N° 372
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

CINÉMA. La nostalgie, camarade
LITTÉRATURE. Dis-moi ce que tu lis…
HANANE EL FADILI. "Oui, Haifa est une bombe"
LE MAG CULTURE



Coordonné par Maria Daïf

(C.M / TELQUEL)

Abattoirs. De la suite dans les idées
Un mois après les portes ouvertes des Transculturelles, le chantier de reconversion des Abattoirs de Casa ne fait que commencer.


Plus de 200 artistes et 20 000 visiteurs : joli succès pour les Transculturelles des Abattoirs (11 et 12 avril). “Ouvrir les portes pour ne plus les refermer”, tel était le credo de cet événement “manifeste”, rappelle le président de Casa Mémoire, Abderrahim Kassou. Un mois
plus tard, et pour quelques semaines encore, l’édifice est ouvert tous les jours de 14h à 18h à ceux qui souhaitent voir les expos d’arts plastiques et visuels, ou glisser sur la piste de skate. Mais beaucoup reste à faire pour pérenniser la reconversion du bâtiment en espace de culture urbaine. Sur les 2 millions de dirhams alloués par la ville, après les mesures de sécurisation (300 000 DH) et les Transculturelles elles-mêmes (1,2 million), il reste 500 000 DH et trois gros chantiers. “Tout d’abord, la réhabilitation du bâtiment dans les règles de l’art, explique Abderrahim Kassou, notamment rétablir l’étanchéité des toits et reprendre certains sols”. Il s’agira ensuite d’exploiter les trois hectares à l’arrière, jusqu’alors condamnés. Autre priorité : “équiper les lieux” pour les concerts et projections à venir. Enfin, constituer un “embryon d’administration culturelle et une équipe de techniciens et agents de sécurité permanents”. En attendant, l’agenda se remplit déjà : ce week-end, un concert de musique classique, puis fin mai, le Tremplin de L’Boulevard, puis en juin, un événement “street culture” avec breakdance et parcours de yamakasis, ainsi que la Fête de la musique. Cerise Maréchaud


Arts plastiques. Hakim, le signe en moins
On l’attendait Hakim Ghazali. Installé à Dubaï depuis plusieurs années, on le voyait si peu dans son pays d’origine. Jusqu’à l’année dernière. Croisé ici et là lors de vernissages ou chez ses amis à Marrakech, on le sentait venir et l’exposition casablancaise se préparait en catimini. Artiste-peintre doublement plébiscité par Christie’s Dubaï (une peinture adjugée en 2007 à près de 500 000 DH et une deuxième en 2008 à quelque 600 000 DH), Hakim Ghazali semblait bouder les galeries marocaines, leur préférant celles du Moyen-Orient, plus reconnaissantes de son talent. Rien de tout cela puisque c’est à Casablanca que l’artiste marque un tournant dans son travail : l’écriture calligraphique qui a fait le succès de sa peinture a disparu, laissant place à une œuvre dense et construite. A la galerie l’Atelier 21 du 12 mai au 12 juin. Maria Daïf


Mode. Caftan, sans plus
Samedi 2 mai, une kyrielle de créateurs de mode et de people se sont donné rendez-vous à Marrakech pour
l’édition 2009 de Caftan. L’événement, organisé en quasi-totalité cette année par l’agence LTB (reléguant ainsi l’équipe de Femmes du Maroc, magazine à l’origine du défilé, à un rôle de figuration) a tenté de ne pas déroger à la règle. Caftans luxueux, quelques VIP et un spectacle version Star Ac/Cléopâtre, signé Kamel Ouali. Mais encore ? Pas grand-chose. Le thème Afrique-Orient-Occident, trop vaste, n’a pas spécialement inspiré les stylistes, et les collections ont varié entre le classique et le déjà vu. La très attendue soirée de clôture, elle, a été froide, sans enthousiasme et très tôt désertée. Résultat : beaucoup de paillettes mais peu de magie.
Sonia terrab


Hip hop. Jdid H-Kayne
Le troisième opus des rappeurs les plus meknassis du pays est sur le point de débarquer dans les bacs. Annoncé depuis presque 3 ans (le quatuor a pris son temps), Jil Jdid sera l’album du renouveau pour ces pionniers du hip hop marocain. Le public a déjà pu avoir un petit avant-goût du très attendu successeur de 1426, sorti en 2005 : depuis quelques semaines, l’Arboun, single très branché rap old school, cartonne sur les ondes. Et pour faire un come-back dans les règles de l’art, le groupe s’apprête à sortir deux clips, avant de participer à une résidence musicale avec des artistes venant d’horizons divers, au festival toulousain Rio Loco, le 21 juin, à l’occasion de la Fête de la musique. Meriem Saadi


Résidence. Les amis de Butor
A l Maqam, centre d’art à Tahanaout (30 kilomètres de Marrakech sur la route d’Amezmiz) ouvre ses portes du 9 au 16 mai à une résidence artistique autour de l’écrivain et poète français Michel Butor. Ce sera la deuxième fois que ce pionnier du nouveau roman travaillera avec des artistes marocains puisqu’en 2005 déjà, à Marrakech, il avait participé à une résidence qui a donné naissance à une expo et à une série de livres d'art. Quatre ans plus tard, Michel Butor revient collaborer avec des artistes plasticiens marocains et participer à une série de rencontres, sous la houlette de l’artiste Mohamed Mourabiti. Pendant 8 jours, Mahi Binebine, Farid Belkahia, Tibari Kantour et bien d'autres travailleront côte à côte dans l’atelier d’Al Maqam. Le fruit de la résidence sera un livre d'artistes et des coffrets de lithographies, offerts en partie aux associations de la région. Ayla Mrabet


3 questions à farid bensaïd Que demande le peuple ?
Casablanca attend son festival de musique, Casa Music, du 16 au 19 juillet avec une programmation encore plus populaire. Farid Bensaïd, son tout frais président, le confirme.

Comment va Casa Music face à la concurrence de Mawazine ?
Casa music est un festival qui assume complètement son identité et sa touche personnelle. Il s’agit d’un festival populaire capable d’attirer des centaines de milliers de Casablancais autour de grandes scènes publiques. La manifestation donne également une place privilégiée aux groupes marocains de musique urbaine, qui jouissent actuellement d’une grande popularité auprès du public marocain.

Quel est le budget du festival ?
La part fixe du festival est de 15 millions de dirhams, mais certains groupes et artistes sont pris en charge par des sponsors de Casa Music.

Que comptez-vous faire pour les deux autres volets du festival : Cas’Arts et Casa Ciné ?
Dans les précédentes éditions, le festival était scindé en trois volets : musical, artistique, et cinématographique. En ce qui concerne Cas’Arts, la manifestation est mise en stand-by pour le moment, quant à Casa Ciné, il est programmé pour la rentrée, mais nous sommes toujours à la recherche de fonds conséquents afin d’organiser une manifestation cinématographique digne de Casablanca.
Propos recueillis par Abdellah Tourabi


Timitar. Bahia beat
Energique, suave et métissée : telle est la musique de Carlinhos Brown, superstar de la scène brésilienne et précieux invité du 6ème festival Timitar (du 1er au 5 juillet), deux ans après l’un de ses mentors, Gilberto Gil. Né dans une favela de Salvador de Bahia et héritier du mouvement culturel “tropicaliste”, ce percussionniste d’exception tire son nom de scène de H. Rap Brown, militant des Panthères noires, et de Box Brown, esclave noir qui avait essayé de s’enfuir dans un carton. Créateur du groupe culte Timbalada et plus récemment du très harmonieux Rio Os Tribalistas, avec Marisa Monte et Arnaldo Antunes, Carlinhos Brown est homme à rassembler “plus d’un million de personnes à ses derniers concerts”, annonce Brahim El Mazned. “Mais la vraie tête d’affiche de Timitar, ce sont les artistes amazighs”, rappelle le directeur artistique, satisfait que ces derniers soient “de plus en plus sollicités à l’étranger”. C.M.


Photo. Les bottes de Ghita
Ghita Skalli a 17 ans et une pertinence artistique surprenante. La photographe d’art expose au Jazz sous le Rocher à Casablanca (du 8 mai au 6 juin). Cor100Cor, titre qu’elle a donné à la série de photographies qu’elle y montre, est la preuve que la petite ne manque ni d’esprit ni de talent : “Cor100Cor est une expo photo retraçant la journée d’un être invisible mettant des bottes jaunes, visible sur 24 clichés noir et blanc, en plein Paris”, écrit-elle sur son profil Facebook. “Ces bottes sont en fait les miennes. J’ai remarqué qu’en les portant, elles attiraient tellement l’attention que je passais, moi, inaperçue. C’est de là qu’est née l’idée de ces photos”, raconte Ghita, de sa voix fluette. Le premier pas photographique a été franchi l’année dernière lors d’une exposition au café Sugar Hill. Ghita est de retour et on est preneurs. M.D.


Tour d'art
Et de trois pour ARTour. L'événement, organisé par l'association culturelle Ambre Maroc, réunit, pour son édition 2009, 10 artistes italiens et marocains, qui exposeront leurs toiles autour du thème "Correspondances". Au programme, vernissages et expos de Guido Palmero, Mohamed Melehi, Nawal Sekkat, Silvia Fossati, Omar Bouragba, Luigi Biondi, Ahmed El Hayani, Mohamed Boustane, Guido del Fungo et Maggia Caterina. A Casablanca du 12 au 23 mai dans la salle d'expositions du consulat italien, du 16 mai au 15 juin à la galerie Mohamed Drissi à Tanger, et au Palais Moulay Hfid, toujours à Tanger, du 10 au 14 juin.

Arts de rue
Médina FM, radio issue de la deuxième vague de libéralisation, commence déjà à faire parler d’elle, même si elle n’a pas encore commencé à émettre. La station organise, samedi 10 mai, une plateforme éducative des arts de rue à Meknès, ville où seront basés ses locaux. Au programme, un concert de H-Kayne et les rappeurs belges Rival et CNN199, ainsi que des ateliers de graff, de breakdance ou encore de DJing. Un événement de bon augure pour la suite, vu que Médina FM compte accorder une grande place au rap dans sa programmation musicale. A partir de 15 heures, à la Place Bab Mansour de Meknès.

 
 
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