N° 368
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Identité à défendre

Après le numéro que vous avez consacré à l’identité marocaine (TelQuel n°366), je veux vous faire part de ce que je ressens, en tant que jeune femme marocaine, célibataire, profondément athée : je n’ai pas de place au Maroc parce qu’il s’avère que mener une vie de jeune célibataire équilibrée est impossible. Durant ma scolarité au lycée Descartes, il y a une quinzaine d’années, je me suis souvent fait “sermonner” par des agents des forces de l’ordre, qui sont en fait une police des mœurs pas très morale. Puis, il y a peu, en 2009, à Agadir, un flic est venu me trouver jusque dans ma voiture, où il a surpris mon copain en train de m’embrasser. Il nous a demandé, d’un air méchant, de sortir du véhicule. “Attentat à la pudeur”, disait-il très fort… jusqu’à ce qu’il voie mon identité et mon domicile. Et là encore, rien n’a changé en quinze ans. Poliment, le flic me demande si je suis musulmane. Tout aussi poliment, je réponds que je ne vois pas le lien entre ma confession religieuse et ce qui fait qu’on est là à discuter tous les deux. Je lui demande, soit de m'arrêter (et de me passer les menottes parce que je ne le suivrai nulle part), soit de partir. Après avoir crié, menaçant : “C’est la dernière fois, mademoiselle !”, il s’en est allé. Heureusement, me diriez-vous… Cette anecdote du baiser pourrait paraître un détail, ce n’en est pas un. Nous vivons dans une société où l’amour est une honte. Les Marocains boivent, les Marocains font la fête, les Marocains font l’amour avant le mariage et ils en sont fiers… A quand le jour où ces Marocains-là imposeront le respect de leur identité ?
Rami Hatanaga, Rabat.


Pointer l’appoint

En faisant les courses tous les jours, je remarque que de plus en plus souvent les commerces ne rendent plus la monnaie. Les pièces jaunes sont devenues rares. Et je ne comprends pas que les gens se laissent faire ou bien sont-ils tous riches au point d'être de grands seigneurs et de ne pas réclamer leur dû. Il faudrait que tout le monde s'unisse pour réclamer l'appoint.
Rosa Martins, Temara.


Schizophrénie marocaine

Quand je vivais au Maroc, la question de l’identité marocaine ne se posait qu’à l’occasion de manifestations à caractère international, spécialement footballistique. Toutefois, à l’étranger et plus particulièrement en Amérique du Nord, cette question est devenue au cœur de notre vécu. Notre marocanité nous suit partout, à commencer par notre nom, nos traits du visage, notre physique. Dans un environnement multiculturel, on se rend compte que nous, Marocains, avons quelque chose de spécial, un je-ne-sais-quoi qui nous différencie des autres. Si nous voulons faire valoir et redresser notre marocanité, il faut commencer par repenser notre quotidien, pour éviter de devenir schizo avec des comportements hybrides intra et extra-muros.
Reda M. Khomsi, Montréal.


Chère, très chère téléréalité

Je suis consterné devant les arnaques de nos deux chaînes marocaines préférées. Al Aoula et 2M sont censées être deux chaînes du service public, pour lequel nous payons des impôts. Pourtant, sans parler de la médiocrité de leurs programmes, elles nous arnaquent. Comment ? Lorsque, pour des émissions de téléréalité comme studio 2M ou autre, les téléspectateurs envoient des SMS qui coûtent très cher. Les deux chaînes ont certes pris exemple sur les chaînes françaises, mais il faut leur dire que les seules chaînes qui font payer un prix de SMS exorbitant sont TF1 et M6, deux chaînes privées et qui ne bénéficient pas de l'argent du contribuable.
Omar Anfer, Paris.


Regarder passer le train

J'ai lu avec attention votre article de couverture “La fabuleuse histoire du train royal” (TelQuel n°367). En ces temps de grève des taxis et de crise économique, ce symbole d’une certaine mégalomanie du passé peut faire sourire, ou faire grincer des dents. Cochez la case inutile, s’il vous plaît.
Hatim Bachi, Casablanca.


Hassan II, un roi artiste
Le “photographe des trois rois” réagit aux dossiers de TelQuel et Nichane sur les “folles soirées hassaniennes”. Dont il conteste le bien-fondé des titres.


C’est avec un grand étonnement que j’ai pris connaissance du numéro de votre magazine TelQuel, qui titrait en couverture sur “Les folles soirées hassaniennes”, à l’appui de l’une de mes photographies du souverain défunt. C’est à peu près le même titre (“Qssair l’Hassan thani”) qui, également à l’appui d’une de mes photos, avait été employé en couverture d’un numéro précédent de Nichane, autre publication du groupe TelQuel. En tant que témoin, durant 38 ans, du règne de ce grand monarque, ma conscience me conduit à vous écrire aujourd’hui pour affirmer que les circonstances dans lesquelles ces photos ont été prises ne correspondent pas aux titres que vous avez utilisés. En effet, ces deux photos ont été respectivement prises lors de la fête du Trône et de la fête de la Jeunesse – deux occasions que feu SM Hassan II mettait à profit, comme à son habitude, pour inviter au palais royal des artistes, chanteurs, créateurs et autres hommes de théâtre. Lors de ces évènements, le souverain rendait hommage aux gens de la culture et de l’art, en leur apportant son appui moral et financier. En cas de maladie, notamment, le souverain était leur seul soutien efficace - une tradition d’ailleurs perpétuée par SM Mohammed VI. D’autre part, je ne vois aucun mal à ce que feu SM Hassan II, un roi populaire, connu pour sa simplicité, se joigne à l’effort de ces artistes en jouant de divers instruments – d’autant qu’il avait une grande culture musicale. Aussi, les titres que vous avez employés ont-ils créé une confusion dans l’esprit des lecteurs en les orientant vers autre chose, loin du contexte que je viens d’expliquer. J’en veux pour preuve le fait (d’ailleurs très justement rapporté dans vos articles) que lors de ces fêtes royales, les hommes étaient séparés des femmes – gage, s’il en est, de retenue et de respect. Ces illustrations auraient donc mérité un titre plus approprié, comme par exemple “Un roi artiste”. J’attire également votre attention sur le fait que tous les tirages ainsi que les négatifs de ces deux photos, dont je suis l’auteur, avaient à l’époque été remis par moi-même, comme à chaque fois en pareille circonstance, aux services du palais royal. Il s’avère que des tirages de ces photos avaient également été offerts par feu SM Hassan II à deux artistes, aujourd’hui décédés, que le défunt souverain appréciait personnellement. C’est sans doute leur entourage qui a décidé, depuis, de les rendre publiques. Je profite de cette occasion pour saluer la mémoire du grand roi qui nous a légué un Maroc debout et pérenne, honorant les 12 siècles d’histoire de la grande nation marocaine. Rendons grâce à Dieu que ni les complots, ni les tentatives de putsch militaire n’aient réussi à entamer la solidité des liens qui unissent le peuple marocain à la monarchie. Si l’une ou l’autre de ces tentatives avait réussi – qu’à Dieu ne plaise –, le Maroc aurait été aujourd’hui un pays divisé et meurtri, à l’image d’autres pays de notre continent ravagés par les guerres tribales. Si le Maroc est aujourd’hui un pays fort, uni et prospère, c’est au souverain défunt que nous le devons. Je l’affirme avec émotion autant qu’avec conviction : Hassan II était un grand roi.
Par Mohamed maradji*

* Photographe privilégié de l’ère
hassanienne, mais aussi des règnes de
Mohammed V et Mohammed VI, il a
récemment publié une anthologie de ses travaux intitulée
“50 ans de photographies, Maradji, témoin de son époque”
(éditions la Croisée des Chemins)
 
 
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