N° 379
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

INTERVIEW. "Lemerre n’y est pour rien…"
COMMUNALES. Le choc des mairies
Grippe A H1N1. “Nous contrôlons la situation”
L'ACTU MAROC



Propos recueillis par Youssef Ziraoui

Grippe A H1N1. “Nous contrôlons la situation”
(AIC PRESS)

Malgré 13 cas de grippe porcine avérés et une rumeur de décès, Noureddine Chaouki, directeur de l'épidémiologie au ministère de la Santé, nous livre un bilan rassurant de la situation. Entretien.


Des sources attestent du décès d’une personne atteinte du virus H1N1 à Casablanca, la semaine dernière. Qu’en est-il ?
C’est faux, complètement. Personne n’est mort de la grippe porcine au Maroc.

Nous comptabilisons officiellement 13 cas déclarés de grippe A. Existe-t-il un risque de pandémie pour le royaume ?
Si par pandémie, vous entendez fermeture des écoles, annulations des colonies de vacances, etc., nous sommes loin de ce scénario-catastrophe. Tous les cas déclarés ont été hospitalisés, et sur les 13 personnes qui ont suivi le traitement, 8 sont déjà rétablies. Bref, la situation est sous contrôle.

Le virus ne risque-t-il pas de circuler plus facilement, à cause des festivals et des rassemblements publics ?
Aujourd’hui, tous les cas détectés au Maroc sont confinés, le virus ne circule pas sur le territoire. Et puis, tous les cas sont importés.

Ce qui veut dire ?
Qu’il n’existe pas de foyer de contagion au Maroc. A notre niveau, nous essayons de retarder la transmission communautaire de la grippe porcine, voire de l’empêcher. Cela marche plutôt bien car aucun des malades n’a transmis le virus à son environnement proche.

La perspective du Haj, événement rassemblant plus de 2 millions de musulmans du monde entier, parmi lesquels des milliers de Marocains, ne constitue-t-il pas un risque supplémentaire de propagation du virus ?
Si le Haj devait avoir lieu la semaine prochaine, je vous dirais qu’il ne constitue pas de risque particulier. Par contre, ce rassemblement aura lieu dans quelques mois, d’ici là, on y verra plus clair. Toujours est-il que c’est une question sur laquelle nous travaillons. Le Maroc a été associé à une réunion avec les pays du pourtour méditerranéen à l’initiative de l’OMS pour travailler sur la question.

Avec l’arrivée des MRE et des touristes, le nombre de cas de grippe A ne risque-t-il pas d’augmenter ?
C’est sûr qu’on s’attend à importer d’autres cas, c’est dans l’ordre des choses. Mais nous sommes préparés sur le plan sanitaire. Tous les passagers des vols de la RAM ont droit à une annonce leur expliquant la marche à suivre en cas de symptomes grippaux, les délégués régionaux du ministère de la Santé sont en réalisation avec la totalité des voyageurs qui ont été en contact avec des porteurs du virus. Nous sommes en état d’alerte.

Les portiques et les caméras placés au niveau des frontières terrestres, des aéroports et des ports, n’ont-ils pas montré leur limite en laissant filtrer des cas avérés ?
Il n’a jamais été dit que les dispositifs étaient efficaces à 100%. Ils servent à détecter les cas de fièvre, or, certains voyageurs peuvent être en période d’incubation, ou avoir pris un médicament pour faire baisser la fièvre. Le portique, c’est du préventif, après, il y a tout le travail de sensibilisation des voyageurs, et leur suivi une fois qu’ils sont sur le territoire.

Le ministère de la Santé n’a-t-il pas péché par excès de confiance, en présumant que le Maroc serait épargné grâce au cordon sanitaire des pays occidentaux ?
On nous reproche aussi d’avoir mis en place un dispositif disproportionné par rapport à la gravité de la situation. Nous avons toujours su que nous devions être prêts à faire face à une situation grave.

Pourquoi n’y a-t-il pas eu de campagne de communication de la part du ministère de la Santé concernant le virus ? Est-ce pour ne pas inquiéter la population ?
On ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu de campagne de communication. Jusqu’ici, nous avons largement communiqué dans les médias, à la radio, à la télé, et en darija, pour que notre message soit compris par un maximum de personnes. Parallèlement, nous venons de finaliser une campagne d’affichage, des spots radio et une capsule pour la télévision.

Le ministère de la Santé a déclaré avoir commandé entre 500 000 et 1 million de doses de Tamiflu. A qui seront-ils administrés ?
A toutes les personnes qui ont un contact frontal avec la maladie : les professionnels de la santé, les gens qui gèrent l’électricité, l’eau, le téléphone. En cas de pandémie, ces vaccins éviteront que tout le pays soit paralysé.

Qu’adviendrait-il si le virus mutait ?
Aujourd’hui, nous sommes dans l’expectative. Nous attendons de voir comment réagit le virus dans l’hémisphère sud, qui est en saison automnale. Soit le virus restera stable, soit il devient plus “méchant”. Ce qu’on remarque actuellement, c’est qu’il y a de plus en plus de cas de grippe AH1N1 et de moins en moins de décès, ce qui est encourageant.

 
 
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