N° 363
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

8 MARS. Combats de femmes
SAHARA. La face cachée du Corcas
SAMIR BERGACHI. La situation des homosexuels s’est améliorée
L'ACTU MAROC



Etats-Unis. John le Marocain

John Fritchey. (DR)

Les élections au Congrès ont mobilisé la communauté marocaine résidant aux USA : John Fritchey a clamé haut et fort ses origines oujdies.


Sourire ultra-bright, photos de famille heureuse, programme politique captivant… John Fritchey est le prototype du candidat parfait pour un siège au Congrès américain, auquel il se présentait. A entendre son nom 100% made in US, impossible de deviner que la mère du candidat démocrate est une Oujdie immigrée aux Etats-Unis (divorcée d'un
ancien vétéran du Vietnam), pas très à l'aise avec la langue de l’Oncle Sam. Le postulant n’a pas décroché son ticket de congressman, mais sa candidature a tout de même mobilisé la communauté marocaine des Etats-Unis. Car lors de sa campagne, John Fritchey n’a pas cessé d’affirmer être fier de ses origines et de promettre de défendre sa communauté. De quoi faire le bonheur de Driss Temsamani, président de l'Alliance des Marocains d'Amérique, qui a dédié - à l'actuel procureur adjoint et membre de la Chambre des représentants de l'Etat de l'Illinois - une campagne cybernétique en bonne et due forme : site, groupe Facebook, vidéos en ligne, etc. En seulement dix jours, John Fritchey a même récolté près de 14 000 dollars de la part de donateurs maroco-américains. “C'est une première historique que la communauté marocaine se mobilise politiquement. Et ce n'est que le début”, lance fièrement Driss Temsamani. Car Fritchey, présenté comme l'accomplissement du rêve américain métissé, est déjà comparé à une autre icône, le président Barack Obama himself. Ayla Mrabet


Religion.Commandeur et disciples
Pour la première fois, Mohammed VI a désigné par dahirs les guides de deux confréries religieuses : la Tijaniya et la Kettaniya. Explications.

Mise en scène parfaite et lieu idéal pour une première dans le règne de Mohammed VI. Dans la mosquée d’Al Qaraouiyine à Fès, le roi a remis personnellement, à Mohamed Lekbir et Abdellati Cherif, les dahirs de nomination, respectivement, de guide des confréries Tijaniya et Kettaniya. Deux formations mystiques dont l’influence spirituelle dépasse les frontières du royaume chérifien. “Les sultans du Maroc ont toujours utilisé les dahirs pour accorder leur confiance et leur reconnaissance aux chefs des confréries. C’est une décision spirituelle mais également politique”, nous fait remarquer un fin analyste du champ religieux marocain. Le roi intervient ainsi dans ces nominations en tant que Commandeur des croyants et exerce, par ce biais, une forme de régulation de la vie religieuse. L’aspect politique de ces nominations ne s’arrête pas là. Le contrôle de la confrérie Tijaniya est l’objet d’une grande rivalité entre le Maroc et l’Algérie. En 2007, les autorités algériennes ont parrainé une rencontre internationale à Aïn Elmadi, lieu de naissance du fondateur de la Tijaniya, pour affirmer son origine “algérienne”. La nomination par Mohammed VI du guide de cette confrérie remet ainsi les pendules à l’heure. “Nommer le même jour et dans le même lieu, les cheikhs de la Tijaniya et de la Kettaniya, est un procédé subtil pour désamorcer toute polémique et affirmer ainsi l’autorité spirituelle du roi du Maroc sur la confrérie tijaniya” résume cet analyste. Abdellah Tourabi


Fait divers. Explosion au lycée
Un lycéen de Khénifra est déféré devant le tribunal militaire pour une affaire qui ressemble à un pétard mouillé.

Une farce à un professeur vire au cauchemar pour un lycéen de Khénifra. Âgé de 19 ans, N.B. sera jugé par le tribunal militaire de Rabat pour “tentative délibérée de dégradation d’un établissement public à l’aide de produits explosifs et constitution de bande criminelle”. En fait, il ne s’agit que d’une (mauvaise et dangereuse) blague imaginée par le lycéen dans le but...de faire peur à l’un de ses enseignants. N.B n’ayant pas agi seul, ses neuf complices, mineurs, ont été incarcérés à la prison civile de Meknès. En détention préventive depuis vendredi 27 février, ils seront présentés au Parquet le 17 mars. Leurs avocats réclament la liberté provisoire tout en faisant appel à la clémence du tribunal. Un énorme élan de solidarité s’est déclenché au sein du lycée Abou Kacem Zayani, où les jeunes détenus poursuivent leurs études en première année de baccalauréat. Selon Mustapha Addari, coordinateur de l’AMDH à Khénifra, “les camardes des accusés ont observé mercredi 4 mars un sit-in devant l’enceinte de l’établissement scolaire et ont adressé une lettre ouverte au roi”. Les professeurs ont également signé une pétition où ils décrivent ces dix lycéens comme des élèves studieux et brillants. Affaire à suivre… Amal Baba Ali


Solidarité. Gaza Doll’Art

Le Maroc à fond avec Gaza. Suivant les instructions royales, Taïeb Fassi Fihri, ministre des Affaires étrangères, a annoncé lors de la conférence internationale des donateurs à Charm El-Cheikh, que le royaume contribuera à hauteur 15 millions de dollars dans l’effort de reconstruction de Gaza. Près de 4 millions de dollars ont été collectés grâce au compte spécial de solidarité ouvert auprès de Bank Al-Maghrib, 8 millions de dollars seront ponctionnés sur le budget de l’Etat et, enfin, 3 millions seront offerts par l'agence Bayt Mal Al Qods. Et l’élan de solidarité envers la Palestine ne s’arrête pas là. Le ministère de la Culture a organisé, à la galerie Memoarts, une vente aux enchères au profit de Gaza. “2,35 millions de dirhams ont été encaissés grâce à la vente de toiles et lithographies de 90 artistes (Mahi Binebine, Farid Belkahia, entre autres)”, confie Abderrahmane Saïdi, patron de la galerie casablancaise. Les plus gros acheteurs : Bank Al-Maghrib, Bayt Mal Al Qods et le ministère de la Culture. En gros, on prend les mêmes et on repasse à la caisse… Ayla Mrabet


Diffamation. El Himma règle ses comptes

Le torchon brûle pour de bon entre Abdellah Kadiri et Fouad Ali El Himma. L’ex-ministre délégué à l’Intérieur, s’estimant diffamé dans un entretien publié lundi 23 février par Bayane Al Youm, a porté plainte contre l’ex-secrétaire général du PND et demandé 5 millions de dirhams de dommages et intérêts. Le procès, après une première audience mercredi 4 mars, a été reporté au 25 mars. Par ailleurs, Abdellah Kadiri a déposé, lundi 2 mars, un dossier au ministère de l’Intérieur pour la constitution d’un nouveau parti : le Parti démocrate national (PDN) dont le nom n’est pas sans rappeler le défunt PND (Parti national démocrate). Kadiri emboîte ainsi le pas à Najib Ouazzani qui en a fait de même, le 29 janvier, en “ressuscitant” le parti Al Ahd sous une nouvelle appellation : Al Ahd Addimocrati. Le PAM, lui, passe déjà à la vitesse supérieure. Vendredi 6 mars, Mohamed Cheikh Biadillah, était attendu à Laâyoune pour y présider la première rencontre régionale. Il enchaînera, par la suite, par une rencontre similaire à Errachidia. Mohammed Boudarham


Istiqlal-USFP. La guéguerre continue
Les déclarations de Abbas El Fassi ont provoqué l’ire des dirigeants de l’USFP, qui répondent par un violent communiqué.

La dernière sortie médiatique de Abbas El Fassi, dans les colonnes du quotidien L’Economiste, est venue amplifier les tensions entre le Parti de l’Istiqlal et son allié l’Union socialiste des forces populaires (USFP). Mardi 3 mars, le bureau politique de l’USFP s’est réuni en urgence pour discuter des propos du Premier ministre, qui avait taclé les socialistes sur leur position vis-à-vis des prélèvements sur les salaires des fonctionnaires grévistes (qui s’inscrit en faux avec la décision du gouvernement), ainsi que sur leur déclaration à propos de la réforme constitutionnelle. La majorité des membres du bureau politique de l’USFP était pour une réaction violente à l’encontre de l’Istiqlal. Seul Abdelouahed Radi, premier secrétaire, a essayé de les raisonner. En vain. Driss Lachgar et ses amis ont obtenu la publication d’un communiqué cinglant pour répondre aux propos du Premier ministre. Même Fathallah Oualalou et Lahbib El Malki, généralement modérés, se sont outrés du “dérapage” du secrétaire général de l’Istiqlal. Cet incident en dit long sur les relations entre les deux formations issues du mouvement national. D’ailleurs, la majorité des ténors de l’USFP remettent à nouveau sur le tapis la nécessité du retrait du gouvernement El Fassi. Un grand classique. Mouaad Rhandi


Rif. Les oubliés de Franco
La reconnaissance officielle de l’instrumentalisation des soldats rifains lors de la guerre d’Espagne fait enfin débat.

Pari réussi pour le Centre pour la mémoire commune. Cette jeune association rifaine a rassemblé historiens, juristes et acteurs associatifs - venus du Maroc et d’Espagne – lors d’un séminaire sur la participation des Marocains dans la guerre d’Espagne, organisé à Tétouan, du 27 février au 1er mars. Les débats ont mis en avant tous les obstacles à une reconnaissance officielle de l’instrumentalisation des Marocains dans cette guerre civile qui a secoué la péninsule ibérique de 1936 à 1939. Le processus de commémoration des victimes du franquisme s’avère très controversé chez les voisins du nord. Une loi votée en 2007, dite “de mémoire historique”, a permis quelques avancées, mais elle ne s’applique qu’aux civils assassinés et pas aux combattants. En plus, c’est par l’armée “rebelle” des franquistes que les soldats marocains ont été recrutés, pour renverser le gouvernement légitime du Front Populaire. “Si Franco lui-même n’a pas reconnu ses anciens combattants du Maroc une fois au pouvoir, ce n’est pas à la démocratie de le faire”, argumente Santiago Macias, vice-président de l’Association de récupération de la mémoire historique. La seule échappatoire serait donc d’intégrer le cas de ces “oubliés” dans le cadre des mesures de reconnaissance des crimes du colonialisme. Le hic : ce débat n’a jamais été entamé en Espagne. Un jour, inchallah… Zoé Deback


Foot. Bagarreurs des pelouses

On savait le football marocain violent et indiscipliné, mais pas à ce point. Le week-end du 28 au 1er mars vient de nous le rappeler. Rien qu’en GNF 1, championnat regroupant l’élite du football national, deux matches, les sommets de la journée, ont donné lieu à des débordements aussi graves que surprenants. A El Jadida, où le club local, 2ème au classement, recevait les FAR (0-1), quatrièmes, l’arbitre du match, menacé tant par les supporteurs que par les joueurs et dirigeants des deux équipes, a eu besoin de la protection de la police pour pouvoir quitter l’aire de jeu. A Laâyoune, où le leader le Raja se déplaçait chez l’équipe d’Al Massira, cela fut pire : le match s’est soldé par un nul (1-1), mais l’arbitrage a été contesté par les deux camps. Un dirigeant de Laâyoune a tenté d’agresser l’arbitre central en plein match. Plus tard, quand les deux équipes se sont retrouvées dans le hall de l’aéroport de Laâyoune, des joueurs du Raja et d’Al Massira ont failli en venir aux mains… Samir Achehbar


Hassan El Haski. Blanchi puis condamné

La joie de Hassan El Haski, présumé membre influent du Groupe islamique combattant marocain (GICM), aura été de courte durée. Après avoir été blanchi, le 5 février, par la justice marocaine, qui le poursuivait pour son implication dans les attentats du 16 mai 2003, celui qu’on surnomme “Abou Hamza” a finalement écopé en appel de dix ans de prison. Le verdict, prononcé lundi 2 mars, a pris de court la défense. “Le procès en appel nous laisse un goût amer par son caractère expéditif. Les débats n’ont pas dépassé une dizaine de minutes”, commente son avocat, Me Khalil El Idrissi, qui affirme avoir déjà déposé un recours en cassation. En attendant, El Haski, incarcéré à Salé, a décidé d’entamer une grève illimitée de la faim. Pour ne rien arranger, l’Espagne où il a déjà été extradé provisoirement, en septembre dernier, pourrait demander de le récupérer à n’importe quel moment. Il y purgeait une peine de prison de 14 ans pour son implication dans les attentats de Madrid. Mohammed Boudarham


Saâd Houssaini. Le chimiste d’Al Qaïda
Cinq années de cavale, un an de procès et, enfin, un verdict de 15 ans de prison ferme. Portrait d’un terroriste (presque) ordinaire.

On le présente comme le chimiste du Groupe islamique combattant marocain (GICM), groupuscule proche d’Al Qaïda. Pendant des années, il a été l’un des présumés terroristes les plus recherchés du royaume. Il est finalement tombé entre les mains de la BNPJ, en mars 2007 à Casablanca, suite à une opération policière digne des séries américaines. Saâd Houssaïni a suivi, selon les éléments de son acte d’accusation, le parcours du terroriste exemplaire. C’est dans les années 1990 qu’il embarque pour l’Afghanistan, diplôme universitaire de chimie en poche. Avec les Moujahidine, il s’exerce au maniement des armes automatiques et à la fabrication d'explosifs. De retour au Maroc en 2002, il se serait attelé à activer des cellules du GICM. Après les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, Houssaïni disparaît des radars pour se consacrer à une cellule de recrutement pour le jihad en Irak. Son palmarès dépasse les frontières. En Espagne, on le soupçonne toujours d’avoir été mêlé aux attentats du 11 mars 2004 à Madrid. Houssaïni vient d’être condamné, par le Tribunal de Salé, à 15 ans de prison pour divers actes terroristes. Un détenu islamiste de plus… Mohamed El Hamraoui


Technologies. Le Maroc bon élève

L'Union internationale des télécommunications (UIT), affiliée à l'ONU, vient de rendre public son dernier rapport sur l'évolution des technologies de l’information et de la communication (TIC). 154 pays y sont classés et, bonne nouvelle, le Maroc a gagné 10 rangs depuis 2002, en grimpant de la 111ème position à la 101ème, passant d’un indice de développement de 1,37 à 2,34. Le royaume signe ainsi la deuxième meilleure progression d’Afrique, après l’Ile Maurice. Le rapport de l’UIT définit aussi un sous-indice d’accès au TIC, portant sur le taux de pénétration du téléphone fixe et mobile, de l’internet, et du nombre de ménages disposant d’ordinateurs et d’internet. Et là encore, l’indice marocain s’est sensiblement amélioré en passant de 1,64 en 2002 à 3,03 en 2007, soit la plus importante progression du Maghreb. Seul bémol : le prix. Au Maroc, l’accès aux TIC coûte encore trop cher, et cela ne peut que ralentir leur développement. Sonia Terrab


École. Des sous pour remplir les bancs

Tayssir, le programme d’aide à l’éducation dans le monde rural, prend forme. Les 46 661 ménages bénéficiaires viennent d’encaisser le premier chèque. Initié récemment par le ministère de l’Education nationale, Tayssir octroie des bourses aux familles démunies afin que leurs enfants ne délaissent pas les bancs de l’école. “Nous nous sommes appuyés sur la cartographie de la pauvreté établie par le Haut commissariat au plan pour identifier les régions prioritaires. Aujourd’hui, près de 70 000 écoliers répartis sur 139 communes rurales bénéficient de cette assistance”, explique Kinani Habib, chargé de piloter ce programme. Doté d’un budget de 50 millions de dirhams, le projet octroie à chaque écolier une aide mensuelle de 60 DH durant les deux premières années du primaire. La somme s’arrondit au fil du cursus pour atteindre 100 DH en 5ème et 6ème années. Un montant dérisoire, mais suffisant pour lutter contre l’abandon scolaire, selon le responsable du projet. “Depuis l’annonce de ce plan, un net recul de l’absentéisme a été relevé.” Amal Baba Ali
 
 
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