N° 377
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Confusion levée
Cette semaine, je suis littéralement fole de joie. Et je voudrais vous dire les raisons de ma joie, puisqu’elle m’a été procurée par votre dernier édito (“Bouffonnerie”, TelQuel n°376). Votre analyse pertinente m’a permis de percer les nuages de la confusion mentale dans laquelle me plongeait jour après jour le feuilleton politique national. C'est vrai, j'avais perdu tous mes repères. Mais j'ai finalement compris et du coup, je me suis sentie apaisée grâce à votre diagnostic du virus El Himma instillé dans la vie politique.
Transition démocratique, dynamique, processus irréversible… J’en passe et des vocables qui m’ont donné le tournis pendant des mois à force de vouloir comprendre, à force de vouloir voir dans le dernier-né des partis, magiquement national, une vraie volonté de replacer les momies dans leurs sarcophages, et de nettoyer le passage pour une jeune garde audacieuse et volontariste. Mal m’en a pris de croire à tout ça ! Dynamique démocratique ? Fébrilité maladive, oui ! Cette attitude générale qui consiste à bousculer, changer les codes, louvoyer, surprendre, attaquer ennemis et amis, surfer sur toutes les vagues, cette politique du tout permis qui ressemble surtout, depuis des semaines, à un dérèglement pathétique de la machine…
Et pour finir en beauté, on casse même les tables de la loi. Et grâce à une justice, enfin, indépendante ! La loi sur les partis ? Sottises ! Recourir au Conseil constitutionnel ? Tiens, c’est vrai qu’il existe. Au fait, on se demande bien à quoi il sert. Hop, qu’on s’en débarrasse au plus vite !
Vous avez diagnostiqué un virus ? Aucun antidote en vue ? Au moins là, on est fixés ! Merci.
Chafika Mawahibi, Rabat

Mawazine
J’attendais avec impatience votre article sur Mawazine (“Soudain le drame”, TelQuel n°375). C’est vraiment dramatique, cette fin d’un festival grandiose. Mais je pense qu’il ne faut pas arrêter cette marche culturelle que constitue tous ces festivals à travers le royaume, car heureusement que la plupart réussissent sans heurts. Devant le manque de civisme d’une partie du public, il faut agir en professionnel. Nous devons profiter de l’expérience des bousculades de la Mecque et des hooligans anglais et allemands.
Allal Boughalem, Rabat

Créateurs d’emplois
Un journal a fait part de la résolution d’un certain nombre de diplômés-chômeurs de recourir au suicide collectif suite aux échecs de leurs manifestations quasi quotidiennes à Rabat. L’Etat ne leur a pas fourni les emplois qu’ils revendiquent de facto, dans le cadre de ce qu’ils appellent leurs droits constitutionnels. Y a-t-il une solution même partielle à cette situation ? En fait, si l’Etat met en place un plan rigoureux et audacieux pour diminuer les salaires parfois exorbitants des hauts fonctionnaires civils et militaires, il aura la possibilité de créer de nouveaux postes. Si, en outre, l’Etat arrive à convaincre les inscrits au parlement (députés et conseillers des deux chambres) à accepter de réviser à la baisse leurs indemnités et de se munir d’un staff d’au moins deux assistants, issus des diplômés-chômeurs, des emplois seraient automatiquement créés. Si, par ailleurs, par une ferme volonté politique, l’Etat procède à des réajustements drastiques du budget pour réaliser des économies et dégager de nouvelles ressources, des postes seraient également dégagés. Il est indéniable que l’Etat peut faire beaucoup pour réajuster ses budgets, réduire ses dépenses et créer de nouveaux emplois. Contrecarrer le harakiri des diplômés chômeurs ne vaut-il pas la peine d’explorer ces propositions ?
Taieb Jamai, Rabat

Marrakech la rouge…
Par certains aspects, la ville ocre aurait de quoi être rouge de honte. Des jeunes filles se promènent bras dessus bras dessous avec de vieux grabataires étrangers, des femmes en quête d'argent facile sillonnent les trottoirs cherchant l'occasion, dans chaque immeuble des prostitués reçoivent leurs clients. Marrakech ressemble parfois à Bangkok ou Manille. Les autorités, qui semblent être dépassées par l'ampleur du phénomène, ferment les yeux. Quelques arrestations par-ci, par-là, c’est tout. Il faudrait une plus grande fermeté de la part de notre justice, mais aussi de notre police.
Mustapha Najih, Bruxelles

Ô Fontaine !
Dans le quartier des Habous à Casablanca, près de la grande mosquée, se trouvait jadis une très belle fontaine au milieu d'un très beau jardin, avec zellige andalou, et des bancs sur lesquels se reposent les visiteurs et les nombreux touristes qui sillonnent ce quartier historique de la ville blanche. Mais, un jour, le pachalik a décidé, pour une raison obscure, de démolir cette fontaine et ses dépendances pour la reconstruire à l'identique, alors que quelques réparations auraient suffi. Les travaux de reconstruction devaient être terminés au mois de mars 2008, mais, aujourd’hui, en juin 2009, le chantier en est toujours à ses débuts et impossible d’y voir un ouvrier. Car un deuxième appel d’offres a été lancé pour reprendre le marché appelé “Achèvement des travaux de reconstruction de la fontaine Mohammadi”. En attendant, la situation est malheureuse. Il y a quelques mois, le roi Mohammed VI est venu faire une prière à la mosquée Mohammadi. Tout le chantier a été masqué rapidement par des arbres et des palmiers, et, après la visite du roi, tout a été arraché…
Hamid Kamal, Casablanca

 
 
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