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Dima dima darija
Les Marocains, les Algériens, les Tunisiens et les autres ne parleront jamais en arabe classique car la langue est une économie de temps et dénergie. De grands linguistes lont affirmé, tous les hommes parlent simple et donc économique. Larabe dialectal, cest aujourdhui notre réalité quotidienne. Larabe littéral reste la langue de la presse. Une langue qui nest pas située au cur du quotidien des populations marocaines. Il y a un vrai fossé qui sépare ces deux mondes. Nous parlons une langue et nous en écrivons une autre. Beaucoup de peuples ont revisité leurs langues nationales, les ont réformées et adaptées aux besoins des réalités des temps modernes. Je pense aux Chinois, aux Japonais, aux Israéliens et à dautres nations. Alors pourquoi pas nous ? Aujourdhui, presque tous les peuples du monde parlent et écrivent la même langue, sauf probablement les peuples arabes qui parlent des dialectes et écrivent en classique. Cette situation curieuse crée de grands problèmes de communication, mais, en plus, elle fait de nous des peuples à tradition orale, alors que tout nous impose lécrit. De lemail au SMS, nous sommes entrés dans une ère de communication technologique extraordinaire. A longueur de journée, nous écrivons des messages électroniques pensés et exprimés en arabe dialectal, mais écrits en alphabet latin. Pourtant, la darija a montré ses capacités à être aussi une langue de littérature. Il est urgent de repenser le dialectal marocain, de lui rendre une dimension écrite, de le cultiver, de lenrichir, car faire ces gestes envers cette langue cest cultiver lidentité marocaine, lenrichir et la rendre encore plus facilement accessible. Repenser le dialectal marocain, cest certainement lui rendre son droit dêtre une langue écrite, et donc rendre aux Marocains le droit de retrouver une tradition écrite. Repenser le dialectal marocain, cest sortir notre culture de ses limites locales, cest la rendre plus accessible, et participer à son rayonnement culturel.
Mostafa Maadour, Bruxelles |
Coup de chapeau
Je souhaite exprimer ma grande admiration pour lécrivain Abdellah Taïa, qui a refusé linvitation de lEspagne pour assister au festival de Carthagène, prévu en juillet 2009, en réaction à lexclusion de Nadia Yassine et Ali Lmrabet. J'ai beaucoup apprécié le courage et l'audace de lécrivain. Encore une fois, Abdellah Taïa montre quil est bien parmi les rares plumes du Maroc à avoir une position claire. Il naime pas à moitié et décrit de façon instinctive laccroche des curs et des corps, la dépendance de celui qui aime et qui se livre totalement. Bravo.
Idir Ouguindi, Casablanca |
Bon week-end
18h approche, cest la fin dune fatigante semaine. Jai une petite pensée pour TelQuel, le magazine qui nous accompagne tout au long du week-end. Cest un travail excellentissime que vous faites : pas besoin de suivre les news tout au long de la semaine, vous nous mettez un récap complet.
Kamal Hajji, Rabat
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Cri de femme
TelQuel a souvent parlé des taxis, mais pas assez des transports en commun, les bus principalement. Jestime, en tant que femme, devoir dénoncer haut et fort les tapotements sur les fesses que nous subissons chaque jour, en plus du trajet pénible que nous effectuons pour nous rendre au travail. Ce nest pas parce que nous prenons le bus que nous sommes des femmes faciles. Un peu de retenue messieurs
Abla Bilouti, Rabat
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Khattabi junior
Je tiens tout dabord à saluer votre enquête sur la vie et luvre de mon grand-père, Mohamed Ben Abdelkrim Khattabi (TelQuel n°360). Je voudrais toutefois vous faire part dun point de désaccord qui me semble essentiel, même si la même erreur sest déjà retrouvée dans certains ouvrages consacrés à Abdelkrim : à ma connaissance, mon grand-père na jamais demandé que ses fils servent sous le drapeau français pendant la Seconde guerre mondiale. Cétait même contraire à ses principes. En tout état de cause, aucune archive officielle na été rendue publique à ce sujet
Abdelkrim Khattabi, petit fils du grand Abdelkrim, héros de la guerre du Rif |
Egalité et réalité
Alors que la nouvelle Moudawana devait instaurer légalité entre hommes et femmes, au moins devant la justice, beaucoup de chemin reste à faire. Au-delà de toutes les questions soulevées et les tabous abolis, le législateur semble avoir oublié de faciliter la vie de couple en donnant à la femme la vraie place quelle y occupe. Ma femme vient de donner naissance à notre enfant, et jétais très surpris au vu de tous les documents administratifs que seul le père est habilité à signer. Mon épouse, qui a porté notre enfant pendant 9 mois, na même pas le droit den déclarer la naissance. Le père doit remplir tous les documents auprès de la clinique où l'accouchement a eu lieu. Idem pour le livret de famille, les premiers actes de naissance, de vie, la déclaration à la CNSS, la mutuelle, etc. La signature de la femme ne suffit donc pas, soit. Mais on ne demande même pas une copie de l'acte de mariage. A croire que lunique présence dun homme, qui reconnaît que l'enfant est de lui, suffit.
Abdeslam Acharki, Casablanca |
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