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Par Hassan Hamdani
AL ADL. La politique de l'urne vide
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Cheikh Yassine na pas voté, le 12 juin
(TNIOUNI)
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Comme pour les précédentes élections, la Jamaâ de Cheikh Yassine appelle au boycott du scrutin. Objectif : démontrer à l'Etat son pouvoir de nuisance.
Lors d'un meeting de l'Istiqlal, Abbas El Fassi a incité les Marocains à aller voter en donnant Hassan II en exemple. Le souverain défunt avait en effet affirmé en son temps : Si je n'étais pas roi, je me serais présenté et jaurais participé aux élections communales. Dans la ligne de mire de Abbas El Fassi : les abstentionnistes, Al Adl Wal Ihsane en |
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tête. Et pour cause, dix ans après la mort de Hassan II, nouvelle ère ou pas, l'organisation de Cheikh Yassine ne déroge pas à sa ligne de conduite. Elle est opposée à la politique du régime en place et utilise le boycott pour décrédibiliser les institutions, analyse le chercheur Mohamed Darif. C'est même l'arme fatale qu'elle pose sur la tempe de l'Etat lors de chaque échéance électorale. D'un côté, il y a lEtat qui veut éviter la gifle des législatives de 2007 où le taux de participation avait atteint un malheureux 37% (contre 52% en 2002). Si les Marocains se déplacent en nombre pour voter, l'Etat pourrait affirmer que le corps électoral adhère au processus démocratique, analyse Darif. De l'autre côté, on retrouve donc Al Adl qui veut baffer la joue gauche de la monarchie. Un fort taux d'abstention leur permettrait en effet de ressortir leur discours victorieux. Une antienne servie depuis toujours par le mouvement de Cheikh Yassine, après chaque scrutin : Nous sommes proches du peuple car il rejette les échéances électorales tout comme nous. Comme le précise un militant de la Jamaâ, nous ne faisons que donner un sens politique à un fait social établi. Disciplinés, les militants d'Al Adl snobent les urnes à 100%, sans même que les dirigeants aient à leur tenir de longs discours. Nous prêchons des convaincus. Les instructions sont transmises en famille, dans les comités restreints de la Jamaâ, et sont suivies à la lettre, raconte un membre d'Al Adl.
Sans tambours ni trompettes
Selon Darif, les sympathisants du mouvement boudent, quant à eux, les urnes à plus de 90%. Un chiffre proche d'un référendum de république bananière, obtenu là aussi sans bruit ni fureur. Ainsi, Abdelwahed Moutawakil, secrétaire général dAl Adl Wal Ihsane, a déclaré que le mouvement ne descendrait pas dans la rue en vue d'une mobilisation anti-élections. Pour lui, battre le pavé comme les partis politiques en lice, serait déjà légitimer les communales. Un boycott feutré de gens sûrs de leur pouvoir de nuisance. C'est un non événement pour nous, ironise un militant d'Al Adl. Les dirigeants de la Jamaâ sortent de leur réserve uniquement pour clarifier leur position vis-à-vis du PJD. Ce fut déjà le cas en 2002 et en 2007 où ils ont voulu couper court aux rumeurs d'accord avec la formation islamiste. Mais aussi contrer les analystes qui ont affirmé que les voix d'Al Adl s'étaient portées pour une partie sur les candidats du PJD. Rebelote en 2009. A l'approche des élections, Fathallah Arsalane, porte-parole du mouvement, a donné une poignée d'interviews pour préciser que les voix d'Al Adl ne seraient accordées à personne. Il n'a pas cité la formation de Abdelilah Benkirane, mais la précision était inutile. Al Adl est très critique à légard du PJD et leur choix de participer aux scrutins, précise à ce propos Darif. Au sein du PJD, on semble s'être fait une raison, à en croire Abdelaziz Rebbah, membre du secrétariat national. Le boycott des élections par les militants de Cheikh Yassine est un paramètre que nous avons intégré. Nous n'attendons aucun changement de position de leur part, justifie-t-il. |
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