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Par Mohammed Boudarham
POLITIQUE. Le temps des questions
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Mais que nous préparent donc El Himma et ses hommes ? (TNIOUNI)
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11 morts et une soixantaine de blessés. Triste bilan dune bousculade meurtrière à la fin du concert de Stati à Rabat. Récit du drame en 24 heures chrono.
Vendredi 29 mai. Les quartiers généraux des partis politiques mettent les dernières touches à leurs campagnes électorales, démarrant officiellement à minuit. Pendant ce temps, Mohamed Cheikh Biadillah, secrétaire général du PAM, prépare une sortie médiatique loin dêtre anodine. Peu avant midi, lex-ministre de la Santé convoque la presse |
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nationale et internationale dans un grand hôtel rbati. Contre toute attente, le PAM rallie officiellement les rangs de lopposition. Motif invoqué par les collègues de Fouad Ali El Himma : la manière inconvenante avec laquelle le gouvernement et la majorité ont géré la crise des élus transhumants. Dabord empêchés de se présenter aux élections par le ministère de lIntérieur, ils ont fini par obtenir gain de cause devant les tribunaux administratifs de Rabat et de Marrakech. Laffaire pouvait sarrêter là, mais le PAM avait visiblement dautres plans de campagne. Le lendemain, le téléphone rouge de Abbas El Fassi, dont la majorité vacillait déjà, lui apporte de bonnes nouvelles. Depuis Paris où il séjourne à titre privé, Mohammed VI renouvelle sa confiance à son Premier ministre et à travers lui, au gouvernement de Sa Majesté. Il nen fallait pas plus à Si Abbas pour reprendre du poil de la bête. Devant les caméras de la télé officielle, il tire à boulets rouges sur lami du roi. Je nai jamais vu, ni au Maroc ni à létranger, un parti passant de la majorité à lopposition à la veille dune échéance électorale. Cela porte un nom : du parasitage, affirme El Fassi. Mieux, le Premier ministre cite Mohammed VI en déclarant : Le message de Sa Majesté est très clair : les élections communales nont aucune relation avec le gouvernement. Il ny a donc pas lieu de parler de remaniement avant 2012, qui est la seule échéance qui intéresse lexécutif, disait, en substance, Abbas El Fassi.
Remaniement : quand le roi voudra
Un autre poids lourd de la majorité gouvernementale est pourtant venu contredire les vérités du Premier ministre. Dans une déclaration rapportée par la presse, Mustapha El Mansouri affirme que loption dun remaniement reste possible, mais pas avant octobre, précise le président de la Chambre des députés. Le roi, on la déjà vu avec le gouvernement Jettou, a lhabitude dintroduire des remaniements dits techniques à mi-mandat et rien ne lempêche de faire la même chose avec léquipe El Fassi via quelques ajustements, explique un observateur de la scène politique nationale. Les signes avant coureurs dune telle décision ne manquent dailleurs pas. Le poste de secrétaire dEtat aux Affaires étrangères est encore vacant depuis la mise à lécart du ministre istiqlalien (et seul Sahraoui de léquipe gouvernementale) Ahmed Lakhrif. Touria Jabrane, ministre de la Culture, est quant à elle donnée partante pour raisons de santé. Il y a enfin le cas dAhmed Akhchichine. Le ministre de lEducation nationale est aussi (surtout ?) secrétaire général adjoint du PAM. Problème : seul le roi peut le démettre de ses fonctions. Et en attendant, le parti de Si Fouad a déjà trouvé la parade : M. Akhchichine a été nommé à son poste avant la création du PAM, explique, sur un ton expéditif, Mohamed Cheikh Biadillah.
Poussons le scénario encore plus loin. Nous sommes en octobre, et Mohammed VI est définitivement convaincu de lutilité dun remaniement technique, à qui ferait-on appel, deux ans à peine avant les prochaines élections législatives ? Le Mouvement populaire, par exemple, ne dirait pas non à une telle sollicitation royale. Nous ne sommes pas à laffût dune telle proposition. Pour le moment, il ny a pas eu le moindre contact dans le sens dune participation au gouvernement mais si on se voit émettre un message, on en discutera au sein de nos instances, affirme Mohand Laenser. Sur ce plan, notre position est claire et tout le monde sait pourquoi nous navons pas fait partie de lactuel exécutif, conclut le leader haraki en référence aux noms qui lui avaient été proposés et qui avaient été refusés, par principe, par la direction du MP. Deuxième possibilité : lentrée du PJD au gouvernement. Là encore, les arguments en faveur dun tel scénario ne manquent pas. Abdelilah Benkirane a dabord toujours défendu une participation au gouvernement. Au lendemain de son élection, il a publiquement déclaré que son objectif était désormais de banaliser le PJD. Sautera-t-il le pas pour autant ou préfèrera-t-il travailler, la main dans la main, avec lennemi dhier (le PAM) ? Les prochaines semaines nous le diront.
Une opposition plus forte que jamais ?
En tout cas, cet éventuel remaniement ne ramènera pas forcément le PAM au gouvernement. Les résultats du parti lors des communales nauront pas dincidence sur son poids politique au gouvernement. En plus, ce remaniement permettra aussi à Akhchichine de quitter honorablement le gouvernement pour plus de clarté dans le jeu politique, affirme un politologue. Reste alors une question : le parti de lami du roi a-t-il sa place au sein de lopposition ? A quoi ressembleront ses relations avec le PJD par exemple, passé subitement du rang dennemi politique à celui dallié parlementaire ? Comme pour préparer ce soudain changement de cap, Fouad Ali El Himma aurait rendu visite à Abdelilah Benkirane, quelques jours avant lannonce du retrait de la majorité gouvernementale. Objectif : conclure un pacte de non agression politique. Lors dun meeting, Fouad Ali El Himma va encore plus loin, qualifiant publiquement le PJD de parti respectable et désignant un nouvel ennemi à ses troupes : Al Adl Wal Ihsane. La feinte ne semble pas avoir eu deffet sur les cadres du parti islamiste, pas encore rassurés quant aux réelles intentions de ce nouvel arrivant sur les bancs de lopposition. Lahcen Daoudi, secrétaire général adjoint du PJD, est dailleurs formel à ce sujet : Cest un parti qui nest pas fait pour lopposition. Je crois quil fera vite de regagner son milieu naturel qui se trouve au sein de la majorité gouvernementale. Au Mouvement populaire, Mohand Laenser ne veut visiblement pas insulter lavenir. Au sein de lopposition, nous aurons sans doute des positions communes concernant certaines lois en particulier, mais il ne saurait être question dalliance ou de bloc commun par exemple, explique le leader haraki. Seule certitude à lécriture de ces lignes : le gouvernement aura fort à faire face à une opposition composée de formations comme le MP, le PJD, lUC et le PAM.
Abstention quand tu nous tiens !
Mais à quelques jours de la fin de la campagne électorale, cest bien le PAM qui crée une fois de plus la surprise
et qui fait parler de lui. Le parti, qui a moins dun an dexistence, arrivait mardi en tête du nombre de candidatures déposées avec 16 793 candidats, talonné par lIstiqlal avec 15 681 candidats et un peu plus de 8000 candidats islamistes. La guerre est ouverte et les grandes villes sont lobjet de toutes les convoitises. Là encore, le PAM place ses meilleurs éléments espérant que les Marocains se passionneront pour des élections censées être de proximité. 60% de nos candidats font de la politique pour la première fois, affirme un dirigeant du PAM. Nous ramenons donc du sang neuf, espérant que cela motivera celles et ceux qui ont en plus quassez de voir les mêmes se présenter lors de chaque échéance.
Comme lors des élections législatives, lEtat a tout fait pour réconcilier les Marocains avec le vote : campagne à coups de millions de dirhams et même une consigne pour tous les partis politiques : inciter au moins leurs bases à se rendre aux isoloirs le 12 juin. Notre mot clé lors de la campagne, cest la participation, admet Lahcen Daoudi. En 2003, date des précédentes communales, le taux de participation a été de 54,16 % contre 51,60 % pour les législatives. Les élections de 2007 sétaient soldées, on se rappelle, par un score affligeant de 37% de participation. Le vote est plus massif lors des élections communales parce quon élit un voisin ou une connaissance, on sanctionne un mauvais gestionnaire de sa vie de tous les jours. Mais lécart est généralement dà peine trois ou quatre points entre les législatives et les communales, explique un président darrondissement à Casablanca. La confirmation nous vient du ministère de lIntérieur. Selon un cadre qui a requis lanonymat : Si, au final, nous débouchons sur un taux proche de celui des législatives (37%), je dirais alors que notre mission a été accomplie.
Les craintes de lIntérieur se trouvent justifiées par un autre élément : après la gifle du 7 septembre 2007, les élections partielles de septembre 2008 ont confirmé la désaffection des Marocains à légard de la chose politique. A Marrakech (Annakhil) par exemple, le taux de participation na pas dépassé 10 % malgré un match haletant entre Ould Laâroussia (Abdellah Reffouch, UC) et Habib Belkouch, membre dirigeant du PAM. Du côté des partis politiques, aucun responsable ne se hasarde à avancer de projections concernant le taux de participation. A la seule exception de ce dirigeant du PJD qui affirme, sous couvert danonymat, que le taux de participation se situerait aux environs de 45%. Avant de poursuivre : Avec quelques tripatouillages du ministère de lIntérieur pour arrondir. |
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