N° 373
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

De Fadoua Ghannam

“Berkani et fier de l’être”

Anis Birou, Secrétaire d’Etat à l’Artisanat (TNIOUNI)

Antécédents

1962. Naissance à Berkane
1979. Intègre l’Institut national des statistiques et de l’économie appliquée
1998. Rejoint le RNI
2004. Nommé secrétaire d’Etat à l’alphabétisation
2007. Reconduit dans le gouvernement El Fassi comme secrétaire d’Etat à l’Artisanat
2009. Préside la commission préparatoire des communales du RNI

Le PV
Anis Birou est un passionné du travail. Il ne se lasse pas de le répéter, au risque de faire dans la langue de bois. L’homme sait ce qu’il veut et l’obtient souvent. Touche-à-tout, il s’est lancé corps et âme en politique, lui, un ingénieur (et cartésien) de formation. Et la politique lui réussit plutôt bien. Dans les rangs du RNI, il s’affirme comme un stratège incontournable. Ses qualités d’homme de consensus lui valent, aujourd’hui, d’être tout désigné pour se charger de la préparation de plusieurs rendez-vous électoraux, notamment les communales de 2009. Avec les médias, Birou se montre toujours disponible, se prêtant volontiers au jeu des questions-réponses. Même si, bien entendu, le verbe est toujours aseptisé et la retenue de rigueur. Un vrai ingénieur politique on vous dit…


Smyet bak ?
Mohamed Ben Hammad

Smyet mok ?
Fatima Bent Mohamed

Nimirou d’la la carte ?
A 558423

Vous êtes le seul ministre originaire de Berkane. Vos collègues vous lancent-ils des vannes ?
Mon ami Taoufik Hejira, un Oujdi (ndlr, les deux villes sont séparées de 60 kilomètres), me lance à chaque fois qu’il me voit une nouvelle blague sur les Berkanis. Il me chambre à sa manière, c’est pour rire, sans plus. Cela ne me dérange absolument pas. Je suis Berkani et fier de l’être. Et puis, je ne suis pas le seul au gouvernement. Le Premier ministre Abbas El Fassi lui-même est natif de Berkane, je vous le rappelle.

C’est peut-être pour cela qu’on a cru à une blague quand il a été nommé ?
La nomination du Premier ministre est le résultat des urnes. C’est une personne que j’apprécie beaucoup. Il met les intérêts du pays au-dessus de tout.

Comment avez-vous atterri en politique ?
Mon père a été l’un des fondateurs du RNI. Quand j’ai décidé de faire de la politique, je me suis naturellement dirigé vers ce parti. Je l’ai officiellement rejoint en 1998, quand j’ai été nommé chef de cabinet de Najib Zerouali, alors ministre de l’Enseignement supérieur.

Vous présidez la commission préparatoire des élections de juin au sein du RNI. Vous l’avez également fait pour les législatives de 2007. Ça fait quoi d’être “Monsieur élections” des Bleus ?
C’est un titre trop pompeux pour moi. Je coordonne le travail de toute une équipe composée de militants et plusieurs de mes collègues ministres. J’en suis l’animateur en quelque sorte, sans plus.

Il n’empêche, vous êtes la star montante du RNI. Pas de jalousie de la part de vos collègues ?
Je ne me considère pas comme une star montante. J’accomplis ma mission avec sérieux et application, c’est mon seul mérite.

Pourquoi vous êtes-vous retiré des communales alors que vous aviez l’intention de vous présenter ?
Berkane est très loin de Rabat, où je réside. Je veux œuvrer pour le développement de ma ville, mais je ne pourrais malheureusement pas assumer les responsabilités d’élu local parallèlement à ma fonction ministérielle. A Berkane, je dispose d’un capital crédibilité que je veux préserver. Pour le moment, je suis plus utile là où je suis.

Vous ne suivez donc pas l’exemple de votre boss au RNI, qui a longtemps cumulé des mandats d’élu local, député et ministre ?
Mustapha Mansouri a une longue expérience en politique. Il fait très bien son boulot en tant qu’élu de la commune de Laroui, circonscription dont il est également député. La preuve, il est réélu à chaque scrutin.

Vous ne vous êtes pas présenté, non plus, aux législatives de 2007. La sanction des urnes vous fait-elle peur ?
Pas du tout. Je voulais me présenter à Berkane en tant que tête de liste du RNI. Mais le parti a jugé bon d’accréditer d’autres candidats, qui n’ont malheureusement pas réussi à se faire élire.

Votre parti s’est allié au PAM de Fouad Ali El Himma. Cela ne vous dérange pas ?
J’ai été parmi ceux qui ont le plus défendu l’alliance des deux groupes parlementaires. Avec le PAM, nos points de vue sont identiques sur de nombreux sujets, comme la régionalisation par exemple.

En gros, vous aussi, vous êtes tombé sous le charme d’El Himma…
Avec le PAM, nous avons la même vision du champ politique national. C’est une alliance tout à fait naturelle.

Vous êtes un pur produit de l’école marocaine, qui a gravi progressivement les échelons en politique. C’est ça, finalement, le rêve marocain ?
Si vous voulez… En ce qui me concerne, je suis fier d’avoir fait toute ma scolarité au Maroc. Et je ne suis pas le seul produit de l’école publique à avoir réussi dans la vie. Tant mieux.

Vous avez travaillé pour plusieurs départements ministériels (Travaux publics, Entraide nationale, Enseignement supérieur, etc.). Pas mal pour un statisticien, non ?
Effectivement, mais quelle que soit la nature des dossiers à gérer, mon approche a toujours été la même, basée sur la discipline et le travail. Je suis un pur bosseur. Et puis, j’ai eu la chance de travailler aux côtés de personnalités qui m’ont beaucoup appris tout au long de ma carrière.

Prenons l’exemple de Zoulikha Nasri, la conseillère royale, dont vous avez été le chef de cabinet au secrétariat d’Etat à l’Entraide nationale entre 1997 et 1998. Vous a-t-elle appris quelque chose ?
Beaucoup, je vous assure. Grâce à elle, j’ai appris la rigueur, la force au travail, le courage et le sens de l’Etat. Zoulikha Nasri est une dame exceptionnelle. Je suis fier d’avoir été son proche collaborateur.

Les chiffres relatifs à l’analphabétisme ont-ils reculé depuis votre passage en tant que secrétaire d’Etat à l’alphabétisation ?
Quand j’ai été nommé, le pays comptait 43% d’analphabètes. Ce taux a été réduit aujourd’hui à 34%, preuve que la politique marocaine en la matière est efficace. En 2006, nous avons reçu un prix international récompensant les efforts du pays pour éradiquer l’analphabétisme.

Pourtant, un tiers des citoyens marocains ne sait toujours ni lire ni écrire…
Il n’existe pas de remède miracle pour lutter contre ce fléau. Je suis conscient que la bataille du développement passe forcément par le savoir. Chaque personne sauvée des ténèbres de l’analphabétisme est une grande victoire.

Optimiste ?
Oui. J’ai confiance, notre pays avance à grands pas.

Vous êtes actuellement secrétaire d’Etat à l’Artisanat. Comment ça se passe avec les maâlems du secteur ?
Le but est de valoriser le travail de ces artisans. C’est un secteur clé qui emploie directement 2 millions de Marocains et en fait vivre près de 10 millions.

Vous avez choisi ce secteur pour avoir des blaghi sur mesure, vous que l’on dit avoir les plus grands pieds du gouvernement…
Si vous voulez insinuer que je chausse du 44, je vous le concède, oui, c’est vrai (rires).

 
 
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