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Skhirat : lautre général
Votre dossier sur le putsch de Skhirat (TelQuel n°359) mérite dêtre salué. Cela étant, en tant que fils du général Mohamed Bachir El Bouhali, je madresse à vous et à lopinion publique pour apporter quelques précisions. Ce jour-là, le 10 juillet 1971, le général Oufkir na pas fait appel à ses unités spéciales pour la simple raison quelles nexistaient pas. En réalité, il a convenu avec le général Bachir El Bouhali et ce, sur ordre de Sa Majesté le Roi Hassan II, de mobiliser des troupes et les blindés du BLS pour sécuriser en priorité les bâtiments publics et les accès à Rabat et Salé, ainsi quà dautres villes du royaume. Oufkir ne pouvait donc pas donner lordre au général El Bouhali de reprendre létat-major des FAR, et ce pour au moins deux raisons : El Bouhali a proposé à Hassan II, à Skhirat, de reprendre létat-major, sécuriser les transmissions notamment et piloter la capture des mutins et de leurs chefs. Telle fut la mission assignée à mon père par son chef suprême lui-même : le roi. Oufkir était ministre de lIntérieur, commandant la sûreté nationale et les Forces auxiliaires, Bachir El Bouhali était major-général des FAR. Ce nest quaprès le décès de mon père quOufkir sest vu confier, tard dans la soirée, les pouvoirs civils et militaires, mais durant quelques heures seulement. Par ailleurs, la tonalité de linterjection de mon père à lendroit de Ababou doit être resituée dans son contexte : trahison, massacre, arrogance, insubordination, méfiance, etc. Ababou, donc, qui a été à nouveau sérieusement blessé, par une balle tirée par El Bouhali à linstant même où il tombait sous les balles de Akka, en embuscade. Dun point de vue historique, cest à ce moment précis que létat-major a été techniquement repris et la tentative de putsch effectivement avortée. Mais à quel prix !
Avec mes cordiales salutations.
Mourad Bachir El Bouhali, fils du général
Mohamed Bachir El Bouhali, Rabat
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Clin dil
Je suis tombée par hasard sur lun de vos anciens numéros (TelQuel n°230), sur les confessions dun ancien tortionnaire de la police secrète marocaine. Bravo, je craignais le racolage, la bien-pensance de gauche, la dénonciation aveugle et sans recul
Pas du tout. Alors bravo, vraiment.
Mélissa Perez, Montreal |
Au royaume des architectes
Il y a quelques semaines séteignait notre doyen, Ely Azagury, premier diplômé des architectes marocains de souche. Monsieur Azagury (de la région de Zagora) a consacré sa vie et sa longue carrière à tenter de rénover et de revisiter larchitecture marocaine traditionnelle pour la mettre au diapason avec son époque, tout en préservant lessence même de cette architecture qui en fait lune des plus authentiques au monde. M. Azagury nous a quittés après une carrière pleine, qui lui a permis de côtoyer des architectes de renommée mondiale. Il était considéré au Maroc comme le père des architectes et tous avaient du respect pour son travail et son intelligence. En 1958, Ely Azagury a été à lorigine de la création de lOrdre des architectes au Maroc, il a uvré pour que larchitecte marocain, dont le métier était nouveau à lépoque, soit reconnu et jouisse de tous ses droits auprès des commanditaires et notamment ladministration. Beaucoup de nos architectes sont dailleurs ses disciples
Mais voilà, aujourdhui, jai honte. A lenterrement dEly Azagury, nous étions tout au plus une cinquantaine, essentiellement des proches, des amis, des architectes. Mais aucun, je dis bien aucun, des membres du Conseil national des architectes nétait présent à la cérémonie. Personne parmi ceux qui représentent la profession au niveau national na jugé utile de faire le déplacement. Je nose pas le croire et, aujourdhui, ma colère a fait place à une certaine lucidité. Je relativise. Après tout, ce Conseil national ne représente presque que lui-même, son président ayant été élu avec 250 voix sur les 8500 que compte le royaume
Aziz Lazrak, architecte, Casablanca
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Vite, les communales !
Il est franchement amusant de relever lexcès de zèle de nos représentants communaux. A Fès, par exemple, les travaux se multiplient, les chantiers souvrent et les trous engendrés par les dernières pluies se colmatent. Quel miracle. Tout cela parce que les communales approchent. Alors je vous le demande : pourquoi ne pas envisager une révision de la Constitution, pour raccourcir lintervalle entre deux élections communales, puisque cest le seul moyen de voir nos villes en chantier ?
Mehdi Bousfiha, Fès. |
A propos du Coran
Dans votre numéro 358, vous nous (vous ?) demandez : Le Coran est-il applicable en tout temps et en tout lieu ?. Là, et contrairement à vos habitudes, on sent que lon nest plus tout à fait dans le registre de la description, mais bien dans celui de lopinion, du point de vue, de la vision. Je pense pour ma part que le Coran offre une multitude de choix, face à une situation précise. Parce que, effectivement, le contexte change et votre exemple sur le calife Omar est suffisamment évocateur de ce fait. Le Coran laisse une marge de manuvre importante, résultat de la complexité du monde réel. A bon entendeur.
Redouane Biyoukar, Salé |
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