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Par Mehdi Sekkouri Alaoui
Maroc-Gabon. Bye bye Mondial
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Sûrs deux, les joueurs navaient
pas envisagé la défaite. (TNIOUNI)
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A la surprise générale, les Lions de lAtlas ont été battus à domicile par les Panthères du Gabon lors des éliminatoires du Mondial et de la CAN 2010. Les raisons dun échec en cinq points.
1 Des Gabonais sous-estimés
Depuis le tirage au sort qui nous a placés dans le groupe A (avec le Cameroun, le Togo et le Gabon), tout le monde, y compris les joueurs de léquipe nationale, estimait que la qualification au premier Mondial |
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organisé en Afrique se jouerait entre le Maroc et le Cameroun. Résultat, samedi dernier devant les Panthères du Gabon, les Lions de lAtlas ont foulé la pelouse du complexe Mohammed V la tête ailleurs, pensant que leur match du jour ne serait quune formalité. La plupart dentre nous nont pas pris cette rencontre au sérieux. Ils se voyaient déjà à Yaoundé affrontant le Cameroun, nous confie, sous couvert danonymat, un joueur du onze national. Et dexpliquer : Avoir pris de haut cette équipe gabonaise nous a fait perdre le sens des réalités et, au final, ça sest retourné contre nous. La faute à qui ? Incontestablement au staff technique, qui na pas réussi à calmer lenthousiasme général suite au nul arraché à la Tchéquie (0-0), le 11 février. En avait-il seulement les moyens ? Pas sûr... On sest trompé sur cette équipe gabonaise, on ne la pas vue venir, a reconnu, blême, le coach national, Roger Lemerre, lors de la conférence daprès-match.
2 Des erreurs tactiques à la pelle
Mettre un paquet de buts aux Gabonais, cest visiblement lobjectif que sétait fixé Roger Lemerre. Trop confiant, le coach national a opté ce jour-là pour un système de jeu (trop) tourné vers lattaque avec pas moins de trois joueurs en pointe, qui nont pas arrêté de se marcher sur les pieds : Marouane Chamakh, Youssouf Hadji et Mounir El Hamdaoui. En plus de deux milieux de terrain offensifs, Nabil Dirar et Houcine Kharja. Une tactique signée Roger Lemerre pas du tout prudente, en 4-3-3 inadapté, dont a finalement profité son compatriote, Alain Giresse. Lentraîneur des Panthères a demandé à ses joueurs de multiplier les contres autant que possible. Et ça a marché, les redoutables Gabonais nont pas eu beaucoup de mal à percer la défense marocaine, déjà faiblarde, et pas assez soutenue lors de cette rencontre par le reste de léquipe, en mal de repli défensif.
3 Des Lions qui ne saiment pas
Il a fallu cette défaite contre le Gabon pour que les langues se délient. Daprès plusieurs sources, lambiance au sein de léquipe nationale nest pas aussi bonne quon le pensait. Le groupe coaché par Roger Lemerre semble divisé en plusieurs clans de joueurs qui ne saiment pas beaucoup?: les pros du Qatar et des Emirats, ceux de Belgique et des Pays-Bas, et ceux de France. Lambiance est morose. Chaque clan est dans un coin, il y a très peu de communication et les incidents ne manquent pas, nous confie aujourdhui lun des internationaux marocains. Dernier accrochage en date : lors dune séance dentraînement avant le match contre le Gabon, le vétéran Youssef Sefri a taclé gratuitement et dangereusement le jeune Adel Taarabt. Lorsque le nouveau prodige des Queens Park Rangers a demandé des explications à son capitaine, par ailleurs joueur du Qatar SC, il aurait eu droit à une flopée dinsultes. Difficile, dans ces conditions, de compter sur un quelconque esprit déquipe.
4 Des titulaires au bout du rouleau
On a pu le constater encore une fois lors du match contre le Gabon : plusieurs joueurs ne méritent plus de figurer dans le onze-type des Lions de lAtlas. A commencer par le trio provenant du Qatar et des Emirats arabes unis, Youssef Sefri, Amine Erbate et Talal El Karkouri. Manquant de fraîcheur et defficacité, les trois joueurs, qui évoluent dans des championnats très faibles, ont été totalement dépassés par les poulains dAlain Giresse (63ème au classement mondial). Quen sera-t-il alors devant le Togo dEmmanuel Adebayor et, plus encore, le Cameroun de Samuel Etoo ? Autre joueur pointé du doigt : Badr Kadouri. Très lent et très approximatif dans sa relance, larrière gauche du Dynamo de Kiev a de nouveau montré ses limites. A son poste, cest sûr, il nest plus le meilleur.
5 Un public qui ne pardonne rien
Les Casablancais ne se sont pas déplacés en masse pour ce Maroc-Gabon. 40 000 spectateurs pour un stade capable den accueillir près du double, ce nest pas terrible. Le public na pas seulement boudé, il a surtout été hostile. A 0-2, et alors que tout était encore possible, lassistance a complètement lâché son équipe préférée. Au menu : jets de pierres et de canettes, insultes, etc. Des écarts de conduite qui nont rien à faire dans un stade de football. Je comprends la déception des gens, mais ils nétaient pas obligés daller si loin, regrette à raison ce joueur. Avant de poursuivre : Si le public nous avait soutenus de la première à la dernière minute, nous aurions peut-être fini par renverser la vapeur. Peut-être
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Plus loin. Il était une fois le (grand) Maroc
La défaite devant la modeste équipe du Gabon (63ème mondial) reflète la triste réalité de notre football. Arrêtons (et arrêtez) de nous voiler la face, le Maroc de Benbarek, Akesbi, Naybet ou Bassir, nest plus une grande nation du ballon rond. La preuve par les chiffres : depuis 1998, les Lions de lAtlas narrivent plus à se qualifier en Coupe du Monde. Et avec la déculotté infligée par les Gabonais, le onze national a hypothéqué (très) sérieusement sa chance de participer au premier mondial africain, qui aura lieu en 2010 au pays de Nelson Mandela. Les Marocains ne parviennent pas, non plus, à atteindre la plus haute marche en Coupe dAfrique des nations. Leur unique titre continental remonte à
1976.
Quant aux clubs nationaux, même le trio Raja - Wydad - FAR narrive plus à simposer sur la scène continentale, les trois clubs étant régulièrement éliminés dès les phases préliminaires. Alors, comment en sommes-nous arrivés là ? Détrompez-vous, le niveau du football national na pas régressé, cest plutôt celui de nos adversaires qui a évolué, dépassant du coup le nôtre. Comment ont-ils fait ? Tout simplement en misant sur la formation dès le milieu des années 1990. La Tunisie, la Côte dIvoire, le Ghana, le Nigéria ou le Mali ont ainsi produit, localement, des joueurs exceptionnels. Pas le Maroc, dont le gros des vedettes a été formé dans des écoles européennes, en France principalement. Triste à dire, nous sommes devenus une petite nation de football, largués sur la scène mondiale et, de plus en plus, africaine. M.S.A |
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