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De Hassan Hamdani
Ma vie, cest lkhedma ldar
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Hassan El Fad
Comédien (TNIOUNI)
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Antécédents
| 1962. |
Naissance à Casablanca |
| 1998. |
One man show Ninja |
| 2001. |
Prix du meilleur second rôle dans Ali, Rabiâ et les autres |
| 2002. |
Crée Kanat Ci Bi Bi pour la TVM |
| 2003. |
Présente Qhiwa mâa Hassan sur TVM |
| 2005. |
One man show Dr Ghlala. Crée Chanily TV sur TVM.
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| 2009. |
Chroniqueur dans Sahrane mâak allayla sur 2M |
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Le PV
Hassan El Fad évite de se laisser surprendre par les questions. Il réfléchit, cherche le terme juste, le trait desprit aussi. En un mot, il maîtrise sa communication depuis quil est à cheval sur plusieurs carrières, sa tête chauve couverte de plusieurs casquettes. Il monte sur scène un jour pour jouer des personnages absurdes, et le lendemain, il anime un séminaire des forces de vente de son sponsor dans la téléphonie mobile. Il est au four pour faire cuire à feu doux son humour décalé quil aimerait, un jour, servir chaud sans laffadir aux Marocains. Et au moulin, à faire le camelot pour ses sponsors. Paradoxal, Hassan El Fad. A soigner durgence
Smyet bak ?
Mohamed Ben Mohamed
Smyet mok ?
Jamila Bent Brahim
Nimirou dla carte ?
Vous lavez déjà (BJ 11 055, ndlr). Quoique cela ne vous regarde pas.
Vous êtes un humoriste francophone ou arabophone ?
Ni lun ni lautre. Je suis dans un dosage des deux langues, ce qui fait de moi un humoriste marocain.
Ce qui vous oblige à vous limiter pour ne pas vous couper du public
On ne peut pas parachuter de lhumour décalé au milieu dun public habitué à des formes de rire plus académiques. Je creuse des percées à chacun de mes spectacles ou émissions de télévision. Je dose entre le rire surréaliste et absurde que jaimerais faire et les habitudes du public marocain. Pour cela, je fais des compromis.
Où finit le compromis et où commence la compromission ?
Je me trahis quelques fois en me limitant. Je partage mon humour avec ceux qui me ressemblent, mais cette ressemblance a des degrés. Tous les Marocains sont sensibles à mon personnage de vétéran de lIndochine. Par contre, quand je fais le philosophe qui invente la relatitivité, je sais que je madresse à beaucoup moins de gens. Pourtant, ils me ressemblent autant.
Un peu schizophrène en somme
Oui, comme beaucoup de Marocains. A lorigine, le Maroc faisait une symbiose des genres. Avec la crise, le mix de cultures est devenu schizophrénie.
Sexe, religion, politique ne sont jamais abordés dans vos spectacles. Autocensure ?
Si, jen parle. Je décide de mon degré de hardiesse en flairant la réceptivité de la salle. Je fais une vanne, si je vois quil y a de la réactivité, je pousse plus loin pour voir. Lhumour, cest comme lamour, ça se fait à deux.
Vous navez pas la sensation de servir de la confiture à des cochons ?
Je ne pense pas produire de la confiture et je nai pas limpression davoir affaire à des cochons.
Le goût pour le show, ça vient tôt ?
Au primaire, je dessinais des images que je commentais. Le spectacle se tenait dans un garage abandonné et je faisais salle comble grâce à ma famille très nombreuse. Jaccrochais un panneau en carton pour annoncer le spectacle, une semaine à lavance. Le tarif dentrée : une capsule de limonade.
Vous avez eu une période hippie. Cest sérieux pour un chauve ?
Chauve parce que je le vaux bien. Le Hassan El Fad devant vous, cest celui daprès. Mais il y a eu celui davant, ladolescent avec la queue de cheval. Au même titre que Bob Dylan ou Nass El Ghiwane, mon frère plus âgé était une de mes idoles. Jécoutais fasciné ses conversations avec ses amis, au coin de la rue, sur le savoir vivre hippie.
Au point den faire une mauvaise chanson avec un certain Si Mehdi
Quest ce quon entend par qualité artistique ? Le morceau a plu aux jeunes et moins jeunes. Cest une rencontre multi-générationnelle portée par un rythme dinspiration manouche.
Vous contribuez pourtant à bâtir le mythe dun âge dor seventies dans la tête des jeunes.
Je nai jamais considéré les années 1970 comme un âge dor. Je nassocie pas cette période uniquement aux années de plomb, mais aussi à lexubérance artistique des seventies. Quoique je me souvienne très bien que mes amis et moi fuyions à larrivée des estafettes. Nous navions rien à nous reprocher, mais la peur des flics de lépoque créait ce genre de réflexe.
Vous admirez Tarik Ibn Zyad dont vous avez fait un personnage de votre dernier one man show. Pourquoi ?
Gamin, il ma fait rêver car cest le premier véritable héros que lon rencontre dans les manuels scolaires marocains. Cétait pour moi un grand homme qui a pris la mer, avant de brûler ses bateaux et construire Al Andalus.
Brûler ses bateaux, cest pas un peu idiot en cas de défaite ?
Il navait pas lintention de revenir. Cest lhistoire officielle dont je vous parle, telle quon nous la racontée. La version espagnole doit bien entendu être différente. Mais je men fiche, je me suis fabriqué mon propre héros, mon Tarik Ibn Zyad que jai mis en scène dans un sketch.
Toujours aussi fan de limam star de la mosquée Hassan II, Omar Kzabri ?
Oui. Jassiste aux prières quil dirige pendant le ramadan. Jai eu le plaisir de croiser lhomme, il est sympathique et parle avec bonhomie.
Vous êtes très pieux ?
Pieux, je ne sais pas. Pratiquant, cela se limite à ça.
Très sérieux, au fond.
Ma vie, cest lkhedma ldar. Jai calqué mes valeurs sur celles de mon père : bien faire son travail et avoir une famille.
Vous navez foulé le tapis rouge du Festival international de cinéma de Marrakech quune seule fois. Asocial à ce point ?
Je fais beaucoup defforts, mais je ne suis pas très sociable. Je naime ni les mondanités, ni ce tapis rouge qui me pose problème. Jen profite dailleurs pour demander à mes collègues dêtre plus discrets lorsquils passent dessus.
Cest quoi votre problème avec lEgypte ?
Je naime pas lhégémonie culturelle. La culture du Machreq en général est en train de raser les spécificités de lidentité marocaine.
Même Oum Kaltoum ne trouve pas grâce à vos yeux ?
Jécouterais du Oum Kaltoum le jour où jy serais acculé (rire).
Vous êtes chroniqueur dans Sahran maâk allayla sur 2M, émission présentée par Imad Ntifi. Entre vous deux, ce ne serait pas un choc des cultures ?
Mahmoud Abbas a serré la main à Ehud Olmert, lUSFP pense à une alliance avec le PJD. Pourquoi pas Imad et moi ? Non, sans blague, il faut provoquer des rencontres, chercher des surprises, proposer de nouvelles choses au téléspectateur marocain. Imad Ntifi et moi sommes suffisamment différents pour être complémentaires, même si cette complémentarité nest pas encore tout à fait au point dans lémission.
Et votre femme, vous la faites rire ?
Non, dans la vraie vie, je suis plutôt râleur et grincheux. Ma femme me traite de croque-mort, naimant pas trop mon humour. Une de mes vannes fait lunanimité ? Elle, elle la trouve juste pas mal. |
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