N° 368
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

THINK TANK. L’IRES, cet ovni
UNIVERSITÉ. La révolution ou la mort
POLITIQUE. Le retour du parti du cheval
DÉBAT. Ne nous voilons plus la face
L'ACTU MAROC



Par Mohammed Boudarham

Politique. Le retour du parti du cheval

Mohamed Abied (d.) ne risque
pas de s’allier à la haraka de
Mohand Laenser et Mahjoubi
Aherdane (g.). (TNIOUNI)

Loin du faste des années Maâti Bouabid, l’Union constitutionnelle vient de souffler ses vingt-six bougies. Le parti prépare les élections communales et rêve d’un retour au sein du gouvernement.


“Parti de l’ombre” (Al hizb assirri), c’est l’expression employée par Rissalat Al Oumma, quotidien de l’Union constitutionnelle, pour qualifier Le Matin du Sahara. En Une de l’édition du samedi 4 avril, un article exprime la colère de l’UC en réaction à une série d’articles contre la
gestion des affaires de la capitale économique, par le maire UC Mohamed Sajid, et notamment un éditorial assassin intitulé “Casafka”, publié en première page du Matin. Qui aurait parié, il y a encore quelques années, sur une telle “fâcherie” entre le journal fondé par Moulay Ahmed Alaoui et ce parti si proche de l’administration ? Flash-back. En 1983, année électorale, Hassan II, las de la domination des partis de gauche à Casablanca, USFP en tête, demande à Maâti Bouabid, alors ministre de la Justice et Premier ministre, de créer un parti politique pour s’implanter dans la métropole et “tempérer” les ardeurs de ses détracteurs, qui animent l’essentiel des manifestations populaires de l’époque. Moins d’un an après la naissance d’un autre “parti administratif” sorti également des entrailles du Makhzen, le Parti national démocrate (PND), l’UC voit donc le jour le 10 avril 1983 au terme d’assises nationales expédiées en deux jours. Ex-responsable UNFP, Maâti Bouabid mène alors l’UC à une première victoire lors des élections communales de juin 1983. Il confirme l’année suivante en décrochant 83 sièges de députés au parlement. En 1985, il siège au gouvernement avec cinq portefeuilles ministériels. L’UC ne quittera plus l’Exécutif jusqu’à l’avènement du gouvernement d’alternance, grâce à Bouabid bien sûr, mais aussi à l’omniprésent Abdellatif Semlali, longtemps ministre de la Jeunesse et des Sports.

Le temps des vaches maigres
Et puis tout a basculé. A la mort de Bouabid, fin 1996, l’UC peine à désigner un successeur et instaure une direction tournante qui plonge le parti en hibernation et subit un premier revers lors des législatives de 1997. Abdellatif Semlali reprend les choses en main, mais il n’a pas vraiment le temps de redresser la barre. Car, en 1998, le gouvernement d’alternance de Abderrahmane Youssoufi se met en place et l’UC se retrouve, la mort dans l’âme, dans l’opposition. Pour plus de dix ans. Car, après la disparition de Abdellatif Semlali, en juin 2001, le parti perd encore de sa force lors des législatives de 2002. Certains dinosaures de l’UC commencent à se retirer. “Comme tous les partis, nous sommes passés par une période de vaches maigres, raconte un jeune cadre du parti. Mais la situation s’est redressée depuis les dernières élections communales.” En 2003, en effet, l’UC réussit un petit comeback sur la scène politique. Si les élections communales le placent à la 8ème position avec 959 élus, le parti du cheval s’empare de la mairie de deux importantes villes du pays : Casablanca, dirigée par Mohamed Sajid, et Marrakech où Omar Jazouli souffle le chaud et le froid.

Sajid et Jazouli, entourés d’équipes rodées aux campagnes électorales, préparent aujourd’hui la bataille des communales du 12 juin pour assurer leur réélection. Ils comptent aussi sur l’expérience du parti, qui connaît bien le terrain des grandes villes. “Nous avons une solide expérience en matière de gestion des communes sur laquelle nous comptons capitaliser”, renchérit le secrétaire général Mohamed Abied, qui affirme que son parti couvrira au moins 50% des circonscriptions. Quid d’éventuelles alliances ? “Nous sommes pour la constitution de vrais pôles. Pour les communales, il ne peut s’agir que d’alliances pour la formation des bureaux des communes après la proclamation des résultats, mais pas avant”, répond notre interlocuteur. Abied fait clairement allusion aux autres partis dits de droite libérale, à la tête desquels figure, bien entendu, le tout nouveau PAM construit autour de Fouad Ali El Himma. Le parti fondé par Maâti Bouabid ne fera donc partie d’aucune coalition, du moins pas avant le rendez-vous de juin prochain. Aujourd’hui, l’UC se veut donc serein. Au-delà des prochaines communales, son objectif réel reste les législatives, prévues en 2012, pour espérer sortir (enfin) de l’opposition et retourner aux affaires gouvernementales. Comme avant, du temps de Si Bouabid.

Nés pour gouverner
Car l’UC reste malgré tout sur une “lancée” positive. En septembre 2007, le parti a presque doublé le nombre de ses députés (27) et glissé à la sixième position au classement général, avec 7,3% des suffrages. Tant et si bien qu’il s’est emparé de la commission des Affaires étrangères à la première Chambre, et de la commission de l’Intérieur à la deuxième, ce qui n’est pas une mince performance. Reçu par Mohammed VI, Mohamed Abied déclare alors, pas peu fier : “Les élections ont montré qui était encore en vie et qui a péri”. L’UC espérait déjà un retour aux affaires, un rêve que Abbas El Fassi anéantira très vite en dévoilant la liste de son casting gouvernemental. Retour à la case opposition. “Comment voulez-vous que l’on puisse remplir notre rôle d’opposition face à des gouvernements qui appliquent nos programmes ?”, ironise aujourd’hui encore Mohamed Abied, convaincu, comme le reste de son staff, élus et conseillers compris, que l’UC est un parti né pour gouverner. Rien d’autre.

 
 
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