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Abla Ababou
GALERIE. La dame de l'art
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Aïcha Amor et Aziz
Daki : elle et lui ont monté
lAtelier 21. (Atelier 21)
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A la tête de LAtelier 21, à Casablanca, Aïcha Amor veut développer un véritable marché de lart marocain contemporain. Rencontre.
J'ai la plus haute idée, et la plus passionnée, de l'art. Bien trop haute pour consentir à le soumettre à rien. Bien trop passionnée pour vouloir le séparer de rien. Aïcha Amor semble avoir adopté ces propos dAlbert Camus. Après avoir dirigé durant plus de vingt ans la communication de la Société Générale et participé à la constitution de lune des plus belles |
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collections institutionnelles dart plastique du pays, la dame a définitivement attrapé le virus de lart. Avec son associé, le journaliste et critique dart Aziz Daki, Aïcha Amor a ouvert, en octobre 2008, la galerie casablancaise LAtelier 21 et sest promis de participer à la structure du paysage artistique marocain. Pari réussi, le lieu est devenu incontournable pour les amateurs dart et affiche déjà près de six expositions, à raison dune par mois. Les toiles et sculptures de la star Mahi Binebine ont inauguré en grande pompe la galerie. Par la suite, les uvres de Mustapha Boujemaoui, Tibari Kantour, Ahmed Amrani, Safaa Erruas, Jamila Lamrani et Khalid El Bekay, ont investi cet espace de 200 m2. Mais le rôle de la galerie ne semble pas sarrêter là, nous apprend Aïcha Amor : Nous nen sommes quà nos débuts. Notre but est également doffrir des services comme la constitution de collections privées ou publiques, conseiller le mécénat dentreprise, expertiser des uvres dart et surtout parvenir à promouvoir les artistes marocains à létranger. Des ambitions louables mais qui exigent encore bien du travail comme lexplique Mahi Binebine : Dans les pays occidentaux, un artiste vivant a le droit de déplacer ses uvres dans le monde entier sans frais de douane, ce qui est loin dêtre le cas au Maroc. Nous nous trouvons face à un vide juridique qui freine considérablement lexportation de nos créations.
Image de marque
Autre frein important, celui dun marché de lart parallèle. De plus en plus de vendeurs à la sauvette écoulent des faux Gharbaoui, Chaïbia ou Ben Allal et portent préjudice au travail des galeristes. Aïcha Amor souligne également la tendance de plusieurs artistes à vendre leurs travaux dans leur atelier en faussant la cote que tentent dinstaurer les maisons de vente aux enchères et les galeries dont le nombre augmente depuis près de trois ans. Face à ce phénomène Aïcha Amor demeure confiante : Une ville comme Casablanca aurait besoin dune dizaine despaces dart professionnel. A Barcelone, New-York ou Paris il existe des rues pleines de galeries les unes à côté des autres. La concurrence a toujours été un excellent moteur pour niveler les choses vers le haut. Des propos que renforcent lartiste Safaa Erruas : Les choses ont tendance à changer même sil faudra attendre une dizaine dannée avant que les artistes, les acheteurs et les médias soient sensibilisés à un véritable marché de lart. Jusquà présent, ce marché draine essentiellement des hommes daffaires considérant lart comme une valeur refuges ou encore des fashion-victims soucieux dacquérir la même toile que celle du voisin, image de marque oblige. Mais le foisonnement des galeries fait naître le goût de lesthétisme. Quelques amoureux de lart commencent à se manifester, en entamant des collections constituées à partir de coups de cur et non pas pour assortir la couleur du canapé ou du tapis. |
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