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Propos recueillis Par Mehdi Sekkouri Alaoui
ABDESLAM OUADDOU. "Je pense au Cameroun tous les matins"
Avec son franc-parler habituel, le défenseur des Lions de lAtlas évoque les sujets chauds de lheure : la défaite contre le Gabon, le prochain match au Cameroun
et larrivée du président Ali Fassi Fihri.
A un mois du match crucial contre le Cameroun, quel est létat
desprit des joueurs de léquipe nationale ?
Après la rencontre contre le Gabon, lensemble des joueurs avaient le moral à zéro. Normal, le Maroc venait de subir sa première défaite |
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officielle à domicile en vingt ans, et surtout dhypothéquer ses chances de qualification pour le Mondial 2010. Mais aujourdhui ça va nettement mieux, les joueurs sont conscients du challenge qui les attend. Ils sont motivés à bloc et déterminés à prendre leur revanche. Quant à moi, je suis impatient daffronter cette équipe camerounaise. Je peux même vous dire que jy pense tous les matins en me rasant.
Sérieusement, vous pensez que le Maroc a des chances de ramener un bon résultat de Yaoundé ?
Je suis convaincu quon peut y arriver. Mais à une seule condition : Roger Lemerre et Fethi Jamal, les deux responsables de léquipe, doivent aligner la meilleure équipe possible. Comment ? En donnant dorénavant la priorité aux joueurs les plus en forme du moment.
Insinuez-vous que ce nétait pas le cas avant ?
Tout le monde a pu voir le match contre Gabon et se faire une idée sur cette question.
Il paraît que vous êtes contre la titularisation en équipe nationale des joueurs évoluant dans les clubs du Golfe
Je ne tiens pas à polémiquer sur le sujet. Tout ce que je peux dire, cest que les championnats européens sont plus relevés que ceux du Golfe. Nimporte quel technicien du ballon rond vous dira la même chose. Il est donc tout à fait normal que léquipe nationale soit formée essentiellement des joueurs marocains qui évoluent en Europe. Cest une évidence. Personnellement, ça fait trois ans que des clubs émiratis et qataris tentent par tous les moyens de me recruter, avec à la clé des contrats mirobolants, mais à chaque fois je refuse. Pourquoi ? Parce que je suis convaincu quen allant là-bas, mon niveau de jeu va nettement baisser et donc je ne serai plus capable dapporter quoi que ce soit à léquipe nationale. Un jour, jirai peut-être jouer là-bas, mais il est certain que je continuerai à penser la même chose.
Daprès vous, quels sont les points forts et les points faibles de léquipe camerounaise ?
Je ne suis pas daccord avec les gens qui trouvent que le onze camerounais est vieillissant. La preuve cest quil compte dans ses rangs des joueurs redoutables qui sillustrent régulièrement sur le plan international. Je pense entre autres à Samuel Etoo, Carlos Idriss Kameni, Geremi Njitap ou Rigobert Song, etc. Par contre, le Cameroun a tendance à se reposer sur ses lauriers et son prestige dantan. A nous alors den profiter.
Vous estimez que le Maroc est capable de tenir tête à la grande équipe du Cameroun alors quil a chuté devant la modeste sélection du Gabon. Vous nêtes pas un peu trop confiant ?
Heureusement que je le suis. Il faut quon croie en nos chances et surtout que le public se remette à croire en nous. Cest vrai quon a grillé un joker devant le Gabon et quon na plus droit à lerreur, mais il ne faut pas oublier quen football, tout est possible. Léquipe du Maroc a un effectif capable de relever ce défi, jen suis convaincu.
Comment expliquez-vous alors la défaite devant le Gabon ?
Comme je vous lai déjà dit, les joueurs les plus compétitifs nétaient pas tous sur le terrain. Tout au long de la semaine de préparation qui a précédé le match, de nombreux joueurs ont montré de belles qualités mais, curieusement, ils nont pas été retenus. Malheureusement, on aurait pu éviter tout ça. Les deux sélectionneurs ont à mon avis une grande part de responsabilité dans la débâcle contre le Gabon. Je tiens en revanche à tirer un grand chapeau à léquipe gabonaise qui a livré un match sans complexe.
Vous êtes conscient quen accusant ainsi Roger Lemerre et Fethi Jamal, vous mettez en danger votre place au sein de léquipe nationale ?
Ecoutez, tout le monde sait comment je suis. Je nai pas pour habitude de faire dans la langue de bois. Le public marocain est en droit de savoir ce qui se passe au sein de son équipe nationale. Si je parle aujourdhui, ce nest pas pour enfoncer les uns ou les autres. Je le fais uniquement pour faire avancer les choses et que les erreurs ne se reproduisent plus.
Récemment, vous avez reçu la visite en France du nouveau président de la Fédération royale marocaine de football, Ali Fassi Fihri. Quel était le but de cette rencontre ?
Depuis le match contre le Gabon, tout le monde sait quil y a beaucoup de tension et de frustration au sein de léquipe nationale. Ali Fassi Fihri a eu la bonne idée de faire une tournée en France, en Belgique et aux Pays-Bas, afin de mobiliser les troupes, qui en avaient dailleurs grand besoin, en vue du match contre le Cameroun. Et je peux vous dire que les joueurs ont apprécié son initiative.
Il paraît quil vous a demandé dêtre son relais auprès des joueurs de léquipe nationale. Quen est-il ?
En effet. Jai dailleurs commencé par contacter la plupart des joueurs évoluant en Europe pour leur transmettre le message suivant de Ali Fassi Fihri : la qualification est toujours possible et il faut que tous soit solidaires dans cette épreuve.
Que pensez-vous du choix de Adil Rami de porter les couleurs de la France ?
Cest dommage de se priver dun joueur aussi talentueux. Mais que voulez-vous, cest son choix, et il faut laccepter. Maintenant, il faut se demander pourquoi ce joueur et dautres, comme Affelay et Kaboul, nont pas été convaincus par les arguments marocains.
Et pourquoi à votre avis ?
Tout simplement parce quils ont des échos sur la manière avec laquelle est gérée la sélection marocaine. Ça ne leur inspire pas confiance. Espérons que tout cela va changer avec Ali Fassi Fihri, car si ça continue ainsi, on risque de perdre à lavenir dautres joueurs pétris de talent.
Quelle est votre situation au sein de votre nouveau club, lAS Nancy Lorraine ?
Jai signé un contrat de quatre ans (jusquen 2012) avec le club de mes premières amours, je ne peux être que content. Même si notre saison na pas été aussi étincelante que la précédente.
Justement, en 2008, Nancy a terminé le championnat à la quatrième place. Cette année, vous luttez contre la relégation. Quest-ce qui vous est arrivé ?
On a fait un très mauvais début de championnat, en alignant beaucoup de nuls, ce qui a installé le doute parmi les joueurs. Mais depuis quelques semaines, on a su relever la tête. Nous avons sorti de grands matchs et avons quasiment assuré notre maintien.
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