N° 378
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

INTERVIEW. Le Maroc, l’Amérique, etc.
GALERIE. La dame de l'art
LE MAG CULTURE



page Coordonnée par Maria Daïf

Musique. Pas de fête ou presque
Fnaïre (TNIOUNI)

Malgré les promesses de la Coordination marocaine de la fête de la musique, le 21 juin sera discret. Une année de plus.

Janvier 2009, Touria Jabrane reçoit en grande pompe la fraîchement créée Coordination marocaine de la fête de la musique (CMFM) et lui offre “soutien et adhésion” du ministère de la Culture. Objectif : officialiser la fête de la musique au Maroc, qui en est à sa 8ème édition cette année. Ce comité d’organisation, parrainé par Jack Lang (initiateur de la fête de la musique en France), promet “1000 actes musicaux” sur trois jours. Et, depuis, plus rien. Personne ne peut
expliquer l’avortement de ce projet, pas même la chargée de presse de ladite CMFM qui “ne comprend pas cette situation”. Saïd Louardi, président de la direction de la musique au ministère de la Culture, soutient lui mordicus que “oui, un 21 juin il y aura” : “On propose un ballet et un show de guitare à la salle Bahnini de Rabat”. Bref, on est loin des 1000 shows prévus. Heureusement certains vont pallier ce flou artistique, à l’image du Conseil régional du tourisme de Casablanca. Ouverture du bal le 20 juin, place Mohammed V à Casa, avec l’Orchestre philarmonique du Maroc (qui récidive le 21 à Rabat, place Moulay El Hassan), suivie le lendemain d’un pot-pourri avec Fnaïre en tête d’affiche. “Casa Mémoire”, aussi de la fête, investira les Abattoirs à partir de dimanche midi avec une open scène de jeunes talents. Sans oublier Maroc Hit Parade à Rabat. On a évité de justesse une défaite de la musique. Yasmina Assaoui


Festival. Méditerranée multiple
Entre représentation théâtrale, danse africaine et chants liturgiques, les Nuits de la Méditerranée de l’année 2009 cachent bien des surprises aux badauds attendus. La 9ème édition de ce festival cosmopolite se déroulera du 1er au 5 juillet au palais des institutions italiennes à Tanger. La révélation de ce festival sera sans doute le groupe marocain venu directement de Chefchaouen, Al’ma, qui présentera un concert aux touches reggae, flamenco, fusion et pop. Au programme également, le grand maître de kora originaire du Sénégal, Sckou Keita Quintet, et le trio Joubran, aux origines palestiniennes, qui clôturera les Nuits de la Méditerranée après la prestation du groupe espagnol Complices, disparu de la scène musicale internationale pour aller se ressourcer en Inde. Malika M’sefer


Arts plastiques. Labo tangérois
Début juillet, la ville du détroit s’apprête à accueillir un atelier très particulier : l’Atelier du Petit Socco, initié par le peintre Ahmed Lamarti et le passionné d’art Gilles Maufrais, se veut plus qu’un espace dédié à l’exposition d’œuvres d’art. L’endroit a pour ambition de devenir un laboratoire d’expériences artistiques et de rencontres, et un lieu d’expression alternatif dédié à l’art contemporain. Pour son inauguration, et jusqu’au 26 juillet, l’atelier expose les œuvres du jeune plasticien Amine El Gotaibi. Dans les mois qui suivront, l’Atelier du Petit Socco compte recevoir d’autres expositions, ainsi que des rencontres avec des artistes, des événements littéraires ou encore des résidences artistiques. Meryem Saadi


Film d’auteur. Denrées rares
Rabat accueillera du 21 au 30 juin la quinzième édition du Festival international du film d’auteur. L’occasion pour les cinéphiles de découvrir des films à la fois inattendus et jamais projetés au Maroc. La programmation, riche et éclectique, est divisée en plusieurs volets. En plus des 11 films en compétition officielle, le Festival a prévu une rétrospective du cinéaste kazakh Darejan Omirbaev, avec, en avant-première mondiale, la présentation de son dernier film Chouga. Au programme également : un panorama du cinéma indépendant indien et une sélection de films documentaires, suivis chacun d’une master class. Six films marocains seront également projetés, parmi lesquels En attendant Pasolini de Daoud Oulad Syad, Les cœurs brûlés de Ahmed Maânouni, ou encore Les jardins de Samira de Latif Lahlou. La programmation complète du Festival est disponible sur www.rabatfilmfestival.org. M.S.


Arts plastiques. Censure vénitienne
Un dessin de Mounir Fatmi a été censuré par la police italienne. En plein Biennale de Venise.

Malgré le buzz autour du pavillon marocain à la 53ème Biennale de Venise (du 7 juin au 22 novembre), pavillon occupé par Mahi Binebine et Fathiya Tahiri, Mounir Fatmi a fini par voler la vedette à tout ce beau monde. En effet, l’artiste marocain, installé en France, a désormais un antécédent avec la police italienne. Invité par un commissaire d’exposition belge à participer à un projet en off de la Biennale (le projet consistait à réaliser des œuvres dans la ville), Mounir Fatmi a suscité l’ire des autorités vénitiennes en dessinant à la craie et sur un mur la rencontre entre Jean Paul II et le turc Ali Agça qui avait tenté de l’assassiner (la rencontre a réellement eu lieu en 1983 dans une prison italienne). “J’ai fait ce dessin le 5 juin et le 7, la police l’a effacé, sans même prévenir le commissaire d’exposition. J’étais déjà rentré à Paris et j’ai appris la nouvelle en lisant Le Monde”, raconte Mounir Fatmi. L’artiste, qui n’en est pas à sa première œuvre qui dérange, se souvient d’ailleurs de déboires aux Etats-Unis ou en France : “Je passe souvent pour un provocateur, mais je ne le suis pas. Je fais mon travail et les censeurs font le leur. On a tort de croire qu’ils sont uniquement dans les pays arabes et musulmans. Ils sont partout”. A Venise, pendant la plus grande des messes d’art contemporain, ils ont sévi. Maria Daïf


Cinéma. Binebine sur grand écran
C’est confirmé. Mardi 16 juin, Mahi Binebine a vendu les droits des Etoiles de Sidi Moumen, son huitième roman inspiré des attentats kamikazes du 16 mai 2003 (dont la sortie est prévue en septembre prochain) à Nabil Ayouch pour une adaptation au cinéma. C’est la première fois qu’une œuvre de l’écrivain s’invite dans le monde du 7ème art marocain, malgré plusieurs négociations non abouties avec d’autres réalisateurs pour ses précédents romans. Rencontre fructueuse cette fois, qui permet à Binebine d’investir le grand écran par la grande porte s’il vous plait. “Nabil Ayouch est un metteur en scène brillant, je suis très content de collaborer avec lui”, a-t-il déclaré. Autre petite victoire du peintre-écrivain : il a obtenu du père de Ali Zaoua une adaptation parfaitement fidèle au livre. Y.A.


Danse. Salsa et fiesta
Semaine 100% salsa du 22 au 28 juin à Marrakech. Initiée par l’alliance Marseille/ Casablanca/New York, et plus précisément la MOMA Dance School de Casablanca, le séjour propose, sous forme de pack, cours de danse intensifs, séminaires, ateliers, show de salsa et animation non-stop. Le tout en compagnie de figures reconnues dans le domaine, venues aussi bien des Etats-Unis que de France, avec en sus DJ Mo (Marseille) et DJ Fabio (Casablanca), chargés de mettre le feu aux soirées prévues. Le prix, qui varie entre 2500 et 5000 DH, comprend hôtel, activités et rafraîchissements. De quoi se reposer tout en dansant et se déhancher en bronzant. La salsamania, qui a envahi le Maroc il y a 5 ans, n’est a priori pas près de s’éteindre.
Sonia Terrab


Chambre à art
Les Tangérois de Lazywall veulent faire bouger leur ville : ils ont monté “The Live ! Room”. Cet open mic, prévu tous les lundis de 20h à 22h, accueillera, dès début juillet, groupes, artistes solos, poètes ou comédiens, qui se produiront, pendant 10 minutes, devant le regard du public et des autres candidats. “Il n’y a rien de compétitif là-dedans”, explique Mondher Anegay, le batteur du groupe, qui a déjà reçu plus de 14 candidatures. Pour s’inscrire, il suffit d’envoyer une demande au groupe Facebook de l’événement. Ou se présenter le soir même, au Chellah Beach de Tanger. Y a de la place pour tout le monde…

Clip
Les Fez City Clan viennent enfin d’accoucher de leur tout premier clip vidéo. Ila chefti aref belli, l’un de leurs morceaux les plus connus, a été mis en images il y a quelques semaines par le réalisateur en herbe Rachid Mouhib. Tourné dans les rues de Casablanca - et non pas dans celles de leur ville impériale d’origine- le clip est une succession de petites situations mettant en scène, tour à tour, les rappeurs du groupe. La vidéo est en ligne depuis quelques jours, tout comme son making of, montrant les coulisses du tournage. Clip à découvrir sur www.youtube.com/watch?v=nL4OKDWTamA.

 
 
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