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Par Mohammed Boudarham
Politique. Le retour du parti du cheval
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Mohamed Abied (d.) ne risque
pas de sallier à la haraka de
Mohand Laenser et Mahjoubi
Aherdane (g.). (TNIOUNI)
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Loin du faste des années Maâti Bouabid, lUnion constitutionnelle vient de souffler ses vingt-six bougies. Le parti prépare les élections communales et rêve dun retour au sein du gouvernement.
Parti de lombre (Al hizb assirri), cest lexpression employée par Rissalat Al Oumma, quotidien de lUnion constitutionnelle, pour qualifier Le Matin du Sahara. En Une de lédition du samedi 4 avril, un article exprime la colère de lUC en réaction à une série darticles contre la |
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gestion des affaires de la capitale économique, par le maire UC Mohamed Sajid, et notamment un éditorial assassin intitulé Casafka, publié en première page du Matin. Qui aurait parié, il y a encore quelques années, sur une telle fâcherie entre le journal fondé par Moulay Ahmed Alaoui et ce parti si proche de ladministration ? Flash-back. En 1983, année électorale, Hassan II, las de la domination des partis de gauche à Casablanca, USFP en tête, demande à Maâti Bouabid, alors ministre de la Justice et Premier ministre, de créer un parti politique pour simplanter dans la métropole et tempérer les ardeurs de ses détracteurs, qui animent lessentiel des manifestations populaires de lépoque. Moins dun an après la naissance dun autre parti administratif sorti également des entrailles du Makhzen, le Parti national démocrate (PND), lUC voit donc le jour le 10 avril 1983 au terme dassises nationales expédiées en deux jours. Ex-responsable UNFP, Maâti Bouabid mène alors lUC à une première victoire lors des élections communales de juin 1983. Il confirme lannée suivante en décrochant 83 sièges de députés au parlement. En 1985, il siège au gouvernement avec cinq portefeuilles ministériels. LUC ne quittera plus lExécutif jusquà lavènement du gouvernement dalternance, grâce à Bouabid bien sûr, mais aussi à lomniprésent Abdellatif Semlali, longtemps ministre de la Jeunesse et des Sports.
Le temps des vaches maigres
Et puis tout a basculé. A la mort de Bouabid, fin 1996, lUC peine à désigner un successeur et instaure une direction tournante qui plonge le parti en hibernation et subit un premier revers lors des législatives de 1997. Abdellatif Semlali reprend les choses en main, mais il na pas vraiment le temps de redresser la barre. Car, en 1998, le gouvernement dalternance de Abderrahmane Youssoufi se met en place et lUC se retrouve, la mort dans lâme, dans lopposition. Pour plus de dix ans. Car, après la disparition de Abdellatif Semlali, en juin 2001, le parti perd encore de sa force lors des législatives de 2002. Certains dinosaures de lUC commencent à se retirer. Comme tous les partis, nous sommes passés par une période de vaches maigres, raconte un jeune cadre du parti. Mais la situation sest redressée depuis les dernières élections communales. En 2003, en effet, lUC réussit un petit comeback sur la scène politique. Si les élections communales le placent à la 8ème position avec 959 élus, le parti du cheval sempare de la mairie de deux importantes villes du pays : Casablanca, dirigée par Mohamed Sajid, et Marrakech où Omar Jazouli souffle le chaud et le froid.
Sajid et Jazouli, entourés déquipes rodées aux campagnes électorales, préparent aujourdhui la bataille des communales du 12 juin pour assurer leur réélection. Ils comptent aussi sur lexpérience du parti, qui connaît bien le terrain des grandes villes. Nous avons une solide expérience en matière de gestion des communes sur laquelle nous comptons capitaliser, renchérit le secrétaire général Mohamed Abied, qui affirme que son parti couvrira au moins 50% des circonscriptions. Quid déventuelles alliances ? Nous sommes pour la constitution de vrais pôles. Pour les communales, il ne peut sagir que dalliances pour la formation des bureaux des communes après la proclamation des résultats, mais pas avant, répond notre interlocuteur. Abied fait clairement allusion aux autres partis dits de droite libérale, à la tête desquels figure, bien entendu, le tout nouveau PAM construit autour de Fouad Ali El Himma. Le parti fondé par Maâti Bouabid ne fera donc partie daucune coalition, du moins pas avant le rendez-vous de juin prochain. Aujourdhui, lUC se veut donc serein. Au-delà des prochaines communales, son objectif réel reste les législatives, prévues en 2012, pour espérer sortir (enfin) de lopposition et retourner aux affaires gouvernementales. Comme avant, du temps de Si Bouabid.
Nés pour gouverner
Car lUC reste malgré tout sur une lancée positive. En septembre 2007, le parti a presque doublé le nombre de ses députés (27) et glissé à la sixième position au classement général, avec 7,3% des suffrages. Tant et si bien quil sest emparé de la commission des Affaires étrangères à la première Chambre, et de la commission de lIntérieur à la deuxième, ce qui nest pas une mince performance. Reçu par Mohammed VI, Mohamed Abied déclare alors, pas peu fier : Les élections ont montré qui était encore en vie et qui a péri. LUC espérait déjà un retour aux affaires, un rêve que Abbas El Fassi anéantira très vite en dévoilant la liste de son casting gouvernemental. Retour à la case opposition. Comment voulez-vous que lon puisse remplir notre rôle dopposition face à des gouvernements qui appliquent nos programmes ?, ironise aujourdhui encore Mohamed Abied, convaincu, comme le reste de son staff, élus et conseillers compris, que lUC est un parti né pour gouverner. Rien dautre. |
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