N° 376
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Liberté sexuelle
Dans notre timide société, la liberté sexuelle des citoyens est encore soumise à de nombreuses entraves. Le Makhzen a en horreur cette libération qui exigerait une réforme profonde des lois, qui s'inspirent, en grande partie, de la morale islamique. Au contraire, le pouvoir use de cette morale pour mater les consciences et exercer une violence psychologique sur l'inconscient collectif. La pastorale islamique interfère dans la sexualité des citoyens en codifiant les actes, les moments et les pratiques sexuels et en interprétant les désirs tout en stigmatisant les plaisirs. De là, elle réduit la marge de la liberté sexuelle et la connote même du péché de la chair. Cette “mutation sexuelle” des Marocains est le résultat de femmes et d'hommes qui se cherchent, se découvrent, expérimentent, etc. Seulement, il existe chez nous une certaine misère intellectuelle, éducative et culturelle dans ce domaine qui traite de la sexualité et de ses grandes composantes : le désir, l’acte et le plaisir. Il faut encore s’affranchir des préjugés de culpabilité, créer une éthique et un “usage des plaisirs”. Parce que selon Gilles Deleuze, “il n'y a que du désir et du social et rien d'autre”.
Djou Ghoulam, Goulmima

Tout ne va pas si mal !
Je souhaite rebondir sur le courrier intitulé “Chère administration” (TelQuel n°374). Il est vrai que, lorsque par malheur, vous avez besoin, pour des raisons professionnelles ou autres, de faire légaliser un document, votre rythme cardiaque s’accélère et le stress s’empare de vous rien qu’à l’idée d’effectuer la démarche administrative adéquate. Le citoyen organisé et zen tente d’enrayer le terrible processus en bloquant tout bonnement deux bonnes heures, voire une demie-journée, pour mener à bien ledit acte. En revanche, le citoyen qui a la chance de dépendre administrativement de la commune d’Aïn Sebaâ, comme c’est mon cas, vivra une expérience édifiante qui lui fera désormais regarder d’un œil circonspect les détracteurs de l’administration marocaine. Pour la légalisation d’un document de 6 pages, montre en main : 5 minutes ! Difficile à croire mais vrai. A peine le temps d’admirer l’architecture de ce bâtiment récent dont les magnifiques plafonds sont en stuc et bois sculpté. Dès l’entrée du bâtiment, accueil chaleureux et efficace puis aiguillage impeccable vers le bon service, suivis d’une prise en charge et d’un traitement rapide de votre affaire, le tout avec beaucoup de gentillesse et de professionnalisme. Il est bien de dénoncer les dysfonctionnements de l’administration lorsque nécessaire, mais il est également indispensable de mettre de temps en temps sur le devant de la scène ces hommes et ces femmes, fonctionnaires, qui accomplissent leur travail avec le sourire et une grande motivation, et ce, pour le plus grand bonheur du citoyen.
Gaëlle de Sagey, Casablanca

Président à 100%
En regardant mercredi dernier à la télé la finale de l’UEFA, entre Shakhtar Donetsk et le Werder Brême, j’ai pu constater, comme tout le monde, la présence du Premier ministre turc dans la tribune officielle, aux côtés de Michel Platini. Normal, la finale se déroulait dans son pays. Mais il n’était pas obligé de faire acte de présence, puisque aucun club turc ne participait au duel. Et chez nous ? Le WAC se déplaçait en Tunisie pour la finale de la Coupe arabe. Ce n’est pas le bout du monde la Tunisie. Et qui était là ? Un ministre ? Un député ? Personne. Et le tout nouveau président de la Fédération, Ali Fassi Fihri, où était-il ? Ne devait-il pas être là ? Ou peut-être que la compétition n’avait aucune importance à ses yeux. Peut-être aussi qu’il était trop occupé à nous fournir en eau et électricité. Ali Fassi Fihri est déjà en place depuis plus de deux mois. On n’a encore rien vu, rien entendu, rien senti, à part la mise en place de son équipe. Je ne sais pas si le nouveau président est l’hirondelle qui fait le printemps. Mais c’est une bien triste hirondelle, qui tarde à décoller. Clouée au sol, tout comme notre sport. Ce que je demande, ce que demande le peuple (car le football est bien le sport numéro 1 dans notre pays), c’est un homme qui consacre tout son temps à notre football. Pas un homme qui s’en occupe pendant son tiers-temps. Quand il veut bien s’en occuper.
Hicham Wahid, Casablanca

Dis-moi comment tu insultes…
J'ai beaucoup aimé votre dossier sur lma3your (“Les Insultes”, TelQuel n°374) et votre énumération des insultes les plus répandues au Maroc. Mais je pense que certaines vous ont échappé. En l'occurrence, toutes celles qui comportent le nom d'un appareil génital féminin, celui d'un ancêtre féminin de l'interlocuteur en général. Je trouve que ce genre d'insultes, qui sont classées premières au hit parade des insultes, montrent le mépris de notre société envers les femmes. Il est d’ailleurs intéressant de noter que même les femmes ou les jeunes filles utilisent entre elles ce genre d'insultes.
Hamza Moutmir, Paris

 
 
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