N° 363
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Dima dima darija

Les Marocains, les Algériens, les Tunisiens et les autres ne parleront jamais en arabe classique car la langue est une économie de temps et d’énergie. De grands linguistes l’ont affirmé, tous les hommes parlent simple et donc économique. L’arabe dialectal, c’est aujourd’hui notre réalité quotidienne. L’arabe littéral reste la langue de la presse. Une langue qui n’est pas située au cœur du quotidien des populations marocaines. Il y a un vrai fossé qui sépare ces deux mondes. Nous parlons une langue et nous en écrivons une autre. Beaucoup de peuples ont revisité leurs langues nationales, les ont réformées et adaptées aux besoins des réalités des temps modernes. Je pense aux Chinois, aux Japonais, aux Israéliens et à d’autres nations. Alors pourquoi pas nous ? Aujourd’hui, presque tous les peuples du monde parlent et écrivent la même langue, sauf probablement les peuples arabes qui parlent des dialectes et écrivent en classique. Cette situation curieuse crée de grands problèmes de communication, mais, en plus, elle fait de nous des peuples à tradition orale, alors que tout nous impose l’écrit. De l’email au SMS, nous sommes entrés dans une ère de communication technologique extraordinaire. A longueur de journée, nous écrivons des messages électroniques pensés et exprimés en arabe dialectal, mais écrits en alphabet latin. Pourtant, la darija a montré ses capacités à être aussi une langue de littérature. Il est urgent de repenser le dialectal marocain, de lui rendre une dimension écrite, de le cultiver, de l’enrichir, car faire ces gestes envers cette langue c’est cultiver l’identité marocaine, l’enrichir et la rendre encore plus facilement accessible. Repenser le dialectal marocain, c’est certainement lui rendre son droit d’être une langue écrite, et donc rendre aux Marocains le droit de retrouver une tradition écrite. Repenser le dialectal marocain, c’est sortir notre culture de ses limites locales, c’est la rendre plus accessible, et participer à son rayonnement culturel.
Mostafa Maadour, Bruxelles


Coup de chapeau

Je souhaite exprimer ma grande admiration pour l’écrivain Abdellah Taïa, qui a refusé l’invitation de l’Espagne pour assister au festival de Carthagène, prévu en juillet 2009, en réaction à l’exclusion de Nadia Yassine et Ali Lmrabet. J'ai beaucoup apprécié le courage et l'audace de l’écrivain. Encore une fois, Abdellah Taïa montre qu’il est bien parmi les rares plumes du Maroc à avoir une position claire. Il n’aime pas à moitié et décrit de façon instinctive l’accroche des cœurs et des corps, la dépendance de celui qui aime et qui se livre totalement. Bravo.
Idir Ouguindi, Casablanca


Bon week-end

18h approche, c’est la fin d’une fatigante semaine. J’ai une petite pensée pour TelQuel, le magazine qui nous accompagne tout au long du week-end. C’est un travail excellentissime que vous faites : pas besoin de suivre les news tout au long de la semaine, vous nous mettez un récap’ complet.
Kamal Hajji, Rabat


Cri de femme

TelQuel a souvent parlé des taxis, mais pas assez des transports en commun, les bus principalement. J’estime, en tant que femme, devoir dénoncer haut et fort les tapotements sur les fesses que nous subissons chaque jour, en plus du trajet pénible que nous effectuons pour nous rendre au travail. Ce n’est pas parce que nous prenons le bus que nous sommes des femmes faciles. Un peu de retenue messieurs…
Abla Bilouti, Rabat


Khattabi junior

Je tiens tout d’abord à saluer votre enquête sur la vie et l’œuvre de mon grand-père, Mohamed Ben Abdelkrim Khattabi (TelQuel n°360). Je voudrais toutefois vous faire part d’un point de désaccord qui me semble essentiel, même si la même erreur s’est déjà retrouvée dans certains ouvrages consacrés à Abdelkrim : à ma connaissance, mon grand-père n’a jamais demandé que ses fils servent sous le drapeau français pendant la Seconde guerre mondiale. C’était même contraire à ses principes. En tout état de cause, aucune archive officielle n’a été rendue publique à ce sujet…
Abdelkrim Khattabi, petit fils du grand Abdelkrim, héros de la guerre du Rif


Egalité et réalité

Alors que la nouvelle Moudawana devait instaurer l’égalité entre hommes et femmes, au moins devant la justice, beaucoup de chemin reste à faire. Au-delà de toutes les questions soulevées et les tabous abolis, le législateur semble avoir oublié de faciliter la vie de couple en donnant à la femme la vraie place qu’elle y occupe. Ma femme vient de donner naissance à notre enfant, et j’étais très surpris au vu de tous les documents administratifs que seul le père est habilité à signer. Mon épouse, qui a porté notre enfant pendant 9 mois, n’a même pas le droit d’en déclarer la naissance. Le père doit remplir tous les documents auprès de la clinique où l'accouchement a eu lieu. Idem pour le livret de famille, les premiers actes de naissance, de vie, la déclaration à la CNSS, la mutuelle, etc. La signature de la femme ne suffit donc pas, soit. Mais on ne demande même pas une copie de l'acte de mariage. A croire que l’unique présence d’un homme, qui reconnaît que l'enfant est de lui, suffit.
Abdeslam Acharki, Casablanca
 
 
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