N° 361
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Skhirat : l’autre général

Votre dossier sur le putsch de Skhirat (TelQuel n°359) mérite d’être salué. Cela étant, en tant que fils du général Mohamed Bachir El Bouhali, je m’adresse à vous et à l’opinion publique pour apporter quelques précisions. Ce jour-là, le 10 juillet 1971, le général Oufkir n’a pas “fait appel à ses unités spéciales” pour la simple raison qu’elles n’existaient pas. En réalité, il a convenu avec le général Bachir El Bouhali et ce, sur ordre de Sa Majesté le Roi Hassan II, de mobiliser des troupes et les blindés du BLS pour sécuriser en priorité les bâtiments publics et les accès à Rabat et Salé, ainsi qu’à d’autres villes du royaume. Oufkir ne pouvait donc pas “donner l’ordre” au général El Bouhali de reprendre l’état-major des FAR, et ce pour au moins deux raisons : El Bouhali a proposé à Hassan II, à Skhirat, de reprendre l’état-major, sécuriser les transmissions notamment et piloter la capture des mutins et de leurs chefs. Telle fut la mission assignée à mon père par son chef suprême lui-même : le roi. Oufkir était ministre de l’Intérieur, commandant la sûreté nationale et les Forces auxiliaires, Bachir El Bouhali était major-général des FAR. Ce n’est qu’après le décès de mon père qu’Oufkir s’est vu confier, tard dans la soirée, les pouvoirs civils et militaires, mais durant quelques heures seulement. Par ailleurs, la tonalité de l’interjection de mon père à l’endroit de Ababou doit être resituée dans son contexte : trahison, massacre, arrogance, insubordination, méfiance, etc. Ababou, donc, qui a été à nouveau sérieusement blessé, par une balle tirée par El Bouhali à l’instant même où il tombait sous les balles de Akka, en embuscade. D’un point de vue historique, c’est à ce moment précis que l’état-major a été techniquement “repris” et la tentative de putsch effectivement avortée. Mais à quel prix !
Avec mes cordiales salutations.
Mourad Bachir El Bouhali, fils du général
Mohamed Bachir El Bouhali, Rabat


Clin d’œil

Je suis tombée par hasard sur l’un de vos anciens numéros (TelQuel n°230), sur les confessions d’un ancien tortionnaire de la police secrète marocaine. Bravo, je craignais le racolage, la bien-pensance de gauche, la dénonciation aveugle et sans recul… Pas du tout. Alors bravo, vraiment.
Mélissa Perez, Montreal


Au royaume des architectes

Il y a quelques semaines s’éteignait notre doyen, Ely Azagury, premier diplômé des architectes marocains de souche. Monsieur Azagury (de la région de Zagora) a consacré sa vie et sa longue carrière à tenter de rénover et de revisiter l’architecture marocaine traditionnelle pour la mettre au diapason avec son époque, tout en préservant l’essence même de cette architecture qui en fait l’une des plus authentiques au monde. M. Azagury nous a quittés après une carrière pleine, qui lui a permis de côtoyer des architectes de renommée mondiale. Il était considéré au Maroc comme le père des architectes et tous avaient du respect pour son travail et son intelligence. En 1958, Ely Azagury a été à l’origine de la création de l’Ordre des architectes au Maroc, il a œuvré pour que l’architecte marocain, dont le métier était nouveau à l’époque, soit reconnu et jouisse de tous ses droits auprès des commanditaires et notamment l’administration. Beaucoup de nos architectes sont d’ailleurs ses disciples… Mais voilà, aujourd’hui, j’ai honte. A l’enterrement d’Ely Azagury, nous étions tout au plus une cinquantaine, essentiellement des proches, des amis, des architectes. Mais aucun, je dis bien aucun, des membres du Conseil national des architectes n’était présent à la cérémonie. Personne parmi ceux qui représentent la profession au niveau national n’a jugé utile de faire le déplacement. Je n’ose pas le croire et, aujourd’hui, ma colère a fait place à une certaine lucidité. Je relativise. Après tout, ce Conseil national ne représente presque que lui-même, son président ayant été élu avec 250 voix sur les 8500 que compte le royaume…
Aziz Lazrak, architecte, Casablanca


Vite, les communales !

Il est franchement amusant de relever l’excès de zèle de nos représentants communaux. A Fès, par exemple, les “travaux” se multiplient, les chantiers s’ouvrent et les trous engendrés par les dernières pluies se colmatent. Quel miracle. Tout cela parce que les communales approchent. Alors je vous le demande : pourquoi ne pas envisager une révision de la Constitution, pour raccourcir l’intervalle entre deux élections communales, puisque c’est le seul moyen de voir nos villes en chantier ?
Mehdi Bousfiha, Fès.


A propos du Coran

Dans votre numéro 358, vous nous (vous ?) demandez : “Le Coran est-il applicable en tout temps et en tout lieu ?”. Là, et contrairement à vos habitudes, on sent que l’on n’est plus tout à fait dans le registre de la description, mais bien dans celui de l’opinion, du point de vue, de la “vision”. Je pense pour ma part que le Coran offre une multitude de choix, face à une situation précise. Parce que, effectivement, le contexte change et votre exemple sur le calife Omar est suffisamment évocateur de ce fait. Le Coran laisse une marge de manœuvre importante, résultat de la complexité du monde réel. A bon entendeur.
Redouane Biyoukar, Salé
 
 
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