N° 373
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Relire Ben Barka
Dans son Bloc-notes, intitulé Club Med (TelQuel, n°371), Karim Boukhari affirme que “tout Ben Barka qu’il est, le martyr dont le corps n’a jamais été retrouvé n’est pas et ne doit pas être un sujet tabou”. Il faut tenir compte du contexte du Maroc au lendemain de l’indépendance. Ben Barka, partisan de la pensée unique et d’un pouvoir fort centralisé, animait un parti de l’Istiqlal totalement dévoué et soumis, dont le mot d’ordre était : “Le Maroc est à nous, pas aux autres”. Il a fallu tout le pouvoir moral de Mohammed V pour faire accepter par l’Istiqlal la constitution d’un gouvernement intégrant les deux partis politiques de l’époque. Je pense que cette période allant de l’indépendance à la mort de Mohammed V ne doit plus faire l’objet d’une lecture, au pire partisane, au mieux sentimentale.
Saïd Zebdi, Rabat

Le Maroc de Taïa
La réaction d’un de vos lecteurs à la lettre de Abdellah Taïa adressée à sa mère, “le Maroc expliqué à un écrivain” (Courrier des lecteurs, TelQuel, n°371), m’a interpellé. Il dit être “blessé comme des millions de ses concitoyens” par les propos contenus dans la lettre. Personnellement, les sujets qui me blessent sont plutôt la pauvreté, l'analphabétisme, la pédophilie... Je pense que Abdellah Taïa est une chance pour le Maroc et un exemple pour des milliers de jeunes. Il décrit notre royaume, un pays pluriel, cosmopolite, mélange de traditions et de modernité, parfois schizophrène. C’est ça notre identité marocaine. Quant à l’homosexualité, oui elle existe et a toujours existé dans notre pays. Seulement, aujourd’hui, certaines personnes ont le courage d’outrepasser les peurs, les traditions et osent briser la loi du silence. Abdellah ne s’exprime pas en tant qu’écrivain mais seulement comme un enfant, un fils qui déclare son amour et sa différence à ses deux mères, la mère-patrie et M’Barka. Et il n’y a pas de mal à ça. Je n’y vois ni honte ni peur, mais du courage, de la tolérance et de l’amour.
Mounir Moumni, Rabat

Safari électoral
En réfléchissant aux élections communales, une image me vient à l'esprit : la savane. Il y a des guépards et des gnous en alerte, chacun de son côté. Les guépards s'approchent, guettent, changent de tactique, patientent, organisent leurs interventions. Les gnous, eux, mangent, boivent et attendent le coup final. Ils savent qu'ils seront victimes, mais pas quand ils seront attaqués. Ils ont peur, s'impatientent. L’ennemi s'approche, l'angoisse augmente, la panique est générale, tout le monde se sauve. Et, hélas, les plus faibles sont pris au piège.
Moufid Mouhcine, Agadir

Pauvre classe moyenne
Selon le HCP, 53% de la population se situent dans les classes moyennes, gagnant entre 2800 et 6736 DH par mois (TelQuel n°372). On a une large, très large classe moyenne. Et aussi une pauvre classe moyenne (contrairement à la définition même de cette classe). En tenant compte de ce rapport, plusieurs mesures prises auparavant, notamment par le gouvernement, seraient caduques. Les produits logement lancés tambour battant par le ministère de l’Habitat, destinés à la classe moyenne et dont les prix se situent entre 600 000 DH et 800 000 DH seraient inappropriés. Une simulation pour les mensualités que doit payer une famille de classe moyenne touchant 2800 DH, pour un prêt de 600 000 sur 20 ans et un taux d’intérêt de 6% montre cette absurdité : cette famille doit payer plus que ce qu’elle gagne par mois : 4537 DH. Les riches de cette classe moyenne version HCP, qui contractent un prêt de 800 000 DH, eux, doivent payer presque leur salaire : 6049 DH par mois. Les seuls produits qui seraient appropriés à cette classe moyenne version Ahmed Lahlimi, Haut commissaire au plan, sont les nouveaux produits à 140 000 DH et le logement social.
Amazigh Yechou, Meknes

 
 
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