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Par Karim Boukhari
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k.boukhari@telquel.info (DR)
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Elephant man
Quand Abbas El Fassi déclare à nos confrères dAujourdhui le Maroc quil porte la même montre depuis 40 ans, il nous offre, peut-être sans le savoir, une métaphore qui résume parfaitement ce qui vient de se passer le vendredi 12 juin. Comme la montre de Si Abbas, le jeu politique, dont le trot est un peu éléphantesque, est le même depuis 40 ans. Le PAM de Fouad Ali El Himma, vainqueur sans surprise des communales, porte en lui les germes de deux grands partis administratifs : le FDIC de 1963 et le RNI de 1978. Comme le FDIC, il est né pour défendre linstitution monarchique et contrer la menace |
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hégémoniste (hier Istiqlal UNFP, aujourdhui PJD). Comme le RNI, il a rassemblé des notables, des sans appartenance politique et des transhumants conduits par un proche du roi (hier Osman beau-frère de Hassan II, aujourdhui El Himma intime de Mohammed VI). Le PAM na pas fait moins bien que ses deux modèles : le parti cocotte-minute a tout raflé dès sa venue au monde. Qui dit mieux ? La métaphore involontaire de Abbas El Fassi fera sans doute plaisir aux adeptes de limmuabilité et à tous ceux pour qui il ne sert à rien de courir, ni même de bouger. Elle renvoie un peu à une phrase célèbre, celle de Mohammed VI, déclarant, lors de lune de ses premières et seules interviews : Javance au rythme du Maroc. Un rythme, dailleurs, qui nous inspire le conseil suivant : Si Abbas, vous pouvez garder votre montre pour les 40 années à venir.
Pour le lait
Reçu cette semaine le nouveau livre de notre ami Jaouad Mdidech (Vers le large, Ed. Marsam), journaliste à La Vie Eco et ancien détenu politique. Je vous lis un passage de la dédicace : Un autre témoignage romancé où il y a un peu de liberté et quelques gouttes de lait. Cest exactement de cela quil sagit. Comme pour La Chambre noire, son premier livre, adapté au cinéma par Hassan Benjelloun, Mdidech romance légèrement la vie carcérale sous les années de plomb. Et adopte cette fois le ton doux amer de la chronique, doù lindispensable petit lait comme compagnon de route. Le livre, écrit comme un long drink, est tourné autour de la reconstruction dune personne au lendemain de sa libération. Il nous rappelle joliment que la littérature carcérale a de beaux jours devant elle. Le filon nest pas épuisé. Et la torture nest plus le seul angle de narration possible. Demain des auteurs oseront sans doute briser un autre tabou lié aux années de plomb : les rivalités et les petites guerres personnelles entre camarades de détention. Raconter laprès, ou le pendant, mais autrement, parler de lautre torture (les autres), cela sappelle aller de lavant et donner la preuve dune grande maturité intellectuelle. On y arrivera
Monsieur le maire
Parmi les prochains maires qui vont gouverner nos villes, il faudra sans doute compter de nouveau sur lIstiqlalien Hamid Chabat. Il est terrible, celui-là. Le maire sortant et bientôt rentrant de Fès a dégoûté Lahcen Daoudi du PJD, poussé à Rabat. Et il nous dégoûte tous, de plus en plus, avec ses sorties dont le moins que lon puisse dire est quil vaut mieux les prendre au deuxième degré. Ce monsieur a chassé Abderrazak Afilal du syndicat de lUGTM. Il a fait de Fès sa chose, qui lui obéit au doigt et à lil. Ce nest pas un problème. Lami Chabat est puissant, au point que sans lui, il est probable que Abbas El Fassi naurait jamais été porté, une nouvelle fois, à la tête de lIstiqlal. Ce nest pas, non plus, un problème. Maintenant, quand Chabat donne de la voix, il vaut mieux sabriter derrière un mur de son. Je vais vous traduire un petit passage de linterview, proprement renversante, que monsieur le maire de Fès vient daccorder à Akhbar Al Yaoum, dans lune de ses éditions de la semaine. Il déclare, en évoquant Abdelilah Benkirane du PJD : Le Fassi est de nature poli et respectueux de lautre, mais Benkirane na pas bu leau de Moulay Driss
Vous pouvez deviner la suite : toujours selon Chabat, si Benkirane nest pas un bon, alors quil est fassi, et censé être exemplaire, cest quil na pas bu leau de Moulay Driss, la source locale. Bon, bon
Benkirane et tous les Fassis nont pas besoin quon prenne leur défense. Quant à Chabat, on le prendra toujours avec les pincettes et le deuxième, ou trente-deuxième, degré. Au sujet de Fès, de Moulay Driss, de Ben Barka, de tout, et de rien, oui, cest vrai, monsieur le maire nous fait rire. |
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