N° 372
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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L'ACTU MAROC



Par Mohammed Boudarham

POLITIQUE. Des ministres dans l'arène
(AFP)

Plusieurs membres du gouvernement sont en lice pour les communales du 12 juin. Des vétérans et des jeunes ministres, comme El Moutawakkil et Ahmed Réda Chami. Tour d’horizon.


Istiqlal
Les dauphins de Abbas
Yasmina Baddou, ministre de la Santé et présidente de l’arrondissement d’Anfa, aura pour challenger Nawal El Moutawakkil. Simple hasard des désignations partisanes ou calculs politiques, cette circonscription fera
l’objet d’une des batailles les plus attendues. Dans le “Casablanca inutile”, Karim Ghellab, ministre de l’Equipement et des Transports, se représente à Sbata, arrondissement qu’il préside depuis les élections communales de 2003. Le ministre du Commerce extérieur, Abdellatif Maâzouz, fait son baptême du feu à Sefrou. Natif de la commune, il compte sur les “liens de sang”, mais aussi sur la proximité d’un Hamid Chabat, patron de l’Istiqlal dans la région et maire de Fès. Plus “modeste”, le ministre de l’Habitat, Toufik Hejira, qui se présente pour la première fois, sera second sur la liste que conduira son député de frère Omar, à Oujda. Mohamed Saâd Alami, ministre chargé des Relations avec le parlement, espère encore décrocher la présidence de la commune de Chefchaouen. Quid de Larache, circonscription dont Abbas El Fassi est député depuis le scrutin du 7 septembre 2007 ? Abdellah Bakkali, secrétaire général de la Chabiba, défendra les couleurs du parti de la balance. Explication de sources au sein du parti : il s’agit d’une sorte de compensation pour avoir dû abdiquer lors des législatives au profit du patron du parti et actuel Premier ministre. Mais, au vu des scandales qui secouent l’Istiqlal dans cette ville (affaire, entre autres, du présumé viol d’un adolescent dans le siège local du parti), la partie n’est pas gagnée d’avance.

RNI
Tous derrière Nawal
De retour de sa longue tournée d’évaluation des villes candidates aux JO de 2016, Nawal El Moutawakkil n’aura pas de temps à perdre. La ministre de la Jeunesse et des Sports entreprendra un autre marathon en tant que candidate aux élections communales du 12 juin. Une première pour la championne olympique, née à Sidi Bernoussi, qui endosse les couleurs du Rassemblement national des indépendants (RNI) à Anfa (Casablanca). Autres néophytes à se lancer dans l’arène des élections communales, Salaheddine Mezouar, ministre de l’Economie et des Finances, se présente à Sidi Belyout, et Mohamed Boussaïd, ministre du Tourisme, à Fès (Agdal). Anis Birou, autre ministre RNI, titulaire du portefeuille de l’Artisanat, est aussi de la partie, candidat dans son bercail : Berkane. Seront aussi au rendez-vous électoral les “habitués” des urnes. Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture, brigue un nouveau mandat dans son fief : Tafraout, où le président de la région Souss-Massa-Draâ jouit d’une grande popularité. Tout comme Mohamed Abbou, ministre de la Modernisation des secteurs publics, à la conquête d’un troisième mandat dans la commune rurale de Béni Oulid (Taounate), dont il a “hérité” la présidence de son papa, un autre Mohammed Abbou, grand notable de la région. Les deux présidents des chambres du parlement livreront également la bataille communale dans leurs fiefs respectifs. Mustapha Mansouri se présente à nouveau dans la commune de Laroui (Nador) qu’il préside depuis belle lurette. Maâti Benkaddour, président de la deuxième chambre, remettra le couvert à Jaqma, petite commune rurale qu’il préside dans la région de Settat.

Socialistes
Jamais sans ma Kssibiya
Trois des cinq ministres USFP se lanceront dans la course électorale. Abdelouahed Radi, premier secrétaire de l’USFP, n’est pas près de lâcher la commune rurale de Kssibiya, dans la région de Sidi Slimane, qu’il préside depuis trois décennies. Le ministre de la Justice s’y représente pour être près de ses terres et pour la symbolique, dans ce fief où personne ne “vote en touche”, sachant que Radi, grand propriétaire terrien, est l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois dans cette région agricole. Jamal Rhmani, ministre socialiste de l’Emploi, a été désigné pour se présenter dans l’une des “circonscriptions de la mort” : Salé dont il a été député en 2002 avant que son élection ne soit remise en cause par le Conseil constitutionnel. Seule nouveauté du côté des ministres socialistes : Ahmed Réda Chami se joindra à l’affrontement ministériel sur les listes d’Anfa. Le ministre USFP de l’Industrie et du Commerce défiera Nawal El Moutawakkil et Yasmina Baddou dans cet arrondissement casablancais. La galanterie sera sûrement mise de côté, le temps d’une campagne électorale qui démarrera fin mai. Du côté du PPS, aucun ministre n’est donné candidat. Khalid Naciri, ministre de la Communication, ne se présente pas. “La candidature de Nouzha Skalli est incertaine à moins qu’elle change d’avis à la dernière minute”, indique un responsable du parti du livre.


Cumul de mandats. Presque tout est permis
Abdelouahed Radi est premier secrétaire de l’USFP, ministre de la Justice, député et président d’une commune rurale. Difficile pour un seul homme de remplir autant de mandats quand ses plus importantes fonctions nécessitent une présence physique continue à Rabat. N’est-il pas temps de légiférer pour limiter le cumul des mandats ? “On ne peut pas interdire ce genre de cumuls, mais réfléchir sérieusement à des réglages”, répond le politologue Nadir Moumni. Pour ce spécialiste des élections, un ministre, par exemple, devrait avoir le choix entre son portefeuille gouvernemental et une mairie. Mais, même dans ce cas, la réponse et le choix sont clairs. La seule issue reste alors celle des vice-présidents qui peuvent gérer les affaires locales grâce au système des délégations quand le président se prête au jeu. Et, grande nouveauté due aux derniers amendements apportés à la charte communale : un président exerçant dans la fonction publique peut se consacrer à son mandat électif et à plein temps sans perdre ses avantages. Pour le moment, les seuls cumuls non tolérés par la loi sont ceux qui consistent à exercer les missions de président de commune et de président de conseil provincial ou de conseil régional en même temps.

 
 
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