Etats-Unis. John le Marocain
Les élections au Congrès ont mobilisé la communauté marocaine résidant aux USA : John Fritchey a clamé haut et fort ses origines oujdies.
Sourire ultra-bright, photos de famille heureuse, programme politique captivant
John Fritchey est le prototype du candidat parfait pour un siège au Congrès américain, auquel il se présentait. A entendre son nom 100% made in US, impossible de deviner que la mère du candidat démocrate est une Oujdie immigrée aux Etats-Unis (divorcée d'un |
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| ancien vétéran du Vietnam), pas très à l'aise avec la langue de lOncle Sam. Le postulant na pas décroché son ticket de congressman, mais sa candidature a tout de même mobilisé la communauté marocaine des Etats-Unis. Car lors de sa campagne, John Fritchey na pas cessé daffirmer être fier de ses origines et de promettre de défendre sa communauté. De quoi faire le bonheur de Driss Temsamani, président de l'Alliance des Marocains d'Amérique, qui a dédié - à l'actuel procureur adjoint et membre de la Chambre des représentants de l'Etat de l'Illinois - une campagne cybernétique en bonne et due forme : site, groupe Facebook, vidéos en ligne, etc. En seulement dix jours, John Fritchey a même récolté près de 14 000 dollars de la part de donateurs maroco-américains. C'est une première historique que la communauté marocaine se mobilise politiquement. Et ce n'est que le début, lance fièrement Driss Temsamani. Car Fritchey, présenté comme l'accomplissement du rêve américain métissé, est déjà comparé à une autre icône, le président Barack Obama himself. Ayla Mrabet |
Religion.Commandeur et disciples
Pour la première fois, Mohammed VI a désigné par dahirs les guides de deux confréries religieuses : la Tijaniya et la Kettaniya. Explications.
Mise en scène parfaite et lieu idéal pour une première dans le règne de Mohammed VI. Dans la mosquée dAl Qaraouiyine à Fès, le roi a remis personnellement, à Mohamed Lekbir et Abdellati Cherif, les dahirs de nomination, respectivement, de guide des confréries Tijaniya et Kettaniya. Deux formations mystiques dont linfluence spirituelle dépasse les frontières du royaume chérifien. Les sultans du Maroc ont toujours utilisé les dahirs pour accorder leur confiance et leur reconnaissance aux chefs des confréries. Cest une décision spirituelle mais également politique, nous fait remarquer un fin analyste du champ religieux marocain. Le roi intervient ainsi dans ces nominations en tant que Commandeur des croyants et exerce, par ce biais, une forme de régulation de la vie religieuse. Laspect politique de ces nominations ne sarrête pas là. Le contrôle de la confrérie Tijaniya est lobjet dune grande rivalité entre le Maroc et lAlgérie. En 2007, les autorités algériennes ont parrainé une rencontre internationale à Aïn Elmadi, lieu de naissance du fondateur de la Tijaniya, pour affirmer son origine algérienne. La nomination par Mohammed VI du guide de cette confrérie remet ainsi les pendules à lheure. Nommer le même jour et dans le même lieu, les cheikhs de la Tijaniya et de la Kettaniya, est un procédé subtil pour désamorcer toute polémique et affirmer ainsi lautorité spirituelle du roi du Maroc sur la confrérie tijaniya résume cet analyste. Abdellah Tourabi |
Fait divers. Explosion au lycée
Un lycéen de Khénifra est déféré devant le tribunal militaire pour une affaire qui ressemble à un pétard mouillé.
Une farce à un professeur vire au cauchemar pour un lycéen de Khénifra. Âgé de 19 ans, N.B. sera jugé par le tribunal militaire de Rabat pour tentative délibérée de dégradation dun établissement public à laide de produits explosifs et constitution de bande criminelle. En fait, il ne sagit que dune (mauvaise et dangereuse) blague imaginée par le lycéen dans le but...de faire peur à lun de ses enseignants. N.B nayant pas agi seul, ses neuf complices, mineurs, ont été incarcérés à la prison civile de Meknès. En détention préventive depuis vendredi 27 février, ils seront présentés au Parquet le 17 mars. Leurs avocats réclament la liberté provisoire tout en faisant appel à la clémence du tribunal. Un énorme élan de solidarité sest déclenché au sein du lycée Abou Kacem Zayani, où les jeunes détenus poursuivent leurs études en première année de baccalauréat. Selon Mustapha Addari, coordinateur de lAMDH à Khénifra, les camardes des accusés ont observé mercredi 4 mars un sit-in devant lenceinte de létablissement scolaire et ont adressé une lettre ouverte au roi. Les professeurs ont également signé une pétition où ils décrivent ces dix lycéens comme des élèves studieux et brillants. Affaire à suivre
Amal Baba Ali |
Solidarité. Gaza DollArt
Le Maroc à fond avec Gaza. Suivant les instructions royales, Taïeb Fassi Fihri, ministre des Affaires étrangères, a annoncé lors de la conférence internationale des donateurs à Charm El-Cheikh, que le royaume contribuera à hauteur 15 millions de dollars dans leffort de reconstruction de Gaza. Près de 4 millions de dollars ont été collectés grâce au compte spécial de solidarité ouvert auprès de Bank Al-Maghrib, 8 millions de dollars seront ponctionnés sur le budget de lEtat et, enfin, 3 millions seront offerts par l'agence Bayt Mal Al Qods. Et lélan de solidarité envers la Palestine ne sarrête pas là. Le ministère de la Culture a organisé, à la galerie Memoarts, une vente aux enchères au profit de Gaza. 2,35 millions de dirhams ont été encaissés grâce à la vente de toiles et lithographies de 90 artistes (Mahi Binebine, Farid Belkahia, entre autres), confie Abderrahmane Saïdi, patron de la galerie casablancaise. Les plus gros acheteurs : Bank Al-Maghrib, Bayt Mal Al Qods et le ministère de la Culture. En gros, on prend les mêmes et on repasse à la caisse
Ayla Mrabet |
Diffamation. El Himma règle ses comptes
Le torchon brûle pour de bon entre Abdellah Kadiri et Fouad Ali El Himma. Lex-ministre délégué à lIntérieur, sestimant diffamé dans un entretien publié lundi 23 février par Bayane Al Youm, a porté plainte contre lex-secrétaire général du PND et demandé 5 millions de dirhams de dommages et intérêts. Le procès, après une première audience mercredi 4 mars, a été reporté au 25 mars. Par ailleurs, Abdellah Kadiri a déposé, lundi 2 mars, un dossier au ministère de lIntérieur pour la constitution dun nouveau parti : le Parti démocrate national (PDN) dont le nom nest pas sans rappeler le défunt PND (Parti national démocrate). Kadiri emboîte ainsi le pas à Najib Ouazzani qui en a fait de même, le 29 janvier, en ressuscitant le parti Al Ahd sous une nouvelle appellation : Al Ahd Addimocrati. Le PAM, lui, passe déjà à la vitesse supérieure. Vendredi 6 mars, Mohamed Cheikh Biadillah, était attendu à Laâyoune pour y présider la première rencontre régionale. Il enchaînera, par la suite, par une rencontre similaire à Errachidia. Mohammed Boudarham |
Istiqlal-USFP. La guéguerre continue
Les déclarations de Abbas El Fassi ont provoqué lire des dirigeants de lUSFP, qui répondent par un violent communiqué.
La dernière sortie médiatique de Abbas El Fassi, dans les colonnes du quotidien LEconomiste, est venue amplifier les tensions entre le Parti de lIstiqlal et son allié lUnion socialiste des forces populaires (USFP). Mardi 3 mars, le bureau politique de lUSFP sest réuni en urgence pour discuter des propos du Premier ministre, qui avait taclé les socialistes sur leur position vis-à-vis des prélèvements sur les salaires des fonctionnaires grévistes (qui sinscrit en faux avec la décision du gouvernement), ainsi que sur leur déclaration à propos de la réforme constitutionnelle. La majorité des membres du bureau politique de lUSFP était pour une réaction violente à lencontre de lIstiqlal. Seul Abdelouahed Radi, premier secrétaire, a essayé de les raisonner. En vain. Driss Lachgar et ses amis ont obtenu la publication dun communiqué cinglant pour répondre aux propos du Premier ministre. Même Fathallah Oualalou et Lahbib El Malki, généralement modérés, se sont outrés du dérapage du secrétaire général de lIstiqlal. Cet incident en dit long sur les relations entre les deux formations issues du mouvement national. Dailleurs, la majorité des ténors de lUSFP remettent à nouveau sur le tapis la nécessité du retrait du gouvernement El Fassi. Un grand classique. Mouaad Rhandi |
Rif. Les oubliés de Franco
La reconnaissance officielle de linstrumentalisation des soldats rifains lors de la guerre dEspagne fait enfin débat.
Pari réussi pour le Centre pour la mémoire commune. Cette jeune association rifaine a rassemblé historiens, juristes et acteurs associatifs - venus du Maroc et dEspagne lors dun séminaire sur la participation des Marocains dans la guerre dEspagne, organisé à Tétouan, du 27 février au 1er mars. Les débats ont mis en avant tous les obstacles à une reconnaissance officielle de linstrumentalisation des Marocains dans cette guerre civile qui a secoué la péninsule ibérique de 1936 à 1939. Le processus de commémoration des victimes du franquisme savère très controversé chez les voisins du nord. Une loi votée en 2007, dite de mémoire historique, a permis quelques avancées, mais elle ne sapplique quaux civils assassinés et pas aux combattants. En plus, cest par larmée rebelle des franquistes que les soldats marocains ont été recrutés, pour renverser le gouvernement légitime du Front Populaire. Si Franco lui-même na pas reconnu ses anciens combattants du Maroc une fois au pouvoir, ce nest pas à la démocratie de le faire, argumente Santiago Macias, vice-président de lAssociation de récupération de la mémoire historique. La seule échappatoire serait donc dintégrer le cas de ces oubliés dans le cadre des mesures de reconnaissance des crimes du colonialisme. Le hic : ce débat na jamais été entamé en Espagne. Un jour, inchallah
Zoé Deback |
Foot. Bagarreurs des pelouses
On savait le football marocain violent et indiscipliné, mais pas à ce point. Le week-end du 28 au 1er mars vient de nous le rappeler. Rien quen GNF 1, championnat regroupant lélite du football national, deux matches, les sommets de la journée, ont donné lieu à des débordements aussi graves que surprenants. A El Jadida, où le club local, 2ème au classement, recevait les FAR (0-1), quatrièmes, larbitre du match, menacé tant par les supporteurs que par les joueurs et dirigeants des deux équipes, a eu besoin de la protection de la police pour pouvoir quitter laire de jeu. A Laâyoune, où le leader le Raja se déplaçait chez léquipe dAl Massira, cela fut pire : le match sest soldé par un nul (1-1), mais larbitrage a été contesté par les deux camps. Un dirigeant de Laâyoune a tenté dagresser larbitre central en plein match. Plus tard, quand les deux équipes se sont retrouvées dans le hall de laéroport de Laâyoune, des joueurs du Raja et dAl Massira ont failli en venir aux mains
Samir Achehbar |
Hassan El Haski. Blanchi puis condamné
La joie de Hassan El Haski, présumé membre influent du Groupe islamique combattant marocain (GICM), aura été de courte durée. Après avoir été blanchi, le 5 février, par la justice marocaine, qui le poursuivait pour son implication dans les attentats du 16 mai 2003, celui quon surnomme Abou Hamza a finalement écopé en appel de dix ans de prison. Le verdict, prononcé lundi 2 mars, a pris de court la défense. Le procès en appel nous laisse un goût amer par son caractère expéditif. Les débats nont pas dépassé une dizaine de minutes, commente son avocat, Me Khalil El Idrissi, qui affirme avoir déjà déposé un recours en cassation. En attendant, El Haski, incarcéré à Salé, a décidé dentamer une grève illimitée de la faim. Pour ne rien arranger, lEspagne où il a déjà été extradé provisoirement, en septembre dernier, pourrait demander de le récupérer à nimporte quel moment. Il y purgeait une peine de prison de 14 ans pour son implication dans les attentats de Madrid. Mohammed Boudarham |
Saâd Houssaini. Le chimiste dAl Qaïda
Cinq années de cavale, un an de procès et, enfin, un verdict de 15 ans de prison ferme. Portrait dun terroriste (presque) ordinaire.
On le présente comme le chimiste du Groupe islamique combattant marocain (GICM), groupuscule proche dAl Qaïda. Pendant des années, il a été lun des présumés terroristes les plus recherchés du royaume. Il est finalement tombé entre les mains de la BNPJ, en mars 2007 à Casablanca, suite à une opération policière digne des séries américaines. Saâd Houssaïni a suivi, selon les éléments de son acte daccusation, le parcours du terroriste exemplaire. Cest dans les années 1990 quil embarque pour lAfghanistan, diplôme universitaire de chimie en poche. Avec les Moujahidine, il sexerce au maniement des armes automatiques et à la fabrication d'explosifs. De retour au Maroc en 2002, il se serait attelé à activer des cellules du GICM. Après les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, Houssaïni disparaît des radars pour se consacrer à une cellule de recrutement pour le jihad en Irak. Son palmarès dépasse les frontières. En Espagne, on le soupçonne toujours davoir été mêlé aux attentats du 11 mars 2004 à Madrid. Houssaïni vient dêtre condamné, par le Tribunal de Salé, à 15 ans de prison pour divers actes terroristes. Un détenu islamiste de plus
Mohamed El Hamraoui |
Technologies. Le Maroc bon élève
L'Union internationale des télécommunications (UIT), affiliée à l'ONU, vient de rendre public son dernier rapport sur l'évolution des technologies de linformation et de la communication (TIC). 154 pays y sont classés et, bonne nouvelle, le Maroc a gagné 10 rangs depuis 2002, en grimpant de la 111ème position à la 101ème, passant dun indice de développement de 1,37 à 2,34. Le royaume signe ainsi la deuxième meilleure progression dAfrique, après lIle Maurice. Le rapport de lUIT définit aussi un sous-indice daccès au TIC, portant sur le taux de pénétration du téléphone fixe et mobile, de linternet, et du nombre de ménages disposant dordinateurs et dinternet. Et là encore, lindice marocain sest sensiblement amélioré en passant de 1,64 en 2002 à 3,03 en 2007, soit la plus importante progression du Maghreb. Seul bémol : le prix. Au Maroc, laccès aux TIC coûte encore trop cher, et cela ne peut que ralentir leur développement. Sonia Terrab |
École. Des sous pour remplir les bancs
Tayssir, le programme daide à léducation dans le monde rural, prend forme. Les 46 661 ménages bénéficiaires viennent dencaisser le premier chèque. Initié récemment par le ministère de lEducation nationale, Tayssir octroie des bourses aux familles démunies afin que leurs enfants ne délaissent pas les bancs de lécole. Nous nous sommes appuyés sur la cartographie de la pauvreté établie par le Haut commissariat au plan pour identifier les régions prioritaires. Aujourdhui, près de 70 000 écoliers répartis sur 139 communes rurales bénéficient de cette assistance, explique Kinani Habib, chargé de piloter ce programme. Doté dun budget de 50 millions de dirhams, le projet octroie à chaque écolier une aide mensuelle de 60 DH durant les deux premières années du primaire. La somme sarrondit au fil du cursus pour atteindre 100 DH en 5ème et 6ème années. Un montant dérisoire, mais suffisant pour lutter contre labandon scolaire, selon le responsable du projet. Depuis lannonce de ce plan, un net recul de labsentéisme a été relevé. Amal Baba Ali |
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