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Par Mehdi Sekkouri Alaoui
MOULAY HADIF ALAOUI. Le mauvais génie de Hassan II
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Homme de confiance. Moulay Hafid Alaoui toujours dans lombre de son roi. Ici, lors dune conférence de presse de Hassan II, accompagné du futur Mohammed VI, à Paris en 1976. (AFP)
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Purges militaires, séquestration des enfants Oufkir
On lui prête la supervision des dossiers noirs du règne hassanien. Portrait dun personnage cruel, craint
et méconnu.
Droit comme un I. Lair sévère. Costume trois pièces ou jellaba officielle. Et tarbouche toujours vissé sur un crâne dégarni façon Kojak, personnage principal de la série culte américaine. Moulay Hafid Alaoui se présentait ainsi dans la plupart des photos officielles ou privées de Hassan II, jamais bien loin de son roi. Et pour cause, ce général |
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officiellement en charge du protocole royal durant trois décennies jusquà sa mort en 1989 (dix ans, donc, avant la mort de son roi), a été lhomme le plus proche du monarque. Son premier relais et, quelque part, son pendant. Moulay Hafid était bien plus que le patron du protocole. Il était lhomme à tout faire de Hassan II dans à peu près tous les domaines : vie privée, business, armée, etc., confirme ce témoin de lépoque, avant dajouter : Il nétait peut-être pas très connu du public comme un Réda Guédira ou un Driss Basri, mais il était de par sa proximité particulière avec Hassan II lun des hommes les plus puissants et les plus craints du pays. Lautre numéro deux du royaume, peut-être, le vrai. Un homme quasi unanimement détesté par les habitués du Palais et autres puissants du royaume. Un homme secret aussi, sur lequel ses proches refusent encore de sépancher (TelQuel a sollicité sa famille pour les besoins de cette enquête, sans succès). Un homme sur lequel, aujourdhui encore, quasiment tout reste à dire
Au nom de la France
Moulay Hafid Alaoui a vu le jour en 1910 (un certain flou a toujours entouré sa date de naissance exacte) à Douirat, une petite localité non loin dErrachidia. Pas très studieux en classe, ce fils dun riche propriétaire terrien sinstalle au début des années 1930 à Meknès. Là-bas, les portes de la prestigieuse école militaire de Dar Beida, créée en 1918 par Lyautey pour former les officiers marocains de larmée française, lui sont grandes ouvertes. Le niveau des candidats navait pas dimportance pour intégrer Dar Beida. Le protectorat donnait la priorité aux fils de notables et dignitaires du Makhzen, explique ce haut gradé à la retraite. A sa sortie de Dar Beida, le lieutenant Alaoui se donne corps et âme pour honorer le drapeau tricolore. Alors que les officiers les plus brillants de sa promotion sont gratifiés dun complément de formation à Saint Cyr en France ou Tolède en Espagne, lui doit se contenter dune affectation locale. Sa mission : calmer coûte que coûte les ardeurs de la résistance dans son combat pour lindépendance du Maroc. Il navait aucun scrupule à le faire, appuie le journaliste et historien Abdellatif Jebrou, avant de poursuivre : Un jour, à la Résidence, il sest vanté en public davoir liquidé quelques jours plus tôt des résistants dans lAtlas. Je les ai tués comme des mouches, disait-il.
Au milieu des années 1940, Moulay Hafid est redéployé dans ladministration. Il est nommé khalifa dans la médina de Casablanca où il est officiellement le représentant du sultan. Il était sur le papier le représentant du sultan mais au final, il navait de comptes à rendre quau commandement militaire français précise Jebrou, qui donne une idée sur les rapports quentretenait le khalifa Alaoui avec le mouvement nationaliste : A lépoque, Moulay Hafid rendait entre autres des jugements dans des affaires où des résistants étaient sur le banc des accusés, raconte-t-il.
Le 20 mars 1953, soutenu par la Résidence, le pacha de Marrakech, Thami Glaoui, réunit autour de lui une vingtaine de pachas, caïds et autres notables du pays. Objet de cette rencontre : faire signer à tout ce beau monde une pétition demandant labdication et la déposition du sultan Mohammed Ben Youssef. Moulay Hafid Alaoui est parmi les premiers à apposer sa signature au document. En contrepartie, il est promu au grade de caïd à Settat. Et continue de défendre les intérêts de la France avec un certain zèle. En 1954, il a violemment réprimé les commerçants de Settat, qui ont fermé boutique en signe de protestation contre lexil du sultan, raconte Jebrou. En réaction à cet évènement, la résistance le met en tête de liste des personnalités à abattre. Il sortira indemne dun attentat, mais avec une vilaine blessure à lépaule dont il sest toujours plu à dire que cétait une blessure de guerre, souligne ce témoin de lépoque.
Adoubé par Mohammed V
Le mouvement national va avoir finalement gain de cause. Le 16 novembre 1955, après un peu plus de deux ans dexil, dabord en Corse puis à Madagascar, le sultan Mohammed Ben Youssef, devenu entre-temps Mohammed V, est de retour dans son pays. Contre toute attente, Moulay Hafid Alaoui, parvenu jusquau grade de lieutenant-colonel dans larmée française, prend encore du galon. Il est nommé par le roi au poste de gouverneur de la région de Marrakech. Il ne faut pas être étonné de ce geste, Moulay Hafid était avant tout un parent de Mohammed V (voir encadré) pour qui la famille était quelque chose de sacré, explique Midhat René Boureqat, courtisan de lépoque, qui vit aujourdhui dans la région parisienne.
Bien entendu, le lien de parenté entre Mohammed V et Moulay Hafid nexplique pas à lui seul le geste royal. A lépoque, la monarchie avait peur de lhégémonie du parti de lIstiqlal. Elle sest donc entourée de nombreux marocains ayant collaboré avec la France parce quelle était sûre quils lui seraient fidèles. Donnés pour perdus, cette main tendue était la seule chance de survie pour tous ces hommes analyse avec le recul lhistorien Mustapha Bouaziz.
Moulay Hafid ne fera pas de vieux os dans son fauteuil de gouverneur. Quelques mois seulement après sa nomination, une délégation de la tribu des Rhamna débarque, remontée, au siège du parti de lIstiqlal. Les hommes sont venus protester contre le racket imposé par les représentants du roi, dont Moulay Hafid Alaoui, dans la région des Rhamna. Cest Mehdi Ben Barka qui les reçoit au nom de lIstiqlal, leur promettant dorganiser une rencontre avec Mohammed V. Une fois devant le monarque, la délégation réclame la tête des accusés, présents eux aussi lors de laudience royale. Moulay Hafid tente de se défendre, accusant lIstiqlal de vouloir lévincer par nimporte quel moyen. Ce qui nétait pas complètement dénué de sens. Mehdi Ben Barka linterrompt et lui lance sur un ton menaçant : Moulay Hafid, tu devrais apprendre à te taire. Lencre avec laquelle tu as signé la demande dabdication et de déposition de ton roi na pas encore séché. En sortant de laudience royale, Moulay Hafid est tout simplement relevé de ses fonctions. Il nest plus au service de Sa Majesté. Mais pas pour longtemps
Le filtre de son roi
Quelques jours seulement après avoir été remercié par Mohammed V, Moulay Hafid Alaoui retrouve sa place dans le sérail grâce au prince héritier, Moulay Hassan, qui linvite à rejoindre son cabinet. Ce nest pas vraiment étonnant de sa part, réagit Midhat Bourequat. Le prince héritier avait beaucoup de sympathie pour Moulay Hafid qui, du temps du protectorat, la souvent accompagné dans des soirées privées, notamment dans certains cercles à Casablanca, à lépoque où il était encore khalifa.
Quelles sont les fonctions précises de la recrue princière ? Réponse de ce courtisan de lépoque : Moulay Hafid ne faisait pas grand-chose. Il gravitait autour du prince héritier, en attendant son heure. Qui vient le 26 février 1961, à la mort de Mohammed V, suite à une banale opération chirurgicale. Fraîchement intronisé, le jeune Hassan II (32 ans) compose son équipe dont fait partie Moulay Hafid Alaoui, parachuté à la tête du protocole royal. Un poste stratégique qui lui permet de se rapprocher davantage de Hassan II et de devenir un de ses principaux collaborateurs. En plus dêtre le régisseur des palais et le garant du respect des us et coutumes de la monarchie, Moulay Hafid est très vite devenu lhomme de confiance de Hassan II, confirme ce courtisan de lère hassanienne. Cest simple : Moulay Hafid Alaoui est le filtre de Hassan II. Sans son aval, impossible darriver jusquau souverain. Quand vous aviez un différend avec lui, vous pouviez toujours courir pour décrocher une audience royale, ajoute notre source.
Moulay Hafid Alaoui est également une des rares personnes à avoir accès à toutes les enceintes des palais, même les plus privées (voir encadré). Il est aussi lil du roi dans larmée. Cétait un peu lespion de Hassan II chez les militaires. Il rapportait les moindres faits et gestes des hautes gradés à Sa Majesté, explique cet officier à la retraite. Beaucoup lont payé de leur carrière, certains de leur liberté.
Surtout, Moulay Hafid Alaoui est lhomme des missions spéciales auprès du monarque. Cest lui par exemple qui est désigné pour faire le ménage parmi les chorfa que Hassan II trouvait beaucoup trop nombreux à son goût. Ou pour superviser la séquestration de la famille Oufkir au lendemain de lattaque du Boeing royal le 16 août 1972. Quelques années plus tard, Raouf Oufkir dressera ce portrait peu reluisant de Moulay Hafid Alaoui dans Les invités (Ed. Flammarion, 2003) : Grand prêtre du palais, âme damnée du commandeur des croyants, ce général de pacotille est la créature de son maître. Cest lhomme des affaires réservées, le régisseur des oubliettes royales, le cerbère des jardins secrets du monarque.
Lâme damnée de Hassan II
De par sa proximité avec le roi et la confiance aveugle dont il jouit auprès de lui, Moulay Hafid Alaoui est tout-puissant. Tout le monde le craint, lévite. Celui que la reine mère, Lalla Abla, appelle le mauvais génie de son fils, se montre cruel, parfois vulgaire, avec ceux qui croisent son chemin. Cétait vraiment dangereux de se frotter à lui. Il pouvait vous rendre la vie très difficile sil le voulait, raconte ce haut fonctionnaire à la retraite qui se souvient de courtisans tombés en disgrâce à cause de lui, de ministres insultés et bousculés en public, de membres du protocole condamnés au cachot pour des raisons totalement futiles, etc..
Un souvenir raconté par ce témoin de lépoque en dit long sur la personnalité atypique de lhomme de confiance du roi. A la fin des années 1960, Moulay Hafid Alaoui fait appel à un paysagiste du ministère de lHabitat pour quelques travaux dans sa villa à Rabat. Le fonctionnaire passe trois jours à prendre soin du jardin de celui qui vient dêtre promu général, puis rentre chez lui. Quarante-huit heures plus tard, son ministre de tutelle débarque chez lui en catastrophe lui annonçant que lmaâlem (le maître) la convoqué. Connaissant la réputation de Moulay Hafid, le paysagiste fait le déplacement, la peur au ventre, pensant que son hôte nest pas satisfait de son travail et quil va le lui faire payer cher. Une fois arrivé, le paysagiste est surpris de recevoir les félicitations du maâlem, qui va jusquà lui demander : As-tu un besoin quelconque, un service à me demander??. Prenant son courage à deux mains, linvité expose son problème : Ma femme, qui est médecin, a été mutée à Tétouan alors que je travaille à Rabat. Cette situation est invivable, mon général. Le paysagiste na pas encore fini de parler que Moulay Hafid Alaoui décroche son téléphone pour appeler directement le ministre de la Santé : Dis-moi, toi, cest quoi cette manière de traiter les gens ? Lhomme travaille à Rabat et tu envoies sa femme à Tétouan. Quand il va se coucher, tu vas lui envoyer ta mère ou quoi ?.
Monsieur peaux de bananes
Autre anecdote parlante : un jour, Hassan II demande à Driss Basri, tout nouveau ministre de lIntérieur et étoile montante du Makhzen (nous sommes à la fin des années 1970), de sélectionner les plus brillants éléments de son département pour les mettre au service du Palais. Mais le monarque oublie den faire part à son fidèle Moulay Hafid. Le lendemain, les sélectionnés débarquent en tenue officielle (jellaba blanche et tarbouche rouge) dans le bureau du général qui les reçoit à sa manière : Sortez, déguerpissez, hors de ma vue, bande de
! Ce gamin de Driss (Basri) vous envoie ici pour menquiquiner, il ne manquait plus ça. Et pour punir un des visiteurs qui traîne les pieds en partant, le maître des lieux lui lance sa babouche en plein visage. Du pur Moulay Hafid Alaoui
Malgré ses outrances, le général est plutôt un fin calculateur. Il ne sattaque pas aux puissants. Du moins pas frontalement. Pour ceux quil ne pouvait pas atteindre, il concoctait des pièges machiavéliques qui devaient au final entraîner leur chute, explique ce haut gradé à la retraite. Notre source nous révèle une des tentatives de Moulay Hafid Alaoui de mettre dans lembarras la gendarmerie et son jeune commandant, Housni Benslimane, qui commençait alors à lui faire de lombre. Lanecdote, donc : à la fin des années 1970, lorchestre de la gendarmerie se prépare depuis deux semaines pour jouer les hymnes nationaux à larrivée dun chef dEtat africain à laéroport Mohammed V à Casablanca, en présence de Hassan II. A J-1, le protocole royal informe les musiciens que lhymne du chef dEtat en question a été changé. En fait, cet hymne avait été changé deux semaines avant, mais on ne la su quà la dernière minute. Moulay Hafid Alaoui était au courant du changement, mais il la gardé pour lui. Il voulait que Housni Benslimane se trompe le jour J. Heureusement, au sein de lorchestre, il y avait un officier français qui a eu vent de la modification et qui a pu se débrouiller à temps le nouvel hymne, via ses contacts dans lHexagone.
La méthode Moulay Hafid
A la mort de Moulay Hafid Alaoui, il aurait fallu tout un camion pour emmener de son bureau les titres fonciers quil avait accumulés durant sa vie, répètent avec exagération toutes les personnes contactées pour évoquer le souvenir et la personnalité de lhomme de confiance de Hassan II. Quen est-il exactement ? Cest un secret de polichinelle, Moulay Hafid Alaoui a accumulé une fortune considérable, répond cette source bien informée, expliquant comment le patron du protocole royal sest accaparé de nombreux terrains publics. Même son de cloche du côté de Raouf Oufkir, qui accuse dans Les Invités le général davoir fait main basse sur les biens de sa famille au lendemain du décès de son père, le général Mohamed Oufkir : Notre maison sera dabord ouverte au pillage, puis rasée au bulldozer quelques années plus tard. Le général Moulay Hafid, grand ordonnateur des palais royaux, officiera à la rapine en soctroyant, ainsi que quelques personnalités, la part du lion.
Racket, abus de pouvoir, etc. Les témoignages accablants abondent. Comme cet entrepreneur, mandaté dans les années 1980 par le Palais pour mener un chantier dans un pays africain. Une fois le travail fini, jai demandé à être payé auprès du client, lequel ma répondu, à ma grand surprise, que le règlement sest fait auprès du général Moulay Hafid. Pour récupérer mon argent, jai dû laisser une grosse commission derrière moi, nous explique-t-il.
Toujours est-il quà la mort de Moulay Hafid Alaoui, une bonne partie de sa fortune aurait été récupérée par le Palais. A linstar de ce qui a pu se passer avec dautres anciens collaborateurs de Hassan II. Il y a une règle propre au Makhzen, qui dit que largent qui se fait sur le dos de la monarchie doit revenir à la monarchie, explique notre source.
Le souffre-douleur de Sa Majesté
Moulay Hafid Alaoui se permettait tout, ou presque. En tout cas beaucoup plus que les simples sujets de Sa Majesté. Un exemple, encore un, nous est fourni par cette surprenante anecdote, telle quelle a été rapportée par le commandant Mahmoud Tobji (Les officiers de Sa Majesté, Ed. Fayard, 2006) : En 1976, Hassan II avait invité à Ifrane un chef dEtat africain. Ce dernier était en retard. Agacé, le roi faisait les cent pas quand, tout à coup, sentant une odeur de haschisch, il cria : Mais qui se permet donc de fumer dans ma maison?? De peur dêtre sévèrement sanctionné par Moulay Hafid, un serviteur répondit : Cest Saïd, votre cuisinier, Majesté ! Hassan II nétait pas dupe, il savait que le coupable sappelait Moulay Hafid, mais il a simplement dit, en parlant du cuisinier : Quil aille fumer dans la forêt !.
Dur, sévère, imprévisible, grossier
Il répercutait sur les autres les humiliations que lui faisait endurer au quotidien son roi, qui le traitait malgré toute sa fidélité et sa totale soumission comme un moins que rien, croit savoir cette source bien informée, dont la théorie repose sur un souvenir personnel. Au milieu des années 1980, Moulay Hafid Alaoui est dans son bureau en compagnie dun proche parent lorsquil sermonne sévèrement et gratuitement son adjoint de lépoque, un certain Abdelhak Mrini (actuel directeur du protocole royal) avant de lui ordonner de quitter les lieux. Mal à laise, linvité, qui est un ami de Mrini, demande avec beaucoup de tact à Moulay Hafid Alaoui déviter de sadresser à son second sur ce ton devant lui. Le général surprend son interlocuteur en répliquant : Ah, si tu voyais comment lautre ma parlé ce matin, et comment il me traite tous les jours, tu comprendrais que jaie besoin de me défouler sur les autres.
On laura compris, lautre, cest Hassan II. Un Hassan II qui a toujours, tout de même, défendu son protégé, quil appelait le chauve. A maintes reprises, des proches du roi, dont des membres de sa propre famille, sont venus lui demander de relever Moulay Hafid de ses fonctions, arguant que plus personne ne pouvait le supporter. Le roi leur répondait à chaque fois
que cest bien parce que les gens naimaient pas Moulay Hafid Alaoui quil avait décidé de le garder auprès de lui, explique Abdellatif Jebrou avant de conclure : Ces gens-là ont oublié que Hassan II naimait pas quon lui impose des choses.
Le roi a donc gardé son fidèle compagnon jusquà son décès, le 14 octobre 1989. Mais depuis le début des années 1980, déjà, il avait considérablement réduit ses apparitions publiques à cause de la maladie, explique cette source qui se souvient de lune des dernières apparitions publiques du général préféré de Hassan II. Cétait dans un palace casablancais, lors dune manifestation culturelle. Ce jour-là, Moulay Hafid lance au ministre de la Pêche un : Moul houte (poissonnier), viens ici !. Pas étonnant que, vingt ans après sa mort, on ne trouve quasiment personne pour dire du bien du mauvais génie du roi.
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Sérail. Un homme parmi les femmes
Hassan II avait une confiance aveugle en Moulay Hafid Alaoui. La preuve : le général était sans doute le seul collaborateur du monarque à avoir accès à toutes les enceintes des palais, dont les harems. Moulay Hafid Alaoui pouvait non seulement y pénétrer mais il pouvait également adresser la parole aux femmes du palais, ce que presque personne navait le droit de faire, nous confie cet habitué des palais du temps de Hassan II. Pourquoi un tel privilège ? Parce que Moulay Hafid avait également pour mission de surveiller les femmes. Dailleurs, les rares fois où elles partaient en voyage à létranger, notamment à la Mecque, il les accompagnait, explique lancien courtisan Midhat Boureqat. Et gare à celles qui osaient dire du mal de Sidna ! Moulay Hafid rapportait tout au roi, confie notre source avant de conclure : Cest pour cette raison que les femmes du palais le craignaient et haïssaient tant. |
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BIO EXPRESS
1910 (date controversée). Voit le jour à Douirat, près dErrachidia
1940. Devient khalifa à Casablanca 1953. Signe une pétition pour labdication du sultan Mohammed Ben Youssef, avant dêtre nommé caïd à Settat
1954. Réprime dans le sang une manifestation de commerçants de Settat, qui demandent le retour du sultan
1956. Désigné gouverneur de la région de Marrakech avant dêtre relevé de ses fonctions quelques mois plus tard.
1960. Placé à la tête du protocole royal
1972. Le général Oufkir sest suicidé de cinq balles dans le dos. Moulay Hafid est présent aux côtés de Hassan II et du général Dlimi au moment des faits.
1989. Décède après une longue vie au service du Palais
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