N° 360
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Adaptable, applicable

Une dimension supplémentaire manque peut-être à votre dossier “Le Coran : est-il vraiment applicable en tout temps et en tout lieu ?” (TelQuel n°358). Vous semblez oublier que, dans la plupart du temps, le croyant est parfaitement conscient que certains versets sont liés à un contexte spécifique. Exemple : en ce qui concerne la polygamie, voilà une pratique qui semble plus tolérée que véritablement encouragée. Le verset 129 de la sourate 4 est très explicite (“Vous ne serez pas juste envers les femmes même si vous le souhaitez …”), il complète le verset 3 qui stipule que “s’il y a peur de ne pas être équitable, il est recommandé (pour l’homme d’avoir) une seule épouse…”. Les mêmes nuances doivent être apportées à un thème comme l’héritage. Beaucoup de choses ont évolué, depuis les premiers temps de l’islam et, aujourd’hui, rien n’empêche les gens de léguer (par donation, parfaitement légale en islam, et non par testament) leurs biens sans s’en remettre nécessairement aux préceptes de la Charia. En islam, les recours sont possibles, preuve que l’application (adaptée) des textes reste également possible.

Ahmed Benamer, Rabat.


Amours sans voile

Je viens de voir le film Amours voilées : jolie histoire, bon casting, rien à dire. Et pourtant, en dépit de l'extrême naturel des scènes d’amour, tout à fait dénuées de voyeurisme, le film a quand même fait bondir les barbus. C’est déplacé, c’est abusif. Batoul, héroïne du film, porte le voile, prie, etc. Elle reste sur un immense chagrin d'amour et sur un terrible sentiment de culpabilité dont elle essaie de se débarrasser, à 28 ans révolus : où est le mal, quel est le “péché” ? Alors, encourageons nos artistes à continuer d'explorer librement les contradictions de l'âme humaine. C'est leur “indiscipline” qui leur ouvre les portes de la création. C'est par des films comme Où vas-tu Moshé ?, Casanegra, Amours Voilées, que notre cinéma conquiert une identité propre et intéressante en témoignant des contradictions de la vie au Maroc. La vraie vie, loin des dogmes que les bigots cherchent à nous imposer.

Aimé Habib, Casablanca.


Tazmamort, ce n’est pas fini

Je vous félicite pour avoir évoqué le mythe de “Tazmamart” dans votre dossier “Mensonges d'Etat” (TelQuel n°357), mais aussi dans l’article (bonnes feuilles) consacré au livre de Aziz Binebine, Tazmamort. Personnellement, c'est avec beaucoup d’attention que j'avais lu le livre de Ahmed Marzouki Tazmamart cellule 10 et toute la littérature dédiée au sujet. Cela dit, je m’interroge : est-ce que les mutins étaient réellement, comme ils le prétendent tous, de simples exécutants d’ordres émanant de leur hiérarchie militaire ? Logiquement, il est permis d’en douter.

Mehdi Bousfiha, Fès.


Demandez le CV

Je suis fan de TelQuel et j’attends avec impatience de lire un sujet, peut-être tabou, mais qui intéresserait beaucoup de lecteurs : quel est le CV exact de nos personnalités politiques, de nos leaders et de nos guides ? Quel est leur parcours, leur profil, qu’ont-ils étudié et qui sont-ils en fin de compte ? On peut penser que c’est du voyeurisme, mais à mon avis non, pas forcément. Ce n’est pas tout à fait la vie privée des gens qui nous intéresse, mais les “détails” qui ont fait leur succès. Je suis convaincu que cela peut rendre service de lever ainsi le voile sur tous ces CV cachés ou si mal connus.

Younes Chmirrou, Agadir.


Une personne pas normale

Je me suis récemment fait arrêter par un gendarme, sur la route Rabat-Témara. Ce n’est pas très original mais je vous le raconte, quand même. Personnellement, on m’a arrêté parce que je dépassais les 80 kilomètres/heure. Je veux bien, mais d’autres automobilistes, qui roulaient bien plus vite, n’ont pas été arrêtés. La faute aux radars ? Ce n’est pas tout. L’agent m’a expliqué que je devais m’acquitter d’un procès-verbal de 400 dirhams. Quand il a appris que je travaillais moi aussi dans un organisme étatique, il a ramené l’amende à 100 dirhams. Et pour finir, il m’a dit : “Tu n’es pas une personne normale, oublions le procès verbal et donne-moi seulement une cigarette !”. Je vous laisse le soin, à vous, lecteurs de TelQuel, de commenter ce drôle d’incident.

Hami Damiani, Salé.


A la caisse, SVP

Je félicite la Direction générale des impôts pour sa volonté de cibler toutes ces multinationales qui déclarent régulièrement, voire systématiquement, des déficits comptables afin d'échapper à l'IS (Impôts sur les sociétés). Il y a urgence. Il faut savoir en effet que, grâce à un brillant montage basé sur les prix de transfert, des milliards de dirhams échappent indûment aux caisses de l'Etat, privant le Trésor public, et le citoyen marocain, de ressources qui leur reviennent de droit. Cette pratique touche particulièrement le dynamique secteur pharmaceutique où certaines firmes cumulent bizarrement des pertes depuis des années, pendant que leur croissance en termes de chiffre d'affaires dépasse les 10 %. Ces firmes gagnent de l’argent, échappent aux impôts, et font pression sur la ministre de la Santé pour obtenir une augmentation des ppm (prix public maroc) pour compenser leurs “pertes”. En tant que professionnel du secteur, je joins ma voix à toutes celles qui crient : stop !

Younès Bartoudi, Casablanca.
 
 
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