N° 361
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

VENEZUELA. Comandante Chavez
CANADA. Hacker et à cri
L'ACTU MONDE



Par Nina Hubinet

Venezuela. Comandante Chavez

Chavez, président à vie ?
(AFP)

Les Vénézuéliens ont approuvé dimanche une révision constitutionnelle qui autorise Hugo Chavez à se présenter indéfiniment aux présidentielles. Mais après le triomphe, Chavez doit faire face à la chute du prix du baril, qui compromet la politique sociale en cours.


“Uh ah, Chavez no se va !”. Non, Chavez ne s’en va pas… Le cri de victoire a retenti dans les rues de Caracas, la capitale du Venezuela, dès la proclamation des premiers résultats dimanche soir. Plus de 54%
des Vénézuéliens ont dit “oui” à une réforme constitutionnelle annulant la limitation du nombre de mandats des élus du pays. Au pouvoir depuis 1998, Hugo Chavez pourra donc à nouveau être candidat en 2012, pour un troisième mandat de six ans. “Avec la victoire d’aujourd’hui nous entrons dans le troisième cycle de la révolution bolivarienne, de 2009 à 2019”, a-t-il lancé dimanche à ses partisans.

Du côté des opposants, on craint que la réforme constitutionnelle n’ouvre la voie à une présidence à vie. Le résultat de cette consultation n’était d’ailleurs pas joué d’avance : les Vénézuéliens avaient répondu “non” à un référendum similaire en décembre 2007. Mais depuis, Chavez a mis en place une machine de propagande. Les partisans du presidente ont fait du porte-à-porte jusqu’à la dernière minute pour convaincre leurs compatriotes de voter “oui”, tandis que toutes les institutions de l’Etat, médias officiels en tête, ont été mobilisées par le pouvoir. “C'était une campagne où David s'est mesuré à Goliath, mais Goliath a gagné”, a écrit Leopoldo Lopez, un des dirigeants de l'opposition, dans le Financial Times au lendemain du référendum.

Ce référendum était aussi une course contre la montre, car ces derniers temps, les nuages s’amoncelaient au-dessus de la révolution bolivarienne, lancée il y a dix ans par Hugo Chavez. Sur le plan intérieur, la criminalité a explosé : 14 700 personnes ont été assassinées au Venezuela en 2008, contre 4 550 en 1998. L’année dernière, Caracas a été élue “ville la plus dangereuse du monde” par la revue américaine Foreign Policy. Aucune politique spécifique de lutte contre la violence n’a été mise en place, le pouvoir chaviste restant persuadé que l’élévation du niveau de vie entraînera inévitablement une baisse de la criminalité. Dans les sondages, l’insécurité est devenue la première préoccupation des Vénézuéliens, devant le coût de la vie et le chômage. Et la violence touche surtout les plus pauvres, base électorale de Chavez.

Mais la principale menace est d’ordre économique : l’effondrement des cours du pétrole risque de contraindre Chavez à un changement de cap. Les exportations de brut fournissent presque la moitié du budget de l’Etat, calculé pour 2009 sur la base d’un baril à 60 dollars. Or le prix du pétrole a plongé à 35 dollars le baril ces derniers jours, alors qu’il dépassait les 140 dollars il y a quelques mois. Certes, les “missions”, généreux programmes sociaux financés grâce à la flambée du pétrole, ont permis de faire reculer la proportion de pauvres de 42,8% de la population en 1999 à 26% en 2008. Cependant, les économistes prédisent maintenant des ajustements douloureux : le président vénézuélien va devoir réduire fortement les dépenses publiques et dévaluer la monnaie nationale, le bolivar, pour maintenir l’économie du pays à flot. Des mesures d’austérité qui risquent d’entamer la popularité du Comandante.

 
 
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