Zakaria Boualem était tellement énervé quil était incapable de sexprimer en français.
Nom : Boualem
Prénom : Zakaria
Né en 1976 à Guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque
Létonnant silence de Zakaria Boualem au sujet de la défaite de notre équipe nationale contre le Gabon sexplique aisément. Notre homme était tellement énervé quil était incapable de sexprimer en français. Bloqué par ce clavier trop grand pour lui, ce clavier parfaitement dépourvu des bonnes lettres pour sénerver correctement, il a préféré se taire une semaine. Et voilà que, pendant cette semaine de repos, le Raja, estimant probablement quil était judicieux de sillustrer à son tour, a décidé dencaisser deux buts à domicile contre Aït Melloul. Oui, le Raja a perdu contre Aït Melloul, qui est un peu le Gabon de Casablanca
A chaque fois le même score : deux buts à un à domicile. A chaque fois sur le même terrain du Stade dhonneur de Casablanca. Difficile de |
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ne pas voir la main dun complot sioniste derrière cette invraisemblable coïncidence. Une main fourbe et infatigable, qui nous a déjà privés dun nombre important de coupes dAfrique, de Coupes du Monde, de Champions League africaines et autres trophées divers qui nous revenaient de droit. Assez rigolé, sil vous plaît, la situation est très grave. La seule compétition que les footballeurs marocains sont en mesure de gagner, cest le championnat du Maroc. Sils arrivent à lorganiser. Zakaria Boualem a déjà eu le loisir de décrire dans ces mêmes colonnes limplacable cycle en trois temps dans lequel était entré notre football. En voici un nouveau résumé :
Phase 1, lamorce : un match amical contre une équipe européenne se solde par un résultat encourageant. Un nul contre la France ou la République Tchèque, une victoire contre la Belgique par exemple.
Phase 2, la montée en température : grâce à notre propension naturelle à nous voir plus beaux que nous sommes, nous rêvons tous, soudain, de titres continentaux, de qualifications glorieuses, nous nous autoproclamons favoris pour tout ce qui se présente, la vie est belle et merci.
Phase 3, la claque : sans commentaire.
Sensuit une période un peu trouble où des joueurs affirment ne plus vouloir jouer, les supporters ne plus pouvoir rien supporter, etc. Et ça repart
Ce moteur trois temps sest récemment emballé. Il est alimenté par la suffisance et lubrifié par lincompétence. Attention, on parle ici dune incompétence de niveau intergalactique, puisque le Gabon fait mieux que nous, tout comme le Togo et la Namibie, tous les deux qualifiés pour la dernière Coupe du Monde. Les Marocains, qui ont toujours considéré ces pays comme des terrains vagues gérés par des abrutis, devraient se réveiller. Parce quévidemment, notre glorieuse équipe nationale est incapable de produire une prestation aussi piteuse devant une équipe quils respectent. Mettez-les en face des Russes ou des Italiens, condamnés à la défaite par une opinion publique consciente de lécart des niveaux, et vous serez surpris par leur mobilisation, leur esprit de corps et souvent, au final, par leur résultat. Mais bombardez les favoris logiques devant le Gabon, sous la pression dun résultat exigible et lhorreur sinstalle, le festival commence et cest la fin du monde.
Cest comme ça : le Marocain est soluble dans la pression et ses routes sont solubles dans leau, ce qui na rien à voir dailleurs, mais on narrivait pas à la placer ailleurs. Sous dautres cieux, lorsquun lycéen va passer le bac, son papa lui conseille de se détendre, de respirer. Chez nous, on lui propose de se serrer la tête, alias de zeyer rassou, parce quil est naturellement détendu. La conclusion simpose : il faut retirer au Marocain toute pression pour espérer obtenir un résultat. Il faut sabstenir dattendre quelque chose pour pouvoir lobtenir. Feignons donc lindifférence, nayons lair de rien, désintéressons-nous publiquement de ces histoires de footballeurs et nous pourrions bien finir champions du monde. |