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Par Karim Boukhari
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k.boukhari@telquel.info (DR)
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Top eleven
Encore un livre sur les dix ans de règne. Cela sappelle Le Maroc de Mohammed VI : la transition inachevée (Ed. la découverte) et cest signé Pierre Vermeren, déjà auteur de plusieurs livres sur le Maroc. Pas de polémique, ni de petit ou grand malentendu en perspective. Le profil de lauteur et la nature de sa démarche, à mi-chemin entre lanalyse didactique et la stricte compilation de données, prépare à une lecture sereine, à la limite paisible (le mot fait peur, cest clair) de ces dix années de transition inachevée. Le chercheur reprend les théories toujours dactualité de John Waterbury, déroule les innombrables fils de |
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la toile des familles qui gouvernent le Maroc (comment appeler cela autrement ?) et trouve de belles formules qui résument tout sur cette aristocratie marocaine qui rêve de tout transformer pour ne rien changer. Le fouillis est toujours intéressant à décortiquer. Si vous achetez le livre, noubliez pas de le lire jusquau bout. Vous remarquerez, peut-être avec surprise, une short-list des 11 grands films marocains de la décennie, parmi lesquels Vermeren a glissé Les Bandits, Wake up Morocco ou Les Ailes brisées. Anecdotique.
Rendez-vous avec le vide
Franchement, quavez-vous prévu pour le 12 juin, en dehors des activités normales qui peuvent rythmer un 12 juin ? Euh
Inutile de culpabiliser quiconque, il ny a pas de quoi. Mais il se trouve que cest le jour des élections. Le rendez-vous où le sort de nos communes et de nos villes sera scellé. La responsabilité nous incite à vous inciter à aller voter. Comme le demande la télévision. Faire le contraire est digne, pour emprunter un peu au jargon officiel, des nihilistes
que nous ne sommes pas. Maintenant, vous savez bien que dire non, aujourdhui, nest même plus une attitude rebelle. Ce nest pas une attitude de gauche. Hier, les gens qui disaient non étaient des opposants qui allaient en prison comme on fait un tour en ville. Aujourdhui, ce sont juste des gens normaux qui ont autre chose à faire un 12 juin. On est tous un peu comme ça. A refuser de choisir entre le tracteur, lil, le dauphin, le robinet, la lune et le minibus. Remarquez que parmi les logos qui restent à prendre, il y a encore la vache, le singe, le buf, laraignée ou le couteau de table. Cela veut dire quil y aura toujours de la place, demain, pour de nouveaux partis, à droite, à gauche (vraiment ?), au centre, partout et nulle part. Au-delà de ces histoires ridicules, et du rôle à bascules que semblent jouer El Himma et ses boys & girls, le véritable enjeu de ces communales est peut-être de sonder la température des Marocains. La question nest pas tant de savoir pour qui vont-ils voter que vont-ils voter ?. Tout simplement. Récapitulons : les dernières communales, en 2003, ont enregistré un taux de participation de 54 %. Les législatives sont passées de 51 % en 2002 à 37 % en 2007. On sait bien que la logique participative ou abstentionniste des deux consultations nest pas la même. Et que les communales sont généralement plus attractives (pour les électeurs) que les législatives. Il nempêche que le risque dun bide populaire est réel. Surtout si, comme beaucoup de gens normaux, vous renoncez, le 12 juin, à exercer votre droit de vote.
Cétait demain
Quand on est médecin, fils de médecin, que lon a 48 ans, et que lon sennuie un peu pendant le mois daoût, où les gens préfèrent généralement ne pas tomber malades, il ny a rien de mieux que décrire un livre. Cest ce qua fait Mohammed Bennani, honorable chirurgien à Casablanca, qui fait dans la science et fiction et dont le premier jet dencre, étalé sur plus de 400 pages, sappelle LArc (Ed. Velours). Cest lhistoire dune expédition spatiale pour une nouvelle planète : la NW 55. Léquipage est composé de 13 personnes, dont un Marocain. Et nous sommes en 2013, Mohammed VI gouverne toujours le Maroc et, aux Etats-Unis, cest une femme, une latino (rassurez-vous, ce nest pas Jennifer Lopez), qui a pris la place dObama. Il a fallu beaucoup de patience, et de courage, à notre médecin écrivain pour faire exister son livre, lui qui nous lâche, au détour dune conversation sympathique, avoir fait le tour de 45 éditeurs avant de trouver preneur. Lisez-le, peut-être que ça vous aidera à meubler un long week-end... |
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