N° 379
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

INTERVIEW. "Lemerre n’y est pour rien…"
COMMUNALES. Le choc des mairies
Grippe A H1N1. “Nous contrôlons la situation”
L'ACTU MAROC



Propos recueillis par
Mehdi Sekkouri Alaoui

INTERVIEW. "Lemerre n’y est pour rien…"
Mehdi Benatia (TNIOUNI)

La nouvelle révélation des Lions de l’Atlas, défenseur central de Clermont (ligue 2 française), revient sur la dernière sortie du Maroc devant le Togo, ses débuts avec la sélection nationale et son avenir professionnel.


Le Maroc vient de concéder le nul face au Togo et de compromettre sérieusement ses chances de qualification au Mondial 2010. Quelles sont vos impressions ?
Comme tous mes coéquipiers, je suis déçu. Avant d’entamer cette
rencontre, nous étions très confiants. D’autant que lors de notre déplacement au Cameroun, nous avons montré que nous étions capables de rivaliser et de venir à bout de nos adversaires dans cette course à la qualification. Le jour J, nous aurions pu mettre facilement deux ou trois buts au Togo, mais, malheureusement, ça ne s’est pas passé comme nous l’avions prévu.

Comment expliquez-vous ce résultat ?
Nous avons fait le match qu’il fallait. J’en reste convaincu. Nous avons gardé le ballon durant toute la rencontre et pratiqué un jeu collectif de qualité. Ce qui nous a peut-être manqué, c’est de nous porter davantage vers l’avant, de mettre encore plus de pression sur le gardien adverse. Mais bon, ce n’était pas évident à appliquer sachant que l’équipe togolaise s’est cantonnée dans sa moitié de terrain.

Les observateurs reprochent à Roger Lemerre de ne pas avoir pris de risque en alignant un seul attaquant en pointe, Mounir El Hamdaoui. Qu’en pensez-vous ?
Je ne suis pas d’accord. Roger Lemerre n’y est pour rien. Il a opté pour un schéma tactique tourné à 100% vers l’offensive. Il y avait un seul attaquant sur le terrain, mais derrière lui on pouvait trouver cinq milieux à vocation offensive. Les gens ne tiendraient pas ce discours si Mounir El Hamdaoui avait réussi son penalty ou si le coup franc de Marouane Zemama avait connu un meilleur sort que de percuter le poteau.

Les joueurs marocains ont manqué de fraîcheur physique. Pourquoi ?
C’est la fin de la saison, il est donc tout à fait normal que les joueurs soient un peu fatigués.

Est-ce que l’absence d’un Abdeslam Ouaddou a eu un impact sur le rendement de l’équipe ?
Bien sûr. Ouaddou a laissé un vide considérable dans le groupe. Il aurait pu nous apporter beaucoup de choses, sur le terrain et dans les vestiaires où il fallait un leader qui sache s’imposer et motiver les joueurs. C’est dommage qu’il ait été écarté à la dernière minute, mais le choix final revient au sélectionneur, il faut le respecter.

Revenons à vos débuts avec la sélection nationale. Comment vous êtes vous retrouvé à porter le maillot des Lions de l’Atlas ?
En 2004, Fethi Jamal, alors entraîneur de l’équipe nationale juniors, a fait appel à moi pour des matchs amicaux. Il m’a ensuite convoqué pour prendre part à la Coupe du Monde juniors aux Pays-Bas en 2005. Malheureusement, pour des raisons administratives, je n’ai pas pu participer à cette compétition où le Maroc est arrivé en demi-finale. A l’époque, j’avais seulement la nationalité française et la procédure pour acquérir ma citoyenneté marocaine était en cours. Il a fallu attendre la nomination en 2008 de Roger Lemerre à la tête des Lions de l’Atlas pour que je sois à nouveau sélectionné.

Avant de rejoindre les rangs du onze marocain, vous défendiez les couleurs de l’équipe de France. Pourquoi ce revirement ?
Dans le temps, j’évoluais à l’Olympique de Marseille et j’étais souvent appelé à jouer avec l’équipe de France des moins de 16 ans aux côtés de Karim Benzema et Samir Nasri. Jusqu’au jour où des responsables marocains m’ont approché pour me proposer de porter les couleurs du Maroc. Ils n’ont pas eu besoin d’insister, j’ai tout de suite accepté. J’aurais pu continuer avec les tricolores, ce qui m’aurait sans aucun doute apporté beaucoup de contrats publicitaires par exemple, mais porter le maillot des Lions de l’Atlas était pour moi un rêve de gamin. Et puis, je savais que ça ferait énormément plaisir à mes parents.

Même à votre mère ?
Oui même à ma mère. Pourquoi ?

Elle a dû être vexée de vous voir préférer le Maroc au lieu de répondre favorablement aux sollicitations de la sélection d’Algérie, son pays d’origine…
(Rires) Ma mère aurait certainement aimé que je joue pour l’Algérie, néanmoins elle m’a soutenu à cent pour cent dans mon choix.

Les Fennecs d’Algérie sont bien partis pour se qualifier à la prochaine Coupe du Monde alors que les Lions de l’Atlas sont quasiment hors course. Vous ne regrettez pas votre choix ?
Pas du tout. Je me sens plus marocain qu’algérien ou français. Pour moi, porter le maillot marocain est une fierté.

Est-ce vrai que vos excellentes prestations devant le Cameroun et le Togo vous ont valu l’intérêt de nombreux grands clubs européens ?
C’est vrai que quelques clubs ont pris contact avec mon agent, mais à ce jour, il n’y a encore rien de concret.

Vous avez une préférence pour un championnat en particulier ?
Jouer dans la Liga est un rêve, mais ce n’est pas primordial. Je suis encore jeune. Le plus important pour moi aujourd’hui est de signer dans un grand club qui m’offre un maximum de temps de jeu, afin de garder le niveau requis pour continuer à porter le maillot de l’équipe nationale.

Mehdi Benatia. Le Naybet de demain
La nouvelle coqueluche du public marocain, 22 ans, a vu le jour dans l’Essonne, en France. Mehdi Benatia a commencé à taquiner la balle au CS Brétigny puis à l’US Créteil avant de poser ses valises en 2000 à Clairefontaine, dans le prestigieux Institut national de football (INF). Au terme de sa formation, le défenseur central, 1m91, tape dans l’œil de Chelsea et de Manchester United qui l’invitent à passer des tests, réussis haut la main. Mais, à la surprise générale, Mehdi Benatia opte pour l’Olympique de Marseille. “Depuis que je suis tout petit, je voulais jouer pour l’OM, et je ne voulais pas brûler les étapes”, confie-t-il. A la Canebière, il doit se contenter de jouer en CFA et collectionne les blessures. Mais il honore aussi ses premières sélections avec les juniors tricolores avant d’accepter de rejoindre définitivement les Lions de l’Atlas. Entre-temps, il refuse la convocation des Fennecs d’Algérie, pays dont est originaire sa mère. En 2006, devant le refus des dirigeants de l’OM de l’aligner en Ligue 1, il demande à être prêté à Tours, qui évolue en Ligue 2, avant de faire ses débuts un an plus tard chez l’élite avec le FC Lorient. Mais une vilaine blessure au genou lui fait perdre sa place dans son nouveau club. Le 26 juin 2008, il s’engage avec Clermont-Ferrand, un petit club de deuxième division. “Pour moi, le plus important était d’avoir du temps de jeu dans n’importe quel club pour retrouver mon niveau”, explique-t-il. Aligné pour la première fois avec l’équipe A du Maroc devant le Cameroun puis face au Togo, Mehdi Benatia a convaincu les fans des Lions de l’Atlas, qui voient déjà en lui un futur Nourredine Naybet.

Lemerre. Partant ou pas ?
Roger Lemerre a sans aucun doute porté pour la dernière fois le maillot des Lions de l’Atlas devant le Togo (0-0). Avec la série de contre-performances du onze national, le coach français est devenu persona non grata au Maroc. Les composantes du sport marocain (dirigeants, presse, public) ont réclamé à l’unanimité son départ. Un divorce qui ne va pas du tout être simple. Lemerre, dont les objectifs sont de qualifier l’équipe marocaine au prochain Mondial et d’arriver aux demi- finales de la CAN (ce qui est mathématiquement toujours faisable), est lié à la Fédération royale marocaine de football par un contrat en béton. En cas de limogeage, la FRMF devra lui verser 15 millions de dirhams d’indemnités. “Soit on lui règle tout ce qu’on lui doit et on tourne la page, soit on essaye de négocier comme on l’a fait avec ses prédécesseurs”, explique cette source au sein de la FRMF. Pour ce qui est de démissionner, Roger Lemerre ne veut même pas en entendre parler. “J’ai un contrat que je tiens à respecter jusqu’au bout, c'est-à-dire jusqu’à la prochaine Coupe d’Afrique des nations”, a-t-il déclaré à la poignée de journalistes qui n’ont pas boycotté sa conférence de presse après le match contre le Togo. Les prétendants les plus sérieux à sa succession sont le coach du Wydad, Baddou Zaki, et l’ancien entraîneur du Raja, José Romao. Affaire à suivre…

 
 
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