N° 378
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Voter ou ne pas voter
J’adhère complètement à votre dernier édito (“Pourquoi je n’ai pas voté”, TelQuel n°377). Ce qui me dégoûte, en effet, dans notre vie politique, c’est qu’elle se réduit, comme vous l’avez écrit, à un “théâtre démocratique où l’essentiel de la pièce se joue derrière le rideau”. Néanmoins, ne restons pas passifs. L’élite éclairée de ce pays ne doit pas rester écrasée et incapable de faire en sorte que les choses changent. Dans le Maroc d’aujourd’hui, deux pensées occupent le terrain et se disputent les paysages médiatique, social et politique : la position officielle qui prône un modernisme sélectif sans toucher aux arcanes de l’archaïsme – une position relayée par les médias officiels (MAP, 2M, Al Aoula, etc.), mais aussi par une certaine élite gravitant autour de la monarchie. Et la position intégriste qui, incapable de chercher des solutions dans la religion pour répondre aux questions et problèmes propres à l’évolution normale de la société, a choisi de copier sans esprit critique la façon dont ses ancêtres ont essayé, eux, de répondre aux défis de leurs époques. Malheureusement, ces deux positions cohabitent au détriment d’une large frange de la société qui conteste sans fracas les deux positions dominantes, mais ne s’exprime pas (ou pas assez) sur la place publique et pèche par sa passivité et par sa peur de s’impliquer dans la vie politique.
Rachid El Khayali, Agadir

Tristes élections
Les élections sont, en principe, une occasion pour établir une connexion entre le peuple et ses gouvernants, pour que ces derniers prennent le pouls du pays et définissent le cap à prendre. Mais, dans le plus beau pays du monde, elles prennent une autre signification. En effet, au Maroc, les élections sont une occasion de rappeler aux gouvernés qu'ils sont dans un pays sous-développé avec une absence de démocratie. C'est triste.
Hamza Moutmir, Paris

Campagne anti-écolo
Au moment où d'autres pays luttent contre le gaspillage d'énergie, contre la pollution et pour des villes propres, nous, nous avons fait, durant cette campagne électorale pour les communales, un concours du meilleur pollueur. Tous ont surenchéri dans le rôle du lanceur de tracts. Les responsables des partis dits “démocratiques” devraient éduquer d'abord leurs partisans à nettoyer nos rues des “tapis” de paperasses qu’ils ont lancés.
Laila Berouayel, Tanger

Obama et le Maroc
Le président américain, Barack Obama, lors de son discours du Caire le 4 juin, a déclaré : “Le Maroc a été le premier pays à reconnaître notre nation”. En effet, le Maroc, par la voix de son sultan Mohamed Ben Abdellah, a été le premier pays à reconnaître l’indépendance de la nouvelle nation émancipée : les Etats-Unis d’Amérique, sous la présidence du résistant George Washington, épaulé par le célèbre Lafayette. Bravo à Obama pour ce rappel historique, qui peut faire la dignité du peuple marocain.
Mohammed Aroussi Chentoufi, Casablanca

PAMez-vous bien !
Celui qui pense que la victoire du PAM aux élections communales est une surprise n’a rien compris à la politique marocaine. Dans le plus “beau” pays du monde, les PAM (Partis d’Allégeance à la Monarchie) sont et seront les seuls gagnants. La victoire de l’ami du roi ne devrait étonner personne car les sorties médiatiques, les plannings et la méthodologie choisie sont tellement téléphonés qu’on sait d’avance ce qui allait se passer. Imaginons la suite. Tout d’abord, une sortie médiatique par trimestre, pour “piquer” les Marocains avec un vaccin de rappel qui nous dit que le seul parti d’opposition qui vaille, c’est le PAM. Plus tard, un an avant 2012, viendra une assemblée générale du PAM qui nommera El Himma secrétaire général, après une démission généreuse de Biyadillah. En 2012, le PAM gagnera les élections législatives et l’ami du roi obtiendra la Primature. D'ici là, PAMez-vous bien, merci.
Mokhtar Chaoui, Tanger.

Cherche électeurs désespérément
Sous d'autres cieux, les élections communales servent à désigner les élus qui assureront la gestion de la chose locale. Du coup, les campagnes électorales tentent de convaincre les électeurs de la valeur ajoutée de tel ou tel parti. Ce n'est, curieusement, pas le cas du Maroc où les partis politiques se présentent sans aucun programme ou plan d'action. Plusieurs fois par jour, les Marocains ont été harcelés par les représentants des 30 formations en lice, qui profitent du temps d'antenne qui leur est accordé pour balancer des slogans creux, appelant tous à une participation massive. Malheureusement, les valeureux candidats ont semblé ignorer qu'une participation aux élections n'est pas une fin en soi. Demander un vote par charité n'est pas digne d'un politicien.
Ali Hassan Eddehbi, Rabat

 
 
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