N° 372
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

MOULAY HICHAM, ALI AMAR, ETC. Grand malentendu et petites polémiques
POLITIQUE. Des ministres dans l'arène
ENSEIGNEMENT. High school à la marocaine
ABDESLAM OUADDOU. "Je pense au Cameroun tous les matins"
L'ACTU MAROC



FOOTBALL. On gagne et on casse !
Les affrontements entre
supporters ont gâché le derby. (TNIOUNI)

Le 106éme derby casablancais a tenu ses promesses en termes d’affluence, de recettes, d’ambiance. Et de violence.


Dimanche 3 mai. Les premiers groupes de supporters en maillots floqués des fanions du Wydad et du Raja affluent vers le Complexe Mohammed V, huit heures avant le début du match prévu à 16h. Certains cherchent désespérément des billets, qui ne sont plus disponibles qu’au marché noir. Les 46?000 tickets destinés à la vente ont été écoulés trois jours avant le coup d’envoi. Du pain
bénit pour la trésorerie du Raja, l’équipe hôte, qui a engrangé une recette record de 1,8 million de dirhams. Mais dans les gradins, le nombre de spectateurs est beaucoup plus élevé, avoisinant les 70 000 personnes. Le laxisme ou la complicité des agents de sécurité et des organisateurs ont permis à ce “surplus” de spectateurs d’accéder aux gradins. Sur la pelouse, et après six minutes de jeu, l’équipe du Wydad marque un premier but par le biais de Jouiâa. Les aficionados des Rouges commencent déjà à rêver d’une sévère déculottée infligée au Raja, à l’instar du Barça qui avait humilié, la veille, son éternel rival du Real (6-2). Mais le compteur des buts reste bloqué à ce score. Après la fin du match, le spectacle est moins réjouissant : une vingtaine de bus sont vandalisés, des groupes de supporters s’affrontent à coups de pierres et plus de 60 personnes sont interpellées. Un classico à la marocaine, en somme. Abdellah Tourabi


Marrakech. Un rallye fun, fun, fun
La ville rouge se rappellera longtemps de son 1er mai. Week-end prolongé oblige, Casablancais et Rbatis, par dizaines de milliers, ont envahi la ville, bravant des bouchons interminables sur l’autoroute ou des wagons de train plus bondés que jamais. Marrakech faisait dans l’animation tous azimuts : Moonfest au lac de Lalla Takarkoust, 13ème édition de Caftan et surtout le Race of Morocco. Cette étape du championnat du monde de sport automobile (seule manche africaine) a tenu ses promesses. Sur la piste, le Maroc était bien représenté avec un Mehdi Bennani qui n’a pas été décevant en se classant 9ème sur 20, pour sa première participation dans une compétition du genre. Les bolides propulsés sur le circuit aménagé en ville ont trouvé un large public parmi les VIP, qui papillonnaient entre des loges au loyer faramineux : jusqu’à 700 000 dirhams. Les gradins, par contre, étaient déserts. Car, même si les spectateurs sont venus nombreux, ils ont préféré déambuler dans le paddock, plutôt que de suivre les courses sous un soleil de plomb sur des estrades non couvertes. Un “couac” excusable pour une première édition. Fahd iraqi


Droits humains. Le festival était show
C’est avec Le Déshonneur des Casques bleus, de Raymonde Provencher, sur les viols commis par des soldats onusiens (des Marocains figuraient initialement parmi les accusés) au Congo, que s’est conclu, en milieu de semaine à Rabat, le 2ème Festival international du film sur les droits humains. Un évènement militant?? Sans aucun doute. Mais qui, malgré la qualité des documentaires projetés, peine à trouver son public, parfois inexistant, sauf pour l’ouverture et la clôture. Week-end du 1er mai ensoleillé, faible visibilité, programmation parfois approximative… Omar Louzi, directeur du Festival, admet plusieurs “incidents” organisationnels. “On fait avec ce qu’on a, soit 160 000 dirhams”, explique-t-il, amer que le Conseil consultatif des droits de l’homme “n’ait pas déboursé un centime malgré les 4 millions d’euros alloués par la Commission européenne pour la promotion des droits humains”. “Mais je reste optimiste”, se reprend notre interlocuteur, qui annonce “une autre rencontre cinématographique dédiée aux droits humain en novembre prochain”. Abraham Serfaty, symbole des années de plomb, pourrait en être l’invité d’honneur. Cerise Maréchaud


Noureddine Ayouch. “Zakoura est vivante”
La fusion entre Zakoura et la Fondation Banques populaires permet au publicitaire de se retirer du microcrédit. Explications.

Votre Fondation est reprise par le Groupe Banques populaires. Est-ce un sauvetage pour Zakoura, qui connaissait de sérieuses difficultés financières ?
Nous avons eu des difficultés au niveau du recouvrement ces derniers temps. Mais les quatre premiers mois de 2009 ont été remarquables : le taux de non-remboursement ne dépasse pas les 0,6%. La fusion avec la Fondation Banques populaires est une évolution naturelle. Toute association de microcrédit qui atteint une taille critique est appelée à intégrer un groupe bancaire. Elle est toujours vivante puisque la nouvelle fondation se nommera Zakoura – Chaâbi.
Mais vous ne serez plus aux commandes. Un petit pincement au cœur ?
Je ne vous cache pas que j’ai eu les larmes aux yeux en faisant mes adieux au personnel. Mais je ne suis pas un homme à chercher des postes. Je veux plutôt créer des choses. Je continue de m’investir dans le social puisque je suis toujours à “Zakoura éducation”, qui bénéficiera désormais d’un appui financier important des Banques populaires. Mais pour le microcrédit, j’ai écrit dans mon livre que le jour où il devra passer entre les mains des banques, je me retirerai.
Seriez-vous devenu anti-capitaliste à force de côtoyer les humbles ?
Non, non. Mon boulot est d’accompagner les entreprises pour créer de la valeur. Mais Zakoura reposait sur une approche humanitaire… Je ne dis pas que la bancarisation inéluctable du microcrédit est une mauvaise chose. C’est juste que ce n’est pas ma tasse de thé.
Propos recueillis par Fahd Iraqi


 
 
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