N° 360
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ISRAËL. Le retour de Bibi
L'ACTU MONDE



Par Nora Fadlaoui

Israël. Le retour de Bibi

Le leader du Likoud, parti de
droite, devrait prendre la tête
d’une coalition gouvernementale.
(AFP)

Benjamin Netanyahu, appuyé par l’extrême droite, a désormais toutes les chances d’être nommé Premier ministre. Son arrivée menace l’avenir du processus de paix.


“Livni a gagné la bataille, mais va perdre la guerre”, a titré mercredi Maariv, quotidien israélien de centre-droit. Car, au lendemain des élections législatives du mardi 10 février, c’est une ambiguïté sans précédent qui marque le paysage politique. Contre toute attente et les estimations des instituts de sondage, Kadima, le parti de centre-droit
de l’actuelle ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, est arrivé en tête, avec 28 sièges à la Knesset (le parlement israélien), contre 27 pour le Likoud. Mais ce parti de droite a plus de chances de remporter le marathon des alliances pour former une coalition gouvernementale, et son dirigeant, Benjamin Netanyahu, dit Bibi, se dit assuré de devenir Premier ministre. Il est en effet davantage pressenti pour rallier à sa cause la force émergente de ce scrutin à la proportionnelle intégrale : le parti ultranationaliste et raciste Israël Beitenou, arrivé en troisième position avec 15 sièges sur 120. Ce score permet à la formation d’extrême droite de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Aucune coalition ne sera possible sans ce parti d’Avigdor Lieberman, courtisé des deux parts mais plus favorable à travailler avec le Likoud qu’avec Kadima.

9 jours pour choisir
On pourrait aussi imaginer une coalition gouvernementale entre Netanyahu et Livni. Ce type de scénario s’est déjà produit en 1984, avec une alliance entre le Parti travailliste de Shimon Peres, arrivé en tête, et le Likoud de Yitzhak Shamir. Les deux dirigeants avaient alors assumé la fonction de Premier ministre à tour de rôle. Mais Netanyahu ne semble pas disposé à gouverner aux côtés de Livni. Il pourrait disposer de 65 députés, dont ceux d’Israël Beitenou, les religieux du Shass (onze sièges), et les partis arabes, avec qui la chef de file de Kadima refuse de nouer une alliance. De son côté, la ministre des Affaires étrangères ne peut compter que sur le soutien de 55 députés, notamment à cause de la grande dégringolade du Parti travailliste de l’actuel ministre de la Défense Ehud Barack, qui, avec seulement 13 sièges, est relégué au quatrième rang. Le président de l'Etat hébreu, Shimon Peres, a neuf jours à partir de mercredi 11 février pour consulter les chefs de parti et nommer un Premier ministre capable de former un gouvernement.

Mauvaise nouvelle pour Obama
Si la communauté internationale appelle à la poursuite du processus de paix, le virage a droite de l'électorat israélien est une mauvaise nouvelle pour Obama. Le président américain avait fait de la résolution du conflit au Proche-Orient son cheval de bataille en politique etrangère. La nomination de Benjamin Netanyahu, qui refuse de négocier un Etat palestinien, a également de quoi inquiéter Hillary Clinton. La secrétaire d'Etat américaine se rappele certainement des difficultés rencontrées par son mari dans les années 1990, alors que Netanyahu dirigeait déjà le gouvernement israélien. S’ajoutent la percée de l’extrême droite et la présence de nombreux députés hostiles à la solution de deux Etats vivant côte à côte, qui devraient conduire au mieux à la “paralysie” d’un processus de paix bancal, au pire à un regain des violences, et une nouvelle offensive militaire.

 
 
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