N° 367
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Marocains, mais pas trop

J’ai lu avec attention votre couverture “Nous, Marocains” (TelQuel n°366). Nous sommes marocains, des autochtones quand ça nous arrange : nos artistes laissent flotter ostentatoirement le drapeau marocain lors des festivités mondaines et disent qu’ils s’épanouissent mieux à l’étranger, nos jeunes manifestent leur marocanité dans les gradins et sont impatients de quitter le pays qui, d’après eux, ne leur a donné que misère et souffrance. La marocanité se réduit-elle au tryptique sacré et à l’hymne national ? Personnellement, je crois que la marocanité est une quête que chacun de nous doit entamer, c’est notre Moi profond qu’on doit élucider.
Mehdi Bousfiha, Fès.


Vous avez dit lobby ?

De la crise identitaire à celle économique, du chômage à la prostitution, de la catastrophe la plus sinistre au problème le plus banal, une seule et sempiternelle explication est donnée : un lobby étranger (sioniste, pour une excitation optimum). Dès que quelque chose ne marche pas, ou pas assez, à chaque fois qu’une personne brise le conformisme commun, c’est le même refrain. Il ne passe pas un jour sans qu’un journaliste, un politicien, nous explique pourquoi telle ou telle création artistique est sioniste, ou qu’elle est la fonction de telle ou telle personne au sein du Mossad. Sans jamais de preuves. C’est triste, voire déprimant. Personne ne semble s’interroger : pourquoi serions-nous la seule cible de ce lobby ? Pourquoi pas l’Espagne, par exemple ? Et même si c’était vrai, pourquoi nos gouvernants restent les bras croisés face à ce lobby ? Au lieu d’assumer nos responsabilités, on crée un problème pour en cacher un autre.
Youssef Qorchi, Rabat.


Où va 2M ?

Avec l'arrivée de la télé-réalité sur 2M, la course à l'audience s'est accélérée. Une sorte de fuite en avant dans le copier-coller des émissions des chaînes de télévision françaises qui donne quelques perles. Par exemple, l’émission de M6 “D&Co” a donné “Dar Wa Décor”, ou encore des émissions voyeuristes recyclées, maladroitement, en “Al Khayt Al Abyad” où l'on intervient dans des histoires de familles brouillées, très souvent issues du monde rural, avec des demandes de pardon où le petit bouquet de fleur est de rigueur.... Jusqu'où ira donc 2M ?
Youssef Mesbar, Paris.


Le coup d’Etat permanent

Suite à votre dossier “Les minutes d’un anniversaire sanglant”, (TelQuel n°359), je voudrais revenir sur la conséquence de ce premier coup d’État, en 1971, suivi de celui de l’été 1972 : le recours aux mesures d’urgence. Suspension de toutes les libertés civiles. Interdiction de toute réunion politique ou syndicale regroupant plus de trois personnes sans autorisation, sauf pour des raisons sportives, pour le travail, pour nos obligations religieuses et pour les fêtes. Suspension du parlement pour une durée indéterminée. Confiscation des pouvoirs exécutifs et législatifs au profit du défunt roi Hassan II. Suppression du ministère de la Défense. Mises à mort et disparitions des responsables des deux coups d’État. Réquisitions de leurs biens au profit des Habous ou de l’État. Disgrâce des familles des auteurs des deux coups d’État, dont la célèbre famille Oufkir. Renforcement du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. Réactualisation de la Gendarmerie royale et surveillance du territoire et des frontières. Tout le pays a été verrouillé, enfermé par des mesures de sécurité maximales pendant plusieurs décennies. Les deux coups d’État ont conduit le roi Hassan II à gouverner notre pays de 1972 à sa mort avec une main de fer. Ces coups d’État ont installé un régime royal fort, dont son fils a hérité. Voilà tout.
Aziz Alaoui, Montréal.


Les dessous du voile

Le voile continue de donner matière à des polémiques infructueuses. Longtemps présenté comme le gage de la chasteté et du sérieux d’une femme, sa signification est aujourd’hui remise en question. Le “voile tendance”, qui se veut à cheval entre la tenue religieusement correcte et celle fashion, est aujourd’hui incontournable, surtout pour les plus jeunes. Cet étrange comportement vestimentaire témoigne des balancements acrobatiques des Marocains entre tradition et modernité. De nombreuses voilées mettent le foulard, non pas pour s’interdire le péché, mais plutôt pour le couvrir. Pour beaucoup de filles, le voile n’est rien d’autre qu’un moyen de se racheter. Aussi, les débats qui naissent autour de ce phénomène ne sont qu’une énième manifestation de cette gestation que vit la société marocaine, à l’instar d’autres pays arabes, mais peut-être à degré moindre.
Ali Hassan Eddehbi.
 
 
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