N° 368
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

IRAK Triste, triste anniversaire
PARIS - WASHINGTON. De la fronde à l'alignement ?
L'ACTU MONDE



Par Selma Mestiri, correspondante au Moyen-Orient

Irak. Triste, triste anniversaire

Février 2009. Les attentats
sont toujours le lot quotidien
des forces de l’ordre. (AFP)

Six ans après l’invasion menée par les Etats-Unis, l’Irak reste fragile malgré une relative amélioration de la sécurité.


Sans festivités ni fanfare, l’Irak a commémoré le 20 mars le sixième anniversaire de l’invasion menée par les Etats-Unis qui, tout en mettant fin à la dictature de Saddam Hussein, a ouvert une période de violences. Malgré une relative amélioration de la sécurité, l’heure n’est pas au triomphalisme. Depuis quelques mois, la donne a certes changé. Les violences ont baissé grâce à la stratégie de contre-insurrection de
l'armée américaine et au renforcement des forces irakiennes. Le Premier ministre, Nouri al-Maliki, a assis son autorité et gagné une légitimité en remportant des élections provinciales fin janvier. Mais les attentats restent quotidiens : début mars, deux attaques-suicides à Bagdad et Abou Ghraib (une soixantaine de morts en tout) ont ravivé les craintes, alors que l'armée américaine prévoit de retirer 12 000 soldats dans les six mois à venir. Le 6 avril, Bagdad a connu une autre journée d’horreur, avec une vague d'attentats à la voiture piégée dans des marchés. “Une nouvelle stratégie doit être élaborée contre Al Qaïda et les groupes insurgés encore actifs”, a déclaré le vice-président Tarek al-Hachimi. Autre source d’inquiétude : la situation des “Sahwa”, ces quelque 90 000 anciens insurgés, des militaires de l'ancien régime et des recrues d'Al Qaïda, qui se sont retournés en 2006 contre leurs anciens compagnons d'armes, jugeant leurs actions trop barbares. Les Irakiens, eux, tentent de vivre normalement, mais leur quotidien est extrêmement difficile. Aller au marché ou à l’école reste dangereux, même si restaurants et boutiques ont rouvert et qu’une timide vie nocturne a repris.

Petits progrès, petits espoirs
Malgré tout, les investisseurs étrangers recommencent à miser sur ce pays riche en pétrole, autrefois fort d’une importante classe moyenne, et le gouvernement est bien décidé à les attirer. Bagdad vient ainsi d’annoncer son intention de faciliter l'obtention des visas pour les touristes et les investisseurs étrangers afin de relancer son économie. Les responsables étrangers se succèdent à Bagdad : les présidents français et turc, Nicolas Sarkozy et Abdullah Gül, le ministre britannique du Commerce et de l'Industrie, Peter Mandelson, tous sont venus manifester leur intérêt. Paris et Bagdad ont ravivé une tradition de coopération militaire avec la conclusion d'un accord portant sur l'acquisition par l'Irak de 24 hélicoptères de transport pour un montant de 360 millions d'euros, le premier contrat d'armement entre les deux pays depuis 1990. Les relations entre l’Irak et son voisin syrien se sont améliorées. Et le président américain Barack Obama est venu soutenir “l’idée d'un Irak souverain, stable et indépendant”. Mais il a aussi averti que les prochains 18 mois seraient dangereux pour l'Irak. Et il a fermement invité le gouvernement, dirigé par les chiites, à intégrer largement les sunnites au processus politique. Dans les trois mois à venir, les unités américaines devront avoir quitté villes et villages d’Irak, prélude à un retrait massif en août 2010, avant un désengagement total d'ici le 31 décembre 2011. Aux forces irakiennes de reprendre alors le flambeau face aux menaces, alors qu’à la veille de l'anniversaire de l'invasion, le chef présumé de la branche irakienne d'Al Qaïda, Abou Omar al-Baghdadi, a appelé à de nouvelles attaques.

 
 
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