N° 374
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Qui sommes-nous et que parlons-nous ?
L’éditorial intitulé “Qui sommes nous ?” (TelQuel n°372) m’a rappelé un précédent éditorial sur les composantes identitaires que renferme la darija. Celle-ci retrace l’histoire des Marocains et comprend plusieurs facettes de ce que nous sommes : amazighs, juifs, Romains, arabes, Français, etc. Mais la défense de son utilisation officielle doit partir du principe qu’elle est tout simplement parlée par des millions de
Marocains. Prenons l’exemple de la Suisse : l’intégralité des documents administratifs helvétiques est rédigée dans les trois langues officielles (selon la Constitution fédérale) : l’allemand, le français et l’italien. S’ajoute une quatrième langue nationale : le romanche, parlée par une petite minorité (moins de 0,5% de la population), mais celle est considéré comme langue officielle pour les rapports que la Confédération entretient avec les personnes de langue romanche. Au Maroc, c’est un grand paradoxe. L’arabe classique, qui n’est utilisé au quotidien comme langue de communication par personne, est la langue officielle. Et les deux principales langues parlées par les Marocains, la darija et le tamazight, ne sont consacrées ni officiellement par la Constitution ni officieusement dans les médias publics. Cela marginalise des millions de citoyens et produit un sentiment de non-appartenance au pays, voire de honte ou Hogra. Force est de constater comment l’utilisation de la darija et le tamazight chez les jeunes musiciens ou cinéastes a fait renaître ce sentiment de fierté d’être marocain. Des T-shirts ornés avec des textes en darija -ana maghribi- sont portés avec fierté par des jeunes et des moins jeunes. Cessons donc de nous faire coller l’identité arabe. Nous sommes des Marocains et nos langues sont la darija, le tamazight, l’arabe et le français. Les Suisses romands, les Belges, les Québécois ne sont pas considérés comme des Français, mais comme des francophones. Certains pays d’Amérique du Sud ne sont pas considérés, non plus, comme partie de la nation espagnole ou portugaise. Pourquoi devons-nous être arabes ?
Bouiamrine El Houssine, Meknès

Chère administration
On a beau critiquer l’incompétence de l’administration marocaine, il faut lui rendre justice à un moment ou à un autre. Faire face à ces masses de citoyens qui débarquent devant ses guichets, tous aussi excités les uns que les autres, tous plus importants les uns que les autres… quand on touche à peine le SMIG, et essaye avec les moyens du bord, de satisfaire, dans la mesure du possible, tout ce beau monde. Voilà pour les circonstances atténuantes. Pour les autres causes, il faut les chercher du côté des textes, des instructions, des notes de service à la pelle que l’employé doit observer chaque matin, chaque heure et chaque minute, sous peine de se retrouver à classer des archives. C’est du côté de ces procédures administratives, que l’employé ne peut ignorer, qu’il faut chercher les raisons de la colère des citoyens contre leur administration.
Voilà quatre mois que j’attends ma carte grise, apparemment informatisée et toute belle, qui fait la fierté de notre ministre des Transports. Mais mon dossier a été rejeté. L’employé m’accorde une minute, cherche dans ses bacs, puis rien. Mon dossier a été rejeté mais il n’arrive pas à mettre la main dessus. Que faire ? L’employé, très coopératif, me conseille d’aller voir du côté du service des mines de Casa-Anfa pour voir s’ils ont envoyé le dossier. Sans hésitation, je m’y pointe entre midi et deux, pour y rester jusqu’à 15 h. Dossier envoyé le 5 mai. Je retourne le lendemain, 20 mai, au service des mines de Hay Hassani. Toujours pas de dossier. J’insiste. On cherche, et on le trouve. Le meilleur pour la fin. La raison du rejet de mon dossier : le type de véhicule est erroné. Au lieu d’écrire CGHIL, j’ai écrit, comme le penserait le commun des mortels, le modèle, c’est-à-dire Fiesta. Erreur gravissime. Et dire qu’il leur a fallu 4 mois pour s’en rendre compte, 15 jours pour que le dossier passe d’un service des mines à l’autre, dans la même ville. Mais je suis sûr que tous les employés qui ont palpé mon dossier n’ont fait qu’appliquer des procédures stupides. Et moi, j’attends toujours ma carte grise. Elle finira bien par arriver un jour.
Ahmed Alaoui, Casablanca

I love darija
La question de la darija, soulevée dans l’éditorial du numéro 372 de votre magazine, est très importante. Le dialecte marocain est le fruit d’une fusion historique, de la coexistence d’un ensemble de groupes humains que l’histoire du Maroc a rapproché tout au long de ces siècles. Le paysage linguistique marocain est le témoin de ces brassages qui ont forgé notre identité. La darija, véritable identité marocaine, doit être mise en valeur.
Asmaa El Hallaoui, Casablanca

 
 
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