N° 375
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

RAPPORT. Si Israël attaque l’Iran…
L'ACTU MONDE



Par Samir Achehbar

RAPPORT. Si Israël attaque l’Iran…
Tsahal prépare déjà son coup. (AFP)

Une étude américaine détaille la “faisabilité” d’une frappe israélienne pour détruire les sites nucléaires de la République islamique et les conséquences désastreuses pour la stabilité de la région.

Contre vents et marées, contre Occident et Orient réunis, l’Iran maintient son programme nucléaire. La République islamique aura sa bombe, selon les plus pessimistes, dans deux à trois ans, et dans plusieurs années pour les plus optimistes. Rien ne saurait arrêter le processus : ni les sanctions économiques, ni les menaces de frappe
israéliennes, ni le bras tendu de Barack Obama, ni les craintes de ses voisins...
Le Centre américain pour les études stratégiques et internationales (CSIS) vient de publier un rapport sur les chances de réussite d’une frappe menée par Israël contre l’Iran, qui détaille toutes les hypothèses et leurs innombrables conséquences. Selon les experts du Centre, Abdullah Toukan et Anthony Cordesman, la première difficulté réside dans le trajet à parcourir par les avions F16 israéliens pour atteindre la République islamique. Il est peu probable que les Etats arabes de la région permettent le survol de leurs territoires, si tant est que l’Etat hébreu leur en demande l’autorisation. Le trajet le plus court vers l’Iran passerait, logiquement, par la Jordanie, qui a signé un traité de paix avec Israël. Mais l’Etat hébreu ne voudrait évidemment pas mettre en porte-à-faux l’un des deux seuls régimes (avec l’Egypte) sur lesquels il peut compter dans la région. Les avions israéliens devront donc parcourir plus de 2000 kms à l’aller et 2000 kms au retour, sans la moindre escale, et s’approvisionner en cours de vol. Si les F16 peuvent passer inaperçus pour les radars en volant à une certaine altitude, il sera difficile pour les avions ravitailleurs, qui ont la taille de gros porteurs, de se cacher. Les pays arabes, conscients qu’Israël est la seule puissance nucléaire de la région avec ses 200 têtes nucléaires, n’applaudiront pas une éventuelle attaque, même si l’Iran est perçu comme une puissance qui monte et risque de représenter un danger pour leur stabilité. Leurs opinions publiques restant acquises à l’Iran, ces pays sont obligés d’en tenir compte. Deuxième trajet possible : la frontière syro-turque, avec un bref passage au-dessus de l’Irak, en supposant, sans mal, que les Américains ferment les yeux. Mais rien ne laisse prédire que la Turquie donnerait son aval, même si la Syrie, maillon faible de l’équation, ne devrait pas avoir son mot à dire.

Des sites bien protégés
Les avions israéliens n’auront ensuite pas la tâche facile car les sites nucléaires iraniens ne sont pas connus avec précision. Les sites d’enrichissement d’uranium sont, selon certains observateurs, éparpillés sur l’immense territoire (quatre fois le Maroc), et les plus stratégiques d’entre eux, enfouis à plus de vingt mètres. L’aviation israélienne n’est pas sûre d’atteindre les bonnes cibles, ni les bons sites. Et en tout cas, pas tous les sites.
Sans oublier qu’avec toutes les menaces enregistrées par le régime iranien, les autorités ont dû préparer leur riposte. Les auteurs du rapport pensent qu’elle ne serait pas sans conséquences pour toute la région vu leur dernière acquisition : un système anti-missile russe ultrasophistiqué. Les avions israéliens auront du mal à le contourner et les pertes seront énormes. Le territoire israélien serait aussi la cible des missiles iraniens à longue portée, dont l’Iran maîtrise la technologie depuis longtemps. Au Moyen-Orient, il suffit d’une étincelle. Comme toujours…

 
 
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