire
particulier du roi, et
président du FUS. (TNIOUNI)

Le Fath de Rabat reprend des couleurs depuis l’arrivée de Majidi à sa tête. Les raisons d’une résurrection.


Dimanche 1er février. Le Fath de Rabat reçoit la Renaissance sportive de Settat pour le compte de la 20ème journée du championnat de deuxième division. Et le résultat est sans appel : cinq à zéro. Les supporters rbatis présents au complexe Moulay Abdellah exultent. Avec cette nouvelle victoire, leur équipe préférée affiche 46 points au compteur et caracole en tête de la D2, reléguant son dauphin, le Stade
marocain, à dix longueurs. Les Fussistes peuvent même se targuer d’être le seul club invaincu depuis le début de la saison, toutes divisions confondues. Un parcours sans faute qui en fait le plus sérieux prétendant pour la remontée parmi l’élite de la Botola.

La main du roi
Une chose est sûre, la lune de miel que connaît le FUS n’est pas le fruit du hasard, mais d’un travail de fond opéré par le comité directeur du club depuis l’arrivée à sa tête, le 18 décembre 2007, de Mohamed Mounir Majidi. La mission du secrétaire particulier du roi : faire renaître de ses cendres la grande équipe des années 50, 60 et 70, qui a vu défiler Larbi Ben Barek, Hassan Akesbi ou Khalid Labied. Mais aussi, et surtout, en faire un exemple pour les autres clubs marocains. “Sensible à la crise que traverse le football national, Mohammed VI n’est pas étranger à cette décision”, croit savoir ce proche de l’entourage royal. En revanche, Majidi, même s’il est officiellement président du FUS, ne met pas lui-même la main à la pâte. “Très pris par ses fonctions officielles avec le roi, il ne s’implique pas dans le quotidien du club.

Il n’assiste pas aux entraînements, ni aux matchs, comme le font en temps normal les présidents de club”, nous apprend ce journaliste sportif qui suit de près l’évolution du FUS. Alors, pour atteindre les objectifs fixés, Majidi délègue. Et pas à n’importe qui. Il parvient sans trop de mal à convaincre des cadors du monde des affaires, des médias et de l’administration, de rejoindre le comité directeur. Parmi eux, Moâtassim Belghazi, PDG de l’ONA, Mustapha Bakkoury, directeur général de la CDG, Moncef Belkhayat, président du directoire d’Atcom, Fayçal Laraïchi, patron de la SNRT, Ali Fassi Fihri, directeur de l’ONE, Mohamed Boussaïd, ministre du Tourisme. Que du beau monde à l’affiche. “J’ai été contacté une semaine avant l’élection du nouveau président. J’ai tout de suite dit oui”, explique pour sa part Moncef Belkhayat, responsable de la commission marketing, communication et relations institutionnelles du club rbati. “Bâtir une véritable locomotive pour le football marocain et doter Rabat, la capitale du Maroc, d’une grande équipe digne de ce nom, c’est un challenge qui ne se refuse pas”, ajoute-t-il.

Que le match commence
Pour tâter le terrain, la dream team de Majidi a commandé un audit du FUS. Les conclusions finales s’avèrent désastreuses : “Nous avons trouvé que le b.a.-ba, en matière de gestion, n’était pas appliqué dans le quotidien du club, explique Moncef Belkhayat. Sans oublier que les installations étaient dans un état de délabrement très avancé, indigne d’un club, même de 2ème division.” Les dirigeants du FUS s’attèlent donc à la remise à niveau des infrastructures du club rbati et, depuis fin 2007, les terrains du FUS, les vestiaires et les locaux administratifs ont été entièrement rénovés. Les joueurs ne sont pas en reste : un car flambant neuf a été acquis pour leurs déplacements et un deuxième devrait bientôt être livré. “Pour que l’équipe tourne bien, la moindre des choses c’est de mettre à sa disposition des conditions de travail de qualité”, argumente Moncef Belkhayat.

La nouvelle équipe dirigeante du FUS a aussi mis la main à la poche pour le recrutement. Elle s’est même montrée innovante en engageant, à l’instar de ce qui se fait dans les clubs professionnels du monde entier, un manager général, Hassan Moumen. Les Rbatis ont également réussi à faire signer l’ancien keeper des Lions de l’Atlas, Khalid Fouhami, qui, malgré le poids de l’âge (36 ans), reste à l’heure actuelle l’un des meilleurs gardiens de buts marocains. Plus récemment, le FUS à jeté son dévolu sur deux jeunes joueurs prometteurs : les deux meilleurs buteurs du championnat junior. Qu’est-ce qui a convaincu ce beau de monde de signer au FUS ? “Nous avons simplement opté pour le club le mieux structuré du pays”, répond Khalid Fouhami. Avant de préciser : “D’après mon expérience dans des clubs étrangers, au FUS tout est fait dans les règles de l’art pour que les joueurs soient à 100% de leur capacité les jours de match”. L’ancien portier du Dynamo Bucarest et du Standard de Liège poursuit : “Le FUS est l’un des rares clubs marocains à rémunérer ses joueurs en temps voulu, avec des salaires souvent supérieurs à ce qui est pratiqué même en 1ère division. C’est très important pour un footballeur, ça le tranquillise et le garde concentré sur son rendement sur le terrain.”

Riche et impopulaire
Si le Fath de Rabat se permet autant de folies, c’est qu’il en a les moyens. Et depuis l’arrivée de Majidi à sa tête, encore plus. En un an, le budget du club a augmenté de 25%, passant de 17,8 millions de dirhams pour la saison 2007/2008 à 22,2 millions de dirhams pour 2008/2009. Cette somme non négligeable fait du FUS l’un des clubs les plus riches du royaume. Majidi et son équipe n’ont pas eu de mal à convaincre de solides sponsors de mettre la main à la poche. “Nous n’allons pas nous reposer éternellement sur l’apport des sponsors, il nous faut diversifier nos sources de revenus”, se défend Moncef Belkhayat.

Avant de poursuivre : “Par exemple, nous allons développer la vente de produits dérivés, attirer de plus en plus de socios et, de temps à autre, céder des joueurs au prix fort, comme nous venons de vendre un de nos attaquants à un club émirati pour plusieurs millions de dirhams”. Si les moyens ne manquent pas au FUS, le public, lui, se fait par contre très discret. L’écrasante majorité des matchs de l’équipe rbatie se jouent devant quelques centaines de spectateurs seulement. “Nous sommes conscients de cette faiblesse, reconnaît Moncef Belkhayat. Mais nous sommes en train de plancher sérieusement sur cette question pour attirer davantage de spectateurs dans les stades”, ajoute-t-il. Comment le FUS compte-t-il s’y prendre ? En proposant de meilleures conditions d’accueil au public. Un projet de construction d’un stade ultramoderne de 30 000 places est à l’étude.

Et ce n’est pas tout : “Nous comptons lancer une grosse opération de communication et de merchandising autour du club, qui ne va pas laisser insensibles les Rbatis. Déjà, nous avons conçu une nouvelle identité visuelle du club et créé son site web officiel”, annonce Moncef Belkhayat. Cela suffira-t-il ?



Omnisport. Les fonds et la forme

Faire de l’équipe de football du FUS l’une des meilleures du pays n’est pas l’unique objectif de Mohamed Mounir Majidi. Le secrétaire particulier de Mohammed VI se veut plus ambitieux. “Nous souhaitons que le FUS devienne le premier club omnisport marocain”, explique Moncef Belkhayat. Et d’ajouter : “Pour y arriver, le comité directeur a établi des contrats d’objectifs avec les différentes sections du club. Ce qui est en soi une première au Maroc.” Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ? Les sections doivent non seulement atteindre leurs objectifs sportifs, mais aussi faire preuve de rigueur et de transparence : “Elles sont obligées par exemple de tenir dans les temps leurs assemblées générales. En contrepartie, nous nous engageons à leur fournir tout ce dont elles ont besoin”, répond Moncef Belkhayat. Et des moyens, les 18 sections du FUS en ont davantage depuis l’arrivée de Majidi au FUS. Le volley-ball, le basket-ball et le handball ont eu droit à un relifting total de leur salle couverte, la gymnastique, des équipements flambant neuf, la natation, un nouveau bassin. Même la section “échecs” a eu droit à un tête-à-tête avec un ancien champion du monde de la discipline, Anatuoly Karpov…

 
 
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