N° 378
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

PROCHE-ORIENT. Netanyahou s’entête
L'ACTU MONDE



Coordonné par Samir Achehbar

Iran. Brouille électorale
Mahmoud Ahmadinejad (AFP)

Le président sortant, Mahmoud Ahmadinejad, a été reconduit avec plus de 62% des voix. Les partisans du candidat d’opposition contestent la légalité du scrutin et la communauté internationale s’inquiète.


Mahmoud Ahmadinejad a été réélu, vendredi 12 juin, pour un deuxième mandat à la tête du pays, à une écrasante majorité, plus de 62%, malgré un bilan loin d’être brillant sur les plans économique et des relations internationales. A peine les résultats officiels connus et
diffusés, la rue iranienne s’est mise à gronder. Les partisans du candidat malheureux, Mir Hossein Moussavi, sont descendus par milliers dans les rues pour crier à la fraude. Les forces de l’ordre ont été obligées d’intervenir, usant parfois de violence. D’après un premier bilan des manifestations du lundi 15 juin, 7 personnes seraient mortes et plusieurs blessées. Des affrontements avec les partisans d’Ahmadinejad ont également été enregistrés, des ambassades occidentales attaquées. Le Guide de la révolution, Ali Khamenei, le vrai détenteur du pouvoir, est intervenu pour demander une enquête sur les élections et les fraudes décriées par les partisans de Moussavi, même s’il est peu probable que les résultats soient annulés et de nouvelles élections organisées, comme l’exige le clan Moussavi. “C’est normal qu’ils ne soient pas contents. Ils ont dépensé beaucoup d’argent pour gagner mais ils ont perdu”, a commenté le président iranien. L’Occident montre des signes d’inquiétude, mais reste réservé, à l’image de Barack Obama, qui a (juste) souhaité, lundi 15 juin, que la “démocratie soit respectée”.


Gabon. L’adieu à Bongo
Mardi 16 juin à Libreville, une quarantaine de chefs d’Etat ou de représentants étaient présents pour les funérailles nationales de Omar Bongo, président gabonais depuis 41 ans décédé une semaine plus tôt. Nicolas Sarkozy et son prédécesseur à l’Elysée, Jacques Chirac, avaient tous deux fait le déplacement, pour honorer celui qui était une pièce-maîtresse de la Françafrique. Sauf qu’en mai dernier, un juge d’instruction français avait ouvert une enquête sur “un détournement de fonds publics” concernant les biens de trois présidents africains en exercice, dont Omar Bongo. Il n’en fallait pas plus pour que Nicolas Sarkozy soit hué dès son arrivée au palais présidentiel. Contrairement à Jacques Chirac, qui a été applaudi par la foule des présents. Le défunt laisse derrière lui un pays stable et la Constitution semble tenir pour le moment et au moins pendant les 45 jours de transition. Au-delà, “c’est aux Gabonais de choisir qui ils veulent, a conseillé le président français, et tout faire pour consolider l’unité du pays, le vrai héritage de Omar Bongo”.


France. Train de grande vie
Un député du Parti socialiste français, René Dosière, passé maître dans l’art d’éplucher les comptes de la présidence depuis de longues années, a publié un rapport accablant sur la train de vie de Nicolas Sarkozy et de sa cour. Crise ou pas. Dans ce rapport, intitulé “Transparences du budget de l’Elysée : promesses non tenues”, le député constate que “les restrictions budgétaires imposées aux administrations et que chaque fonctionnaire constate dans son travail quotidien ne s'appliquent pas aux services de la présidence”. Les charges courantes, englobant les réceptions, la restauration, les frais de téléphone et de courrier, le carburant et la consommation énergétique, sont en hausse de 51%. Pire encore, aucun détail n’est donné sur ces chiffres par l’Elysée. Devant ce manque de transparence, le député accuse la présidence de “recourir à des manipulations budgétaires pour masquer la vérité”. “En période de crise économique, c’est un très mauvais signe”, a insisté le député PS.


Chine. Mort douce
Pékin a choisi d’exécuter de “manière plus humaine”, formule officielle, ses condamnés à mort. Depuis que le Tribunal suprême populaire a décrété, en janvier 2008, que tout le pays devait désormais recourir à l’injection létale comme moyen d’exécution, en remplacement des coups de feu dans la nuque, plusieurs villes chinoises se sont équipées de locaux spéciaux. Le quotidien pékinois Beijing Youth Daily du 16 juin, qui rapporte l’information, donne les détails macabres du futur mouroir, qui devrait comprendre des salles spéciales, des zones d’observation et surtout d’entreposage des cadavres. Et il y a fort à faire. Le pays est le détenteur du triste record mondial de condamnations à mort. Quelque 8000 peines capitales sont prononcées chaque année. Le Tribunal suprême se penche actuellement sur la formation des policiers qui devront exécuter “plus humainement” les condamnés, et les équipes médicales censées administrer les barbituriques et constater les décès.


Italie. Un guide dans la cité éternelle
Le leader libyen, Mouammar Kadhafi, a effectué une visite officielle en Italie mercredi 10 juin, pour ratifier un accord de coopération économique et migratoire qui met fin à des décennies de tension entre les deux pays. Des manifestants hostiles à cette visite ont bloqué les rues de Rome, et l’opposition a refusé que Kadhafi prononce un discours devant le Sénat italien. Fidèle à son habitude, le Guide de la révolution, accompagné de ses inévitables gardes du corps féminines, a planté sa tente dans un grand parc de Rome. Kadhafi a expliqué qu’il ne serait jamais venu en Italie si celle-ci n’avait pas présenté ses excuses pour les crimes commis pendant l’occupation italienne de son pays, et promis quelque 5 milliards de dollars d’investissements sur 25 ans, en guise de compensation. Le leader libyen et président en exercice de l’Union Africaine, resté colonel malgré ses hauts faits d’armes, arborait toute une série de décorations mais aussi une photo de Omar Mokhtar, personnage historique qui avait combattu l’occupation italienne, comme pour rappeler à ses hôtes leur passé colonial.


Yemen. L’ombre d’Al Qaïda
Le Yémen vient d’annoncer le versement d’une prime de 25 000 dollars à toute personne qui fournirait aux autorités des informations susceptibles de conduire à l’arrestation des kidnappeurs de 9 étrangers, dont trois femmes, deux infirmières bénévoles allemandes et une institutrice coréenne, enlevées samedi dernier et retrouvées mortes lundi 15 juin dans le nord du pays. Le reste des étrangers enlevés : un citoyen allemand, médecin dans le même hôpital, son épouse et ses trois enfants. Les soupçons des autorités yéménites se tournent vers l’Imam El Houti, qui conduit, depuis plusieurs années, une rébellion chiite contre le régime en place. Mais dans un communiqué, les rebelles nient tout lien avec ces enlèvements et les meurtres qui s’en sont suivis. Le Yémen, pays d’origine de Ben Laden, est en proie à une instabilité croissante et à une montée en puissance d’Al Qaïda.


LUS POUR VOUS. Le football et ses excès
Le Real Madrid vient de dépenser environ 160 millions d’euros pour engager Cristiano Ronaldo et Ricardo Kakà. Plus 100 millions pour les salaires des deux joueurs, sur six ans. Des chiffres fous et indécents, qui en disent long sur ce qu’est devenu le football de haut niveau. A l’heure où la crise frappe ceux sans qui la “machine foot-business”ne tournerait pas (c’est-à-dire les supporters de base), les montants dévoilés cette semaine apparaissent comme un décalage moral total et un symbole éclatant d’un monde du ballon rond qui devient fou. Michel Platini, président de l’UEFA, prône le “fair-play financier”, mais il semble incapable de l’imposer face à des magnats qui s’offrent des “danseuses” à prix d’or. Le tout alors que l’endettement des clubs ibériques dépasse… les trois milliards d’euros. Et c’est bien là que le système marche sur la tête, puisqu’il n’existe aucune uniformisation, ni fiscale, ni juridique, en Europe. Et que la seule règle, finalement, c’est qu’il n’y en a pas. Si l’“exception sportive” continue à accoucher d’un monde où toutes les folies sont permises, on peut se demander si le football ne va pas mourir de ses excès. Ou si l’émotion, la “glorieuse incertitude du sport” et l’adrénaline du direct vont continuer à aveugler les passions.
Christophe Berti, Le Soir (Belgique), 12 juin

 
 
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