N° 379
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

INTERVIEW. "Lemerre n’y est pour rien…"
COMMUNALES. Le choc des mairies
Grippe A H1N1. “Nous contrôlons la situation”
L'ACTU MAROC




AMDH. Demandez le rapport
L’ONG pointe la non-application
des recommandations de l’IER. (DR)

L’Association marocaine des droits humains vient de publier son nouveau rapport sur le Maroc. Accablant, comme d’habitude.


Mercredi 24 juin, rue Akensous à Rabat. Le siège de l’AMDH est particulièrement animé. Tout ce que le Maroc compte de médias a été convié à couvrir la conférence de presse organisée par l’Association pour la présentation de son rapport annuel. Une rencontre qui revêt un caractère spécial : d’abord parce que l’AMDH fête ses 30 ans, ensuite parce que, en pleine année électorale, elle n’a pas pu s’empêcher de
semer son grain de sel dans l’évaluation des communales. Fidèle à son habitude, l’ONG ne prend pas de gants. Côté élections, c’est tout noir. Les auteurs du rapport insistent, en vrac, sur la corruption, l’apparition d’un nouveau parti de l’administration, le manque de débats, l’abstention… Mais encore une fois, c’est la non-application des recommandations de l’IER qui a le plus déçu : “Le CCDH a annoncé que ces recommandations seraient appliquées dans leur globalité avant fin 2008. Le rapport définitif relatif à leur application devait paraître en avril. Or ces deux échéances n’ont pas été respectées”, rappelle Abdelhamid Amine, vice-président de l’AMDH. Dans les rangs de l’Association, c’est aussi la persistance de certaines pratiques des années de plomb qui est dénoncée : recours à la torture, procès inéquitables, dégradation de l’environnement carcéral... Sans oublier, pour ce qui concerne les droits économiques et sociaux, le recul du Maroc dans les baromètres internationaux. Souleïman Bencheikh


Zoologie. Le roi lion
Qui est vraiment le lion de l'Atlas ? Une vulgaire sous-espèce du fauve africain ou un animal avec un vrai pedigree ? Des chercheurs anglais tentent de répondre à cette question qui taraude les zoologues depuis des décennies, rapporte le site de la BBC. Ils ont établi une généalogie du félin marocain en se basant sur les archives du zoo de Rabat, lieu où Hassan II a transféré, en 1973, les descendants des rares spécimens encore existants. Le roi défunt gardait jusqu' alors ces lions au sang bleu dans l'enceinte du palais royal, après en avoir hérité de Mohammed V. En effet, déjà très rare à l'état sauvage au 19ème siècle, les spécimens encore vivants étaient la propriété exclusive des sultans du Maroc. Ils vivaient depuis 1912 dans l'enceinte du palais, depuis que Moulay Abdelhafid les avait rapatriés d'une mini-réserve naturelle située dans les montagnes de l'Atlas. Cette politique écolo avant l'heure aura eu au moins un point positif : fournir matière à étude aux zoologues anglais. Cités par la BBC, ils affirment que les indices récoltés dans les archives du zoo de Rabat confirment la spécificité du lion de l'Atlas. Hassan Hamdani

Saïdia. Heureux qui comme Sefrioui…
Les absents ont eu tort, mais il n’y en a pas eu, pas vraiment. Tout ce que le Maroc compte comme décideurs et people a fait le déplacement jusqu’à Saïdia, le 19 juin, pour voir de près la très attendue première station du Plan Azur. Après les déboires du groupe espagnol Fadesa, c’est le promoteur marocain Anas Sefrioui qui a repris ce chantier titanesque (700 hectares), très controversé sur le plan écologique. Un reportage au vitriol diffusé sur France 5 quelques jours avant l’événement a même failli gâcher la fête. Les organisateurs redoutaient que le roi se décommande au dernier moment pour l’inauguration de la Marina. Heureusement qu’il n’en a rien été : Mohammed VI s’est déplacé, il en a même profité pour décorer Anas Sefrioui. Le patron d’Addoha arborait son plus large sourire lors de la soirée officielle pour le lancement de la station. Au menu : dîner makhzénien, spectacle de Faudel et Khaled, et feux d’artifice pour illuminer le ciel de la ville frontalière. Coût de la grandiose fiesta de Sefrioui : 25 millions de dirhams, d’après certaines estimations. Fahd Iraqi


Think tank. El Himma décortiqué
La nouvelle publication du Cercle d’analyse politique, think tank créé en 2001, pourrait faire du bruit. La collection dirigée par Ali Bouabid, qui vient de publier un opus sur le thème Crise des élites et restructuration du champ politique par le haut, donne la parole aux politologues Mohamed Tozy, Rachid Filali Meknassi (président de Transparency Maroc) et Abdallah Saâf (ancien ministre). Ce 13ème numéro des Cahiers bleus est la version étoffée des principales communications scientifiques qui avaient animé une rencontre avec Fouad Ali El Himma en novembre 2008. Le champion du PAM s’était alors prêté au jeu du débat devant une brochette de 10 politologues pas spécialement tendres. Dans son intervention, Mohamed Tozy se demande si El Himma est un phénomène de cour ou un phénomène politique, avant de conclure : “Si le fond doctrinal du MTD (Mouvement pour tous les démocrates) présente une certaine cohérence, la courte histoire du PAM conforte notre hypothèse de son incapacité à contribuer de façon décisive à restructurer le champ politique”. Et toc ! S.B.


Fait divers. Les cowboys de la police
Un jeune homme a trouvé la mort, lundi 22 juin, au quartier Nekhaline à Fès. Z.G, sourd-muet, a été atteint dans le ventre par une balle tirée par un policier. Le coup aurait été porté par erreur, indique une source policière. La patrouille mise en cause aurait fait feu sur quatre personnes, parmi lesquels Z.G et son frère A.G, qui séquestraient une jeune fille sous la menace d’armes blanches. A.G, atteint de trois balles, est encore en réanimation à l’heure où nous mettons sous presse. Une balle perdue aurait blessé une troisième personne, ajoute une source sur place. Le parquet de la ville aurait ouvert une enquête et arrêté trois personnes. Sauf qu’une autre version des faits circule à Fès. Celle d’une dispute entre clients d’un café qui abrite illégalement des flambeurs. La patrouille, alertée par les riverains, serait intervenue pour mettre fin à la rixe. Le résultat, lui, est fixe malgré les versions discordantes : un mort et deux blessés. Mohammed Boudarham


Sport. Espoirs méditerranéens
Athlétisme et cyclisme sont les deux disciplines dans lesquelles le royaume pourra marquer sa présence lors de la 16ème édition des Jeux Méditerranéens. Inchallah.


C’est le vendredi 26 juin que le coup d’envoi des Jeux Méditerranéens a été donné à Pescara en Italie. 200 sportifs, dans 17 disciplines, défendent les couleurs marocaines. En l’absence du football (le président Ali Fassi Fihri n’a pas jugé bon d’envoyer ses Olympiques en Italie), nos chances de médailles reposent essentiellement sur l’athlétisme. 34 athlètes fouleront les pistes de Pescara. Les plus en vue sont Amine Laâlou (800 mètres), Siham Hilali et Abdelaâti Iguider (1500 m). “Dans ce type compétitions, les sélections ne participent pas avec leurs meilleurs éléments, ce qui ne permet pas de juger réellement des chances de nos athlètes”, nuance Aziz Daouda, directeur technique de la Confédération africaine d’athlétisme. Ces jeux se déroulent par ailleurs en début de saison, ajoute le technicien, ce qui laisse la porte ouverte aux surprises. Plus que l’athlétisme, c’est le cyclisme marocain, une fois n’est pas coutume, qui a les plus fortes chances d’être “médaillé”. Sept concurrents sont en lice, encadrés par Mustapha Nejjari, ancienne gloire du vélo. En général, les Jeux Méditerranéens réussissent bien aux Marocains. Depuis sa première participation (Beyrouth, 1959), le royaume a glané 175 médailles dont 47 en or. Le sportif marocain le plus primé reste Saïd Aouita, avec 5 médailles dont 4 en or, suivi de Nezha Bidouane, avec 3 médailles d’or. Fadoua Ghannam
 
 
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