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Par Ayla Mrabet
Evénement. Le Salon se livre
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Plus de 350 exposants
seront présents pour
cette 15ème édition. (TNIOUNI)
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Le Salon international de l'édition et du livre de Casablanca ouvre ses portes. Préface d'une manifestation à la lisière du carrefour culturel et de la foire commerciale.
Le livre, ça se fête. Du best-seller occidental au manuel de guérison du chameau (si si, ouvrage fort intéressant, trouvé au stand de l'Arabie Saoudite en l'an
2007), le SIEL est pour le moins éclectique. Depuis vendredi 13 et jusquau 22 février, les férus de lecture comme les badauds curieux feuilletteront les pages noircies et les ouvrages |
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bariolés des centaines de stands installés. Si lédition 2008 fêtait la France, c'est au tour du Sénégal, et plus largement à l'Afrique subsaharienne, d'être à l'honneur pour la quinzième édition. A quelques jours de l'inauguration, une panique disciplinée a envahi exposants et organisateurs. Certains teneurs de stands maugréent. L'éternel débat à propos de la gestion logistique refait surface, comparant l'installation du salon à un marché aux puces. Les plus pressés, ceux qui ont déjà agencé les lieux, sont les Français, les Belges et les Marocains. Les autres (Syriens, Libanais, Saoudiens, etc.) ne sont pas encore là, ils n'ont encore rien installé, explique ce professionnel du livre. Le bilan, certes pas réjouissant, n'est pas affolant pour autant. Pour mille et une raisons, presque comme d'habitude, des retards de marchandises pas encore livrées de l'étranger se posent. Sans pour autant inquiéter les organisateurs : tout sera mis en place au bon moment, assurent-ils.
Le rouage des pages
Mettre en place le Salon du livre prend un temps fou. Jaouad Mestari, chargé de la division des salons au ministère de la Culture, annonce la couleur. Tout commence en juin avec lenvoi aux exposants des dossiers de candidature. Ensuite, à partir de septembre, cest à la commission du Salon d'éplucher les réponses reçues et de filtrer les dossiers. Le Salon du livre cette année, c'est 23 200 m2, plus de 350 stands et 120 intervenants, poursuit Jaouad Mestari. Mais encore ? Cet événement est surtout un moyen d'humaniser le livre, de faire plaisir au public et lui donner envie de revenir l'année suivante, résume tout autrement le service de (grande) diffusion à la Librairie nationale. Et ça sonne mieux. Pour susciter l'intérêt, le stand français sort le grand jeu : conférences, tables rondes, signatures, invités de marque et surtout, campagne de communication béton. Ce qui n'est pas le fort de l'organisation même du Salon
Du lourd côté plumes
Parmi les intervenants du plus prestigieux Salon du livre du monde arabe, plusieurs auteurs de renom sont attendus cette année. Des signatures qui interpellent et permettent de mobiliser le maximum de monde. Le franco-afghan Atiq Rahimi, prix Goncourt 2008 pour son roman Syngué Sabour-Pierre de patience (éditions POL, 2008), se déplace à Casablanca pour une séance de dédicace et la projection de son film Terre et cendres. Seront également présents Baghgat El Nadi et Adel Rifaat. Ces noms ne vous disent rien? Normal, les deux opposants égyptiens sont plus connus sous leur pseudonyme commun de Mahmoud Hussein, auteur(s) de Versant sud de la liberté (la Découverte, 1993) et de Penser le Coran (Grasset, 2009).
De quoi équilibrer la balance entre les ouvrages islamistes et les essais modérés concernant l'islam. C'est que tous les ouvrages sont bienvenus au SIEL de Casablanca. Il n'y a aucune raison que l'on censure les ouvrages religieux, tonne Jaouad Mestari. La censure est appliquée, par exemple, à des ouvrages qui injurient les prophètes. Exemple : plusieurs livres chiites sont disponibles, mais seuls ceux touchant à la sacralité sunnite sont bannis, ajoute l'homme des salons du ministère de la Culture. Ainsi, l'année dernière, Mein Kampf côtoyait les poèmes de Nizar Kabbani.
A lheure du bilan, personne ne veut se prononcer sur les chiffres d'affaires. Mais la plupart des professionnels du livre répondent d'une seule et même voix concernant les ambitions du Salon : mettre le SIEL au niveau des grands salons européens et faire du livre le fer de lance de l'éducation. On ferme alors les yeux sur les ventes de DVD, qui parsèment les étals, et on se dit qu'on se professionnalise comme on peut
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