|
Par Abdellah Tourabi
ENQUÊTE. Pourquoi et comment Hassan II a islamisé la société
En sappuyant sur les manuels déducation islamique pour contrer lopposition de gauche et mater les élans de liberté dans luniversité, le palais royal a introduit le salafisme et fait le lit de lextrémisme. Cest tout le Maroc qui en paie aujourdhui les frais.
Lhistoire récente retient que beaucoup parmi les pays arabes nont pas eu de chance. Ils ont connu une destinée qui nest pas sans rappeler le destin du célèbre Frankenstein, héros de littérature, soudain dépassé,
|
|
menacé, par le monstre quil a créé de ses propres mains
Confrontés à une forte opposition de gauche dans les années 1960-70, les régimes arabes ont cru trouver la parade, via la manipulation de la religion, pour damer le pion à leurs adversaires. Sauf que le pompier était lui-même pyromane et, en voulant éteindre un incendie à gauche, il a nourri un brasier à droite. La montée de lislamisme radical et violent, et lapparition de lhydre terroriste, trouvent plus ou moins directement leurs origines dans cette stratégie du détournement de lislam à des fins politiques.
Sur les traces du docteur Frankenstein
Comme dautres pays arabes, le Maroc na pas échappé à la règle. Pour affronter les idées de gauche (en gros laïcité, démocratie, libertés publiques), en vogue chez la jeunesse du pays, lEtat a tenté dorienter les esprits vers dautres idéaux, traditionnels, conservateurs. La programmation de la Tarbiya Islamiya (léducation islamique) comme matière qui accompagne les élèves à partir de la première année de scolarisation et jusquau baccalauréat sinscrit dans cette logique.
Les manuels de léducation islamique étaient perçus comme des canaux de transmission de valeurs, de dogmes et dune certaine vision politique et sociale de lEtat. Ce faisant, lEtat a préparé par cet enseignement le lit idéologique de lislamisme, et façonné des esprits réceptifs aux théories extrémistes.
Les tentatives de réformer lenseignement de léducation islamique, amorcées depuis la fin des années 1990, essaient aujourdhui de limiter les dégâts en rattrapant les effets pervers des choix de lEtat. Mais, comme on le verra dans le détail, le ver est déjà dans le fruit et il faudra sans doute beaucoup de temps, et defforts, pour reconditionner les esprits.
A la recherche de lidentité perdue
Flash-back. Nous sommes à la fin des années 1970. Hassan II dirige le pays dune main de fer, mais le fond de lair est rouge dans les universités et les lycées marocains. La gauche contrôle les campus. Les cours de philosophie et de sociologie dans les facs ressemblent à des espaces de dissidence. La jeunesse scolarisée allait devenir la cible privilégiée dune action dislamisation menée par le pouvoir pour faire face aux idées de gauche, nous explique le sociologue Mohamed Layadi, qui a beaucoup planché sur la question. Résultat : lEtat applique à la lettre la fameuse phrase de Marx, considérant la religion comme opium du peuple. Il brandit larme idéologique (et politique) de lislam.
Un processus radical de traditionalisation de lenseignement est alors engagé par Hassan II avec lappui du parti de lIstiqlal, fidèle aux idéaux nationalistes et salafistes de son fondateur, Allal Fassi. Lenseignement de lislam faisait partie des pratiques du mouvement nationaliste marocain, il était destiné à affirmer et renforcer lidentité nationale, mise en péril du temps du protectorat, nous rappelle dailleurs Mohamed Benbachir Hassani, ancien membre du bureau exécutif de lIstiqlal, et personnage central dans lhistoire de lenseignement religieux au Maroc.
Tarbiya contre falsafa
En 1979, Azzedine Laraki, ministre istiqlalien de lEducation nationale, procède au démantèlement des départements de philosophie, qui seront remplacés par des départements détudes islamiques. Une erreur, car il ny avait aucune incompatibilité entre les deux branches, juge aujourdhui, avec le recul, Mohamed Benbachir Hassani, à lépoque chargé de linstauration des études islamiques dans les universités marocaines.
Les lauréats de ces nouveaux départements vont constituer lossature du corps enseignant de la Tarbiya Islamiya dans les écoles du pays. Au début des années 1980, léducation islamique devient une matière importante dans le système scolaire marocain. LEtat a décidé alors daugmenter les horaires et les coefficients de cette discipline, de la rendre obligatoire et de la généraliser à tous les niveaux de la scolarité, de la doter de manuels et dencadrement spécifiques, et de confier cela à un corps enseignant spécialisé, explique Mohamed Layadi. Un objectif précis est assigné à léducation islamique lors de sa mise en place : combattre les idéologies dites importées et préparer de bons citoyens musulmans. Les manuels scolaires deviennent ainsi des textes dendoctrinement et de propagande relayant ce que le chercheur Layadi appelle le vrai fondamentalisme dEtat.
Communisme, sionisme, colonialisme
Les élèves qui ont passé leur bac entre 1981 et 1994, au plus fort des années hassaniennes, ont eu droit à un manuel déducation islamique littéralement dédié à la croisade de lEtat contre les mouvements de gauche. Le texte, qui ressemble plus à un tract politique quà un outil dapprentissage et de formation scolaire, renvoie dos à dos le capitalisme, le communisme, le sionisme et la laïcité, présentés comme autant didéologies hostiles à lislam. On peut lire que le communisme doit être combattu car il appelle à la révolution et au désordre, crée des guerres et des tensions, sème la haine et diffuse lathéisme : cest le parent du colonialisme et lallié du sionisme. Sur plus de 12 pages, les auteurs expliquent comment les idées marxistes, très en vogue à lépoque, sopposent à lislam et rabaissent lêtre humain au niveau des animaux en léloignant de toute spiritualité.
La laïcité nest pas plus épargnée. La séparation entre la sphère politique et la sphère religieuse est présentée comme un facteur dathéisme et une doctrine foncièrement antinomique avec lesprit de lislam. La laïcité est rejetée dun point de vue islamique, car son apparition et ses fondements sont liés à la nature de léglise catholique, nous apprend le livre. Un peu plus loin, dans le texte, on nous explique que si lEurope était musulmane, la laïcité naurait pas pu y naître et se développer.
Le culte salafiste
Dans un chapitre spécifique, les rédacteurs reviennent sur lâge dor de la civilisation musulmane, en lattribuant uniquement à lattachement à la religion et à lapplication des dispositions du Coran et des Hadiths. La décadence du monde musulman est réduite à son expression la plus simple : un éloignement de lislam vrai et authentique.
Bien entendu, le salafisme est présenté comme la solution face à la déchéance et la dégénérescence du monde musulman. Les noms de réformateurs salafistes comme Al Afghani, Mohamed Abdou, Abou Chouaïb Doukkali, sont évoqués pour illustrer cette idée. Le manuel fait par ailleurs référence à dautres théologiens dont les enseignements ne brillent pas par leur tolérance. Ils sont même présentés comme des modèles à suivre. Ainsi, le wahhabisme est décliné comme un mouvement religieux qui joue un rôle efficace dans le retour dun âge dor musulman, en guidant la nation de lislam sur la même voie empruntée par nos pieux ancêtres. Exactement le même raisonnement soutenu, aujourdhui, par les plus fanatiques parmi les salafistes.
La morale de lhistoire ? Léducation islamique était orientée idéologiquement dans les années 1980-90. Au lieu de renforcer lidentité nationale, elle a renforcé lidée dappartenir à un groupe idéologique en combat contre dautres idéologies, nous résume un responsable au ministère de lEducation nationale. Difficile de le contredire.
Au pays de la tolérance.
Dans un autre registre, les manuels déducation islamique ont souvent glissé vers le terrain de la haine et de lantisémitisme, confondant sionisme et judaïsme. Des textes douteux, comme Les protocoles des sages de Sion, sont cités pour étayer lidée de lexistence dun complot juif mondial, visant à nuire à lislam. Depuis lHégire et le départ du prophète Mohammed vers Médine, les Juifs ont toujours combattu lislam et utilisé tous les moyens pour porter préjudice aux musulmans, lit-on dans un ancien livre scolaire. Selon un vieux cliché antisémite repris dans un cours déducation islamique, la religion juive permet à ses adeptes de commettre tous les torts et les vices envers les goyim (les non-juifs) et leur donne la possibilité de les tuer sans lombre dune réprimande ou dun châtiment. Et de conclure : Parce que la bassesse fait partie de la nature des juifs.
Incroyable quand on sait que ces idées ont été enseignées dans un pays présenté comme un modèle de tolérance et de symbiose entre les cultures et les religions.
Le lit de lintégrisme
Comme on pouvait sen douter, tous les slogans du fondamentalisme salafiste ont été dispensés comme enseignement dans un cours déducation islamique. Lislam est une religion et un Etat, Le droit musulman est applicable en tout temps et tout lieu, Lislam est la solution, etc. : ces formules, connues de tous, ont commencé par se répandre dans tous les manuels de Tarbiya Islamiya. Il ny a pas à être surpris devant la réussite actuelle des islamistes : leurs messages renvoient à des décennies de traditionalisation de lenseignement, note le sociologue Mohamed Ayadi.
Lesprit des manuels et le discours islamiste ont ceci en commun : ils partagent la même vision de lislam, un système global qui a réponse à tout, du moindre détail de la vie quotidienne jusquà lorganisation de léconomie et de la vie politique. Cest la seule interprétation possible, consacrée comme vérité absolue, rendant impossible, voire interdite, toute lecture rationnelle de lislam.
Prof ou assistant social ?
Il nest donc pas étonnant de lire dans les manuels en circulation dans les écoles marocaines des textes rédigés par des figures de proue de lislamisme, parfois radical, comme lEgyptien Sayed Qotb ou le Pakistanais Abou Ala Maoudoudi. On a souvent reproché à la jeunesse dans les années 1980 et 1990 dêtre à lécoute des idéologies obscurantistes, mais on oublie de préciser quon ly a sciemment poussée, constate par exemple Mohamed Layadi.
Il faut dire que, à côté, même la composition du corps denseignants de la Tarbiya Islamiya a longtemps favorisé la dérive salafiste. Beaucoup denseignants étaient de purs produits de la mouvance islamiste, leur enseignement sen ressentait forcément
, nous explique Mostapha Najim, qui faisait partie de la première promotion denseignants déducation islamique en 1985. Notre interlocuteur pousse plus loin lanalyse : Les élèves sont souvent fascinés par leurs professeurs, qui deviennent des sortes de mentors, des muftis, des guides... Bref, de véritables assistants sociaux. Voilà qui est dit.
Lannée de léveil
En septembre 1996, un article paru dans lhebdomadaire français Lévénement du Jeudi se penche sur les appels à la haine et à la violence que contiennent les manuels scolaires marocains. Larticle, percutant au possible, interpelle jusquau Premier ministre Edouard Balladur, qui alerte alors le gouvernement marocain sur le sujet. Rachid Belmokhtar, ministre de lEducation nationale à lépoque, diligente une enquête qui confirme la thèse de lhebdomadaire français. Le Palais sempare du dossier et crée une commission informelle pour revoir le contenu des manuels scolaires déducation islamique. Enfin.
Cette situation sexplique par la logique dendoctrinement qui a prévalu durant les décennies 1980 - 90. Le thème du jihad par exemple était fortement présent dans les livres denseignement religieux au Maroc. Lun des manuels en question, utilisé jusquau début des années 2000, explique que Dieu a ordonné aux croyants de combattre les infidèles, pour purifier la terre de leurs souillures, jusqu'à ce quils nopposent plus aucune résistance. Oussama Ben Laden ou Ayman Zawahiri nauraient pas écrit mieux pour inciter à la guerre contre les kouffar (les infidèles). Un autre précis de Tarbiya Islamiya présente le jihad comme une opération chirurgicale, qui doit viser uniquement le foyer de la maladie, et non pas les parties saines du corps. Ainsi, lhumanité pourra vivre en bonheur et en paix permanents.
Vous avez dit réforme ?
A partir de 1998, le royaume, comme sonné par le gong, engage une réforme des manuels de léducation islamique. Il accélère même la cadence avec la Charte nationale de léducation et de la formation adoptée en 1999. Cest quil y avait urgence. Plus de 65% du contenu des manuels a été revu, la manière denseigner léducation islamique a également changé, nous explique un membre de la commission chargée dévaluer et approuver les manuels de léducation islamique. Le but de lentreprise ? Accorder une plus grande place à la recherche et à leffort personnel de lélève, aux dépens du gavage et de lapprentissage par cur.
Plus tard, les attentats du 11 septembre 2001 à New York, et du 16 mai 2003 à Casablanca, ont confirmé, non seulement pour le Maroc, mais pour lensemble du monde arabe, la nécessité de réformer lenseignement religieux, longtemps abandonné aux mains des salafistes.
Mesdames, messieurs, encore un effort
Sous lère Mohammed VI, les manuels de Tarbyia Islamiya offrent désormais une meilleure exposition aux thèmes dédiés à la tolérance, au civisme, etc. Des sujets parfois dans lair du temps, loin de la logique de paranoïa identitaire qui a dominé les dernières décennies hassaniennes. Mais tout nest pas nettoyé pour autant. La connotation idéologique, voire politique, na pas complètement disparu. Dans un manuel destiné aux lycéens en formation professionnelle, on peut lire que les personnes qui édictent les lois sont des hommes soumis aux caprices, ce qui peut être interdit aujourdhui sera toléré demain, car les critères du bien et du mal sont mouvants. Tandis que le droit religieux est exempt de tout cela, puisquil vient directement de Dieu. Un discours qui ressemble point par point à celui des islamistes radicaux, qui fustigent la démocratie et ses institutions, reléguées au rang de créations humaines, et donc très inférieures à la notion de gouvernement islamique, régi uniquement par la Charia et le droit religieux. En dautres termes, malgré les bonnes intentions montrées ici et là, on nest pas sortis de lauberge. Pas encore. Il y a effectivement réforme, mais la vision globalisante de lislam na pas disparu des manuels, toujours dominés par une vision salafiste classique, appuie le sociologue Mohamed Layadi.
Parmi les arguments avancés pour expliquer la timidité des réformes : la résistance rencontrée parmi le corps des enseignants et la recherche du consensus religieux lors de létablissement des manuels scolaires. En dautres termes, la peur de heurter les mentalités conservatrices. Un diagnostic que nous confirme, à sa manière, ce responsable au ministère de lEducation nationale : La réforme est un processus cumulatif, nous sommes dans une logique de progression, sans heurt et sans rupture. |
 |
Florilège. Des phrases et des manuels
Celui qui quitte l'islam court à sa propre perte. Il faut lui demander de se repentir et revenir sur sa décision. Mais s'il refuse, tous ses liens avec les musulmans sont rompus, et il mérite dans ce cas-là d'être tué.
Manuel de 2ème année secondaire. 10ème édition. 2004.
Pour assurer la stabilité dans un foyer et le prémunir contre le désordre et les conflits, Dieu a confié la gestion de la famille aux hommes. Car une seule personne doit commander et il faut choisir donc le plus fort et le plus capable de subvenir aux besoins de la famille.
Manuel de terminale. 1981.
J'ai rencontré un Espagnol à Londres, et on a évoqué des questions liées à la religion musulmane, dont la polygamie. Cet Espagnol m'a avoué qu'il aurait aimé être musulman pour pouvoir épouser une deuxième femme. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m'a répondu que sa femme est devenue folle et qu'elle se soigne dans une clinique psychiatrique, ce qui l'oblige, lui, d'avoir des relations avec d'autres femmes, mais en dehors du mariage, car il ne peut pas prendre une seconde épouse.
Extrait du livre L'islam ,religion de la nature et de la liberté de Abdelaziz Jawich. Manuel de terminale. 1981.
Les juifs se considèrent comme le peuple élu qui a le droit dasservir les autres. Cette croyance permet au juif de commettre tous les torts et tous les vices, comme la fornication, lusure et le meurtre, mais à condition que ce soit contre des non-juifs. La même croyance autorise les juifs à envahir les autres peuples
Mais Dieu a révélé dans le Coran cette bassesse qui fait partie de la nature des juifs
Manuel de 3ème année secondaire. 4ème édition. 1999.
En interdisant lusure, lislam vise le bannissement des prêts que les banques pratiquent.
Manuel de la 9ème année. Edition 2004.
Le droit positif est fait par les hommes, et il ne peut pas être comparé à la législation religieuse qui vient de Dieu. Ceux qui font le droit et ses règles sont des êtres humains, soumis aux passions et aux caprices, et dominés par les sentiments humains. Ils sont donc incapables de saisir la vérité des choses, quel que soit leur degré de connaissance. Tandis que le droit religieux est révélé par Dieu, et il est donc exempt de lerreur.
Manuel pour les lycées en formation professionnelle.
Dieu a ordonné aux croyants de combattre les infidèles, jusqu'à ce quils nopposent plus aucune résistance. Le Coran a autorisé les combattants musulmans à emprisonner les infidèles, après les avoir tués et blessés. Il leur donne également la possibilité de les libérer gracieusement, ou après avoir payé une rançon, jusquà ce que la guerre se termine par la victoire des musulmans et la défaite des infidèles
Manuel de la 9ème année. Edition 2004
Traduction TelQuel
|
|
 |
Monde arabe. Réformes et résistances
De nombreux Etats du monde arabe ont procédé à des réformes parfois radicales de leurs systèmes denseignement, et plus particulièrement des manuels de léducation islamique. Le plus spectaculaire reste lexemple de la Tunisie, qui a tout changé à la faveur dune grande réforme amorcée dès la fin des années 1980, sous limpulsion de Mohamed Charfi. Ministre de lEducation de 1989 à 1994, intellectuel et militant des droits de lhomme, Charfi a procédé à une large mise à plat des manuels scolaires, les expurgeant de tout élément qui pourrait inciter à la haine et à lintolérance.
Après les attentats du 11 septembre 2001 et lattraction exercée par Al Qaïda auprès dun pan de la jeunesse musulmane, la réforme de lenseignement religieux sest étendue à lensemble des régimes arabes. Le cas le plus complexe est celui de lArabie Saoudite, berceau du wahhabisme. Confronté à la pression permanente des Américains, et à la montée en puissance du radicalisme religieux, lEtat saoudien a procédé à partir de 2003 à une réforme progressive de son système denseignement. Ce qui a provoqué une véritable levée de boucliers chez les oulémas : plus de 150 théologiens ont signé un manifeste mettant en garde lEtat de toute tentative de changement du contenu des manuels scolaires. En 2004, le roi Abdallah a mis en place une commission dévaluation, qui a admis dans son rapport final que lenseignement religieux en Arabie Saoudite contient des textes qui encouragent la violence
et incitent les croyants à éliminer physiquement ceux qui ne partagent pas la même religion. Le rapport de la commission royale et ses recommandations ont servi de base pour lancer un nouveau plan de réformes. Malgré les protestations de nombreux ouléma saoudiens. |
|
 |
Programmes Qui contrôle quoi ?
Beaucoup de choses ont changé depuis ladoption, en 1999, de la Charte nationale de léducation et de la formation. Longtemps réservée aux services du ministère de lEducation nationale, la conception des manuels scolaires revient actuellement aux maisons dédition. Lesquelles soumettent leurs projets à une commission dévaluation chargée de vérifier le contenu et la qualité du manuel. Les membres de la commission dévaluation sont désignés par le ministre de leducation nationale, et appartiennent à des institutions différentes. Ainsi la commission chargée de lévaluation et ladoption des manuels de léducation islamique est composée de personnalités comme Mohamed Yessef, secrétaire général du Conseil des ouléma ou Ahmed Khamlichi, directeur de la grande école théologique de Dar Hadith Al Hassania. En pratique, la commission passe au peigne fin le contenu du manuel et évalue jusquà sa teneur linguistique. Histoire, donc, de contrôler la forme et le fond. Toutes ces étapes dévaluation ne se déroulent pas forcément dans le calme et la quiétude. Parce que, comme cela nous a été expliqué, de multiples sensibilités idéologiques et culturelles cohabitent à lintérieur de la commission, ce qui explique parfois lexistence de profonds désaccords, voire de conflits ouverts. La plupart des manuels sont adoptés sans unanimité possible, mais simplement par consensus. Quand on estime quune grande partie du livre est acceptable et moderne, on le fait passer, bien que certains éléments restent contestables au niveau du contenu, nous confie un membre de ladite commission. |
|
|